Consoles-Fan
28/02/2020

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Yakuza
Ne jamais dire
"mon petit doigt m’a dit"

Je ne vais pas vous la refaire, vous dire que beaucoup attendaient Yakuza comme le subtil m

Ce jeu, appelé Ryû Ga Gotoku au pays du soleil levant, traduit en Way Of The Dragon au pays de l’Oncle Sam et finalement baptisé Yakuza sur le bon vieux continent, est un beat’em all de Sega traitant du sous-exploité sujet des Yakuza. Ce joli petit nom désigne une association de malfaiteurs d’origine japonaise vivant de l’extorsion, du recèle, de la drogue et d’autres méfaits de ce genre. Elle est assez hiérarchisée avec des familles subdivisées en clans avec à la tête un Oyabun, le parrain en quelque sorte. Ce dernier est pour ses affiliés plus important que leurs propres vies. C’est donc sur ce fond de pègre et d’honneur que Sega a débuté la réalisation de son titre.

Comme s’ il fallait s’en douter, vous voilà mis aux commandes de Kazuma Kiryu, alias le Dragon de Dojima, un Yakuza en pleine ascension et à deux doigts de créer son clan. Orphelin, il fut pris sous l’aile de Fuma Oyabun et introduit par ce dernier dans le dangereux engrenage. Plutôt beau gosse, un peu sibyllin sur les bords, avec un sens aigu de l’honneur, il vit une parfaite idylle avec Yumi, sa compagne enviée de tous, l’homme est heureux. Mais comme on pouvait le deviner, il est venu la fin de cette parfaite petite vie. Il est alors enfermé pendant 10ans et excommunié par sa famille pour avoir endossé volontairement le meurtre de son Oyabun perpétré par son presque frère Nishiki. A sa sortie de prison tout aura bien changé entre la haine que les Yakuzas lui porteront, les guerres de clan, de l’argent qui disparaît ou encore l’apparition d’une mystérieuse petite fille.

Au niveau de la réalisation, c’est dans un quartier tokyote parfaitement retranscrit dans les moindres détails que le joueur vivra son aventure. Dans ces rues piétonnes, plus éclairées qu’un sapin de Noël, vous verrez défiler des quidams, des supérettes, des salles d’arcades, pharmacie, prêteur sur gage ou encore des maisons close. Malheureusement, ceux qui espéraient avoir accès à toutes les habitations seront déçus puisqu’une infime partie seulement des ces infrastructures sont accessibles. Cette quantité reste bien sûr appréciable à tout un chacun, mais je ne pense pas me tromper en faisant cette remarque. La modélisation est quant à elle plutôt discutable avec son aliasing omniprésent et ses petits freezes à chaque changement de rue. Mais on fera vite fi de tout cela, l’immersion aidant beaucoup. La modélisation des personnages est plutôt bien réussie. La diversité des passants est de bonne facture puisque je n’ai jamais eu l’impression de rencontrer 2 fois la même personne. Là où le bas peut blesser c’est que l’on attendait peut-être trop la liberté et la grandeur d’un GTA-Like, mais ça tenait malheureusement plus d’une attente onirique que d’autre chose, puisqu’au final l’aire de jeu est assez restreinte. Il faut aussi noter que la caméra ne peut être déplacée et que le plan de vue change à chaque nouveau coin de rue, plutôt dérangeant dans les premières minutes de jeu, on s’y habitue assez rapidement. A cela vient aussi s’ajouter les cinématiques sympathiques toujours bien dosées.

