Consoles-Fan
17/10/2018

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System Shock 2
L’avant BioShock.
D

Vous incarnez un soldat d’une force militaire, r

L’histoire.

System Shock 2 se déroule plusieurs dizaines d’années après les évènements du premier System Shock. Le monde a changé et une organisation militaire (L’UNN - United Nations Nominate) a pris le pas sur son prédécesseur, le consortium Tri-Optimum. Cette dernière n’a pas été dissoute pour autant et elle porte désormais ses efforts sur la recherche.

Une technologie récemment découverte fait les gros titres de l’actualité : il est enfin possible de voyager dans l’espace plus vite que la lumière. Et cette technologie, c’est bien évidemment le nouveau fer de lance de la Tri-Optimum.

Sa mise en application civile prend la forme d’un vaisseau expérimental, le Von Braun, chargé d’emmener des équipes de scientifiques explorer les galaxies les plus lointaines. Mais l’UNN ne voyant pas cela d’un bon œil, un second vaisseau, militaire celui-là, se retrouve accolé au Von Bran : le Rickenbacker.

Dans System Shock premier du nom, vous avez incarné un pirate informatique chargé de désactiver l’ordinateur d’une station spatiale grâce à ses capacités de L33t HaXöR. Dans System Shock 2, vous incarnerez un soldat des forces de l’UNN, réveillé de son sommeil cryogénique et surtout... privé de sa mémoire.

Les seuls éléments qui vous sont transmis à votre réveil sont minces : le Von Braun est stoppé dans son élan près de la planète Tau Ceti d’où émanait un étrange signal, l’ordinateur central, XERXES, semble hors de contrôle et l’équipage, quand il n’a pas disparu, semble bien mort.

Un seul membre de l’équipage semble être encore en vie et par chance, il entre en communication avec vous pour vous guider dans ce monde hostile, armé d’une clé anglaise qui s’avèrera être une arme bien précieuse !

Voilà le point de départ de ce jeu en tout point passionnant.

La malédiction.

Le jeu a été réalisé par Irrationnal Games, et édité par Electronic Arts en collaboration avec le désormais légendaire studio Looking Glass, réalisateur de System Shock et de Deus Ex.

SS2 fait partie de ces jeux qui n’ont pas eu de chance dans la vie. Sorti en 1999, il n’a pu lutter à armes égales avec un certain petit jeu dont vous vous souvenez peut être... Un certain Half-Life.

De plus, le jeu est sorti sans localisation française, présenté comme un énième FPS. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour que le jeu passe inaperçu. Néanmoins, il bénéficie d’une certaine aura auprès des initiés.

Pourquoi ? Je vais essayer de vous expliquer.

La suite de l’article vous en dira le minimum sur l’histoire pour vous ménager le suspens.

Un FPS pas comme les autres.

Ranger SS2 dans une case n’est pas chose aisée : il est à la croisée de plusieurs chemins.

Alors oui, il a une forme de FPS, mais pas seulement.

Le jeu dispose d’éléments de jeu de rôle : avant de commencer l’aventure, vous devez enrôler votre avatar dans une des trois factions militaires de l’UNN. Cela n’influence que les capacités de départ de votre personnage : son aptitude à manier des armes, à utiliser des pouvoirs psy ou à hacker son environnement.

Votre personnage est par la suite amené à évoluer au fur et à mesure de l’aventure, sur quatre critères, eux-mêmes subdivisés :

- Aptitudes face à la technologie : hacking, modification, réparation, recherche et maintenance des éléments technologiques (armes comme machines).

- Statistiques générales : force, endurance, agilité, capacités en recherche et en approche de tout ce qui touche à la technologie (influence directement le maniement de votre personnage : recul des armes, blessures).

- Aptitudes aux pouvoirs psys : 5 niveaux de compétences contenant chacun 7 pouvoirs psys aussi divers que des armes télépathiques, l’invisibilité face aux ennemis, la résistance temporaire aux agents toxiques ou les soins pour remplir la barre de vie.

- Aptitudes faces aux armes : les armes sont classées par catégories, armes classiques, à énergie, lourdes et exotiques.

Ces évolutions ne sont disponibles qu’à certains points du vaisseau et vous devez disposer de suffisamment de cyber modules glanés ça et là pour vous les faire installer.

Une liberté totale est offerte au joueur pour concevoir son personnage, mais vous comprendrez rapidement qu’il vaut mieux le faire évoluer dans la plus grande polyvalence tant chaque capacité met à disposition des éléments intéressants.

Pour finir, on pourrait presque trouver au jeu des éléments de gestion. L’inventaire est tellement serré que vous allez être souvent amené à gérer ce que vous allez transporter.

Entre les armes qui prennent beaucoup de place, les munitions dont chaque type monopolise un emplacement, les améliorations, les accessoires et les diverses sources de soins, il faut souvent faire des choix en fonction de la situation que vous allez aborder.

Ce jeu va vous captiver...

Le principal intérêt de SS2 est son schéma narratif, qui rend le jeu extrêmement immersif.

