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18/09/2018

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Fire Emblem : Rekka no Ken
Allumer...
...le feu !

On peut dire que ces derniers temps, le Tactical-RPG arbore une forme des plus impressionnantes. Avec les diff

Historique

Avant d’analyser le jeu sous toutes ses coutures, procédons à une petite présentation de la saga. Fire Emblem a débarqué pour la première fois sur NES en 1990 au Japon (le 20 novembre pour êtres précis) et s’impose d’emblée comme une alternative posée et tactique aux RPG classiques, et donne ainsi naissance à la première grande série de Tactical-rpg. Le concept de la mort définitive d’un personnage (comprenez par là que lorsque une unité meurt lors d’une bataille, c’est pour le restant de la partie) fait de nombreux adeptes et le jeu est un succès. C’est également la première apparition vidéoludique de Marth, bien plus connu chez nous dans Super Smash Bros. Melee. Deux ans après, une suite voit le jour, toujours sur Famicom. Pas de grande nouveauté, si ce n’est une qualité graphique légèrement supérieure à celle du premier volet. Monsho No Nazo est, quant à lui, le premier de la saga sur Super Famicom. La puissance de la console permet au jeu de gagner en beauté. Pour ce qui est du fond, c’est un remake du tout premier. Le suivant, Seisen No Keifu, propose deux histoires originales et une qualité graphique toujours en progression. En 1999, Nintendo signe la pièce maîtresse de la saga en la personne de Fire Emblem Thracia 776 : la série atteint ici sa pleine maturité : une réalisation technique de haute volée, des scénarios passionnants et réussis, un gameplay de folie, en bref, une perle. Il se classa d’ailleurs parmi les meilleures ventes, battant des softs sur consoles 32 bits. 2002 verra apparaître le premier épisode Game Boy Advance, à savoir Fire Emblem Fûrin no Ken. On y contrôle Roy (lui aussi jouable dans Super Smash Bros. Melee) qui doit défendre son royaume d’Eturia, envahit par celui de Bern. Ayant un rapport très particulier avec Rekka no Ken sorti un an après, il est regrettable que Nintendo n’ait pas pris la peine de le localiser, ne serait-ce qu’aux Etats-Unis. Passons sans plus attendre à la critique du jeu.

3 scénarios, 3 destinées

Première particularité de ce Fire Emblem, il ne propose pas un, ni deux, mais trois héros, et donc trois scénarios. Vous y incarnez un jeune stratège, qui voyage pour se perfectionner à travers le monde, et c’est lors de vos périples que vous croiserez nos trois héros. Le premier scénarii vous conte l’histoire de Lyn, jeune nomade des pleine de Sacae. Après vous avoir recueilli sous sa tente pour vous soigner, elle se fait attaquer par deux bandits qui n’en veulent manifestement pas qu’à ses biens. Contrainte de se défendre, vous lui proposez votre aide afin de venir à bout des malfrats. S’ensuit alors une phase de tutorial très bien faite où vous apprendrez une partie des possibilités offertes par l’extraordinaire système de combats. Une fois l’affrontement terminé, Lyn décide de quitter la plaine. Vous proposez de l’accompagner dans son périple. C’est alors que vous ferez la rencontre de nombres de personnages, tous plus charismatiques les uns que les autres, et que vous lèverez le voile sur une partie du scénario. Celui de notre belle guerrière n’est qu’un gigantesque tutorial vous expliquant la plupart des subtilités du jeu, mais son intrigue est suffisamment captivante pour que vous ayez envie de continuer.

Le second vous narrera le périple de Eliwood, jeune noble de Pherae, un des pays faisant partie de la fédération de Lycia. Son père ayant disparu, il décide de se lancer sur ses traces afin de le retrouver. Il ne tardera pas à comprendre que ce dernier a été enlevé, et qu’une sombre machination se trame, une organisation du nom de Black Fang nourrissant des ambitions de domination. Je ne vous en dis pas plus, mais sachez que ce scénarii regorge de rebondissements en tout genre et que vous aurez une très bonne surprise.

Enfin, vous vivrez le troisième et dernier pan de l’histoire avec Hector, meilleur ami d’Eliwood, et frère cadet du marquis d’Ositia, la plus puissante des nations de Lycia. Bien qu’en apparence très proche de celui d’Eliwood, le script éclaire les dernières zones d’ombres restantes, et permet de mieux comprendre la personnalité de certaines de vos unités. A noter aussi qu’il correspond au mode difficile du jeu, ce qui n’est pas une parole en l’air, bien au contraire. Par contre, il est fort dommage que Nintendo n’est pas sorti Fûrin no Ken en Europe, puisque ce dernier se situe chronologiquement après Rekka no Ken, ce qui aurait permis de décupler l’intensité et la portée du scénario.