Le gameplay en général semble bien pensé. Votre personnage ne semble pas avoir un balai dans le cul, ni la lenteur rebutante d’une héroïne de Project Zero. Il faut savoir que dans tout bon beat’em all vous aurez affaire à toute une horde d’ennemis et de boss à la fin de chaque chapitre, incroyable, et de ce côté la prise en main est assez intuitive. Le carré pour assener des petits coups, le triangle pour des coups plus puissants ou encore le rond pour attraper un ennemi. Pour plus d’efficacité le joueur peut ramasser un peu près n’importe quoi comme objets pour taper sur son vis-à-vis, entre des couteaux, battes de base-ball, casiers de bière, panneaux publicitaires et j’en passe, vous aurez de quoi vous défouler. Bien entendu il est possible de réaliser divers combos débloquables tout au long de l’aventure en échange des points d’expériences accumulés. Ces points, en plus de débloquer des combos, vous permettront aussi de rendre votre personnage plus résistant, plus vif ou de faire diminuer sa jauge moins rapidement en mode fièvre. Parlons justement de ce dernier : après quelques coups portés à un adversaire Kazuma rentrera en mode fièvre, il pourra alors réaliser des coups dévastateurs en exerçant une seule pression sur le triangle. Cela peut donner place à des petites animations drôles lorsque quand votre personnage enfile une poubelle sur la tête d’un truand et lui décoche une bonne droite.

Yakuza tire aussi sa force de son scénario principal qui tiendra toujours le joueur en haleine. On aura toujours envie d’en savoir plus. Tout cela est bien ficelé par les cinématiques comme je l’ai déjà signalé plus haut. A côté de cela le titre propose une foule de mini-quêtes, 50 à peu près, dans un style RPG old school nippon puisque qu’à 80% il s’agit de localiser un objet et de le ramener à son propriétaire. Ceux qui aiment fouiller les recoins de la carte seront servis puisque plus d’une centaine de clés de casier sont dissimulées un peu partout et vous donneront accès quelques jolis bonus. Ces objets que vous récupérez seront automatiquement reversé dans votre inventaire qui ne laisse place qu’à 3 armes et 9 objets divers, le reste pourra être échangé à n’importe quel moment via des boites situées à des endroits stratégiques. Il est aussi possible d’aller dans quelques maisons close pour draguer quelques hôtesses, de joueur au casino ou encore de taper quelques balles au centre de base ball. Vous l’aurez peut-être compris, Yakuza n’est pas un sprint mais plutôt une course de fond où tout est fait pour que le joueur rallonge à sa guise la durée du jeu. De plus le système de sauvegarde n’est pas trop pompant, il suffit de se rendre à un des nombreux points de sauvegarde.

Outre l’ambiance visuelle d’un quartier nippon parfaitement restituée par Sega, un effort tout particulier a été apporté à la réalisation sonore du titre, avec des prises effectuées dans les quartiers populaires de Tokyo pour rendre une réelle impression d’animation et de vie tout autour du personnage. On peut ainsi entendre et voir, via des encadrés, les discussions des personnages entourant et ainsi apprendre de nouvelles informations sur un évènement ou un lieu. On peut cependant regretter le manque flagrant d’interactivité avec les passants. Le doublage est en anglais, sous-titré français. Au niveau des musiques, elles sont diffusées avec parcimonie dans le jeu. Seules des musiques rythmées feront partie de votre quotidien et exclusivement lors des phases de baston.

En somme Yakuza, si on ne l’accable pas de comparaisons avec les deux monuments déjà cités du jeu vidéo, s’en tire plutôt avec les honneurs, point de diatribe donc. Intéressant du début à la fin, avec des combats dynamiques et une ambiance comme on n’en fait plus, à la limite du discours dithyrambique mais avec quelques petits défauts. Espérons que Sega s’appliquera à revoir sa copie et nous offrira un Yakuza 2 du tonnerre de dieu.

Graphismes : 7,5/10
Avec ses rues parfaitement modélisées Yakuza est un jeu prenant hormis malheureusement quelques petites imperfections dans la finition.

Jouabilité : 8,5/10
Doté d’une jouabilité intuitive, avec un panel de coups et d’objets conséquents, le titre possède un véritable potentiel. Cependant quelques imprécisions lors des combats et de la caméra font que la note n’est pas parfaite.

Durée de vie : 8/10
Avec 13 chapitres et 50 quêtes, la durée de vie est bien pensée mais reste quand même assez courte, on aurait aimer que le bonheur se prolonge.

Bande Son : 7,5/10
Avec son ambiance retranscrite du mieux possible malgré le manque apparemment de thème musical et un doublage plus que controversable, le soft s’en tire plutôt bien.

Edge


NOTE : 08/10