Battle system

C’est le point fort de Rekka no Ken. Il s’agit de l’un des plus complets que j’ai pu voir. Commençons tout d’abord par les phases de combats. Vos déplacements se feront case par case, leur nombre variant en fonction de la classe de l’unité. Jusque-là, pas de grande nouveauté. Un grand nombre d’actions est également possible : vous pouvez attaquer, parler à une unité pour la convaincre de vous rejoindre ou pour la soutenir moralement, utiliser un objet, transporter une autre unité (auquel cas votre déplacement sera réduit du fait de votre poids), changer de classe, et beaucoup d’autres plus spécifiques à certaines unités (comme ouvrir des coffres, utiliser une baliste, etc.).

Mais c’est surtout dans le système d’armes que le gameplay de Fire Emblem dévoile toute sa richesse. Chaque personnage est équipé d’une arme principale à savoir l’épée, la hache, ou la lance (les archers sont à part), chacune étant supérieure à l’une et inférieure à l’autre : l’épée est supérieure à la hache, la hache surpasse la lance et la lance domine l’épée. Ce « triangle des armes » oblige à bien réfléchir avant chaque assaut : dois-je envoyer mon berserker avec une hache attaquer ce bretteur qui n’a quasiment plus de vie, au risque de perdre un peu de vie mais de gagner un tour, ou est-il préférable d’attendre un peu et envoyer mon paladin l’achever ? Et des questions de ce style, vous allez vous en poser, surtout que certaines missions ont des tours limités, et qu’il est rageant de devoir manquer un coffre pour un combat que l’on aurait pu gagner. Le même système existe pour les magies : la magie élémentale est supérieure à la magie blanche, la magie blanche surpasse la magie noire, la magie noire domine la magie élémentale. C’est le « triangle des magies ». Il faut donc y songer à deux fois avant d’attaquer n’importe quel mage, d’autant plus que leur résistance n’est pas toujours extraordinaire.

Fire Emblem serait déjà génial rien qu’avec ce système, mais il a fallu qu’Intelligent System rajoute encore des petites choses qui viennent parfaire le tout. Les armes et les magies s’usent et se cassent, il faut penser à les renouveler, donc les acheter. Le problème, c’est que vous ne gagnez pas d’argent en remportant les batailles. Il vous faudra le trouver, soit dans les coffres, soit en revendant des objets dans les magasins ou soit en combattant dans les arènes (qui d’ailleurs sont d’excellentes occasions pour faire du level-up). Ajoutez à tout cela un grand nombre de personnages contrôlables, des unités variées, la possibilité de les faire changer de classe, la présence d’un marchand transportant vos objets, des conditions climatiques qui changent pendant vos escarmouches et vous obtenez l’un des meilleurs systèmes de combats et d’évolution jamais créé. En un mot, génial.

Sobriété technique

Une chose est sûre, Rekka no Ken n’est pas une tuerie technique. Les cartes sont sobres, les unités petites lors des déplacements et les phases de dialogues se limitent à des artworks superbes sur fond de décors naturels, de villages ou de citadelles. Est-ce un mal ? Non, car cela ne nuit aucunement au jeu. La lisibilité de la carte est exemplaire, même quand elle grouille d’unités, les animations des combats sont excellentes (les meilleures sur Game Boy Advance), tous les personnages ont bénéficié d’un soin extrême, le chara-design étant proche de la perfection.

La musique n’est pas en reste, elle est très bonne, voire excellente dans certaines scènes, et la qualité sonore ne souffre pas trop du processeur de la GBA. On fait rapidement fit de cette sobriété pour se plonger pleinement dans l’aventure, la technique n’étant pas le point essentiel du soft et se révèle satisfaisante.

Coup de maître

En confiant l’une de ses plus vieilles licences à une équipe de développeur fidèles, Nintendo a eu un coup de génie. Intelligent System signe ici l’une de ses meilleures créations. Intéressant de bout en bout, proposant un challenge considérable et de longue haleine (la durée de vie est d’environ 40 heures pour les 3 scénarios), un système d’affrontement ultra complet, une traduction française de grande qualité et une palette de personnages haut-en-couleurs, Fire Emblem : Rekka no Ken s’impose comme le meilleur jeu sur Game Boy Advance, au côté de The Legend of Zelda : The Minish Cap, et l’un des meilleurs Tactical-RPG jamais sorti. Une référence, tout simplement.



- D
NOTE : 09/10