Car le principe de SS2 est bougrement simple : vous vous retrouvez embarqué malgré vous dans un environnement hostile et vous découvrez l’histoire au fur et à mesure de vos découvertes par l’intermédiaire de disques optiques qui traînent un peu partout, et où les divers protagonistes confient leurs états d’âmes. Leurs propos sont généralement teintés d’angoisse ou de bruitages témoignant des incidents à l’intérieur du Von Braun.

Tous les protagonistes que vous découvrirez par cette occasion sont bien souvent morts dans des conditions peu enviables et il n’est pas rare de voir des corps salement mutilés.

Mais ce n’est pas tout : l’univers de jeu est totalement ouvert. L’espace clos du Von Braun est découpé en plusieurs étages, dont chacun met en scène un thème particulier : machineries, laboratoires ou encore lieux de vie.

Une fois les différents niveaux atteints, vous pourrez à tout moment revenir sur vos pas pour chercher un objet qui jusque là vous semblait anodin mais qui débloquera la suite de l’aventure. Le monde de SS2 est persistant, un objet laissé à un endroit y restera tant qu’il n’aura pas été utilisé.

C’est un élément fondamental du jeu car, fait assez inhabituel, les armes se dégradent rapidement au fur et à mesure que vous les utiliserez, et c’est bien dommage de se retrouver en panne de pistolet alors que plusieurs ennemis vous sautent dessus.

Le scénario vous amènera à retourner sur vos pas pour résoudre des sortes de mini quêtes qui généralement consistent à trouver des éléments chimiques dans des dépôts pour procéder à des recherches sur les objets inconnus.

Cela vous aidera à remplir le tableau des objectifs qui vous permet de suivre votre avancement.

Ce jeu va vous effrayer...

SS2 est un jeu qui fait peur, vraiment peur. Pour cela, il n’utilise pas la peur du noir comme dans Doom 3, mais un ensemble d’éléments qui confèrent au joueur un sentiment de malaise permanent.

Déjà, les seuls êtres vivants que allez croiser vous seront tous hostiles. Le bestiaire n’est pas très varié, mais reste néanmoins efficace : membres d’équipage colonisés par des êtres aliens, singes, araignées et plus tard des aliens, mais également des femmes cyborgs dénudées, robots de surveillances, tourelles de défense et caméras de surveillance.

Vous pouvez généralement les entendre de loin, par leurs cris et autres bruitages qui vous glaceront le sang.

Vos ennemis n’obéissent pas à la règle de persistance qui s’applique aux objets, leur réapparition est aléatoire et un secteur n’est jamais totalement nettoyé. L’effet de surprise est souvent de mise, surtout que votre personnage est fragile au début de l’aventure.

Un autre facteur de stress est que le jeu se déroule en temps réel : quand vous êtes dans l’inventaire, vous êtes à la merci de vos ennemis, même chose lorsque vous ouvrez une porte verrouillée ou que vous tentez de hacker une machinerie.

En avançant dans l’aventure, vous comprendrez que certaines pièces ne reçoivent jamais de visite et vous pourrez y souffler quelques instants.

Ce jeu va vous fasciner.

Le jeu n’est pas une splendeur, même avec les critères de beauté de 1999. Cela n’est clairement pas le grand point fort du jeu, mais ça reste correct. Le moteur montre de belles qualités pour faire tourner des niveaux gigantesques pour l’époque, avec des chargements bien placés.

Les textures sont parfois répétitives, vu l’environnement de vaisseau spatial dans lequel se déroule le jeu, mais elles sont bien choisies et utilisent de petits détails croustillants : entre les affiches de propagande ou les tableaux aux murs qui reprennent des images réelles, il y a dans SS2 un sens du détail et une minutie assez fascinants.

Tout a été pensé pour l’ambiance : les pièces sont organisées comme si des gens y vivaient encore, il n’y a pas deux pièces identiques, les designers ont fait un boulot énorme.

Au final, ce jeu, qui vous tiendra en haleine une vingtaine d’heures, fait partie des jeux à jouer quand on aime les jeux vidéos, que l’on soit amateur de FPS ou pas. Ne pas y jouer serait un crime.

Ce jeu peut également vous énerver !

Ami lecteur, si jamais tu réussis à te procurer le jeu, sache que le faire fonctionner sur nos machines récentes n’a rien d’une tâche aisée.

Les captures du présent article ont été faites sur un System Shock 2 dopé aux vitamines.

Il faut savoir qu’une communauté de fans continue de sortir des modifications pour le jeu, que l’on classera en plusieurs catégories :

- patch de fonctionnement : le jeu original ne fonctionne pas sur les machines dotées de l’Hyperthreading ou de plusieurs cœurs, quelque soit la marque. Un patch officieux a été publié, à télécharger sur le forum de TTLG.

- second « patch » de fonctionnement : les vidéos du jeu utilisent un codec obsolète, l’Indéo et le codec le plus récent est... payant ! Cherchez plutôt la version 5, dernière à avoir été distribuée gratuitement et en plus elle fonctionne sous Windows XP.

- patch d’amélioration graphique : le « shock texture upgrade project » reprend toutes les textures du jeu et les pouce au maximum de ce que le moteur Dark Engine peut gérer. Le jeu s’en trouve plus agréable à jouer, même si la réalisation commence à montrer le poids des années.

- Site officiel du pack : http://shtup.home.att.net/

- Seconde patch d’amélioration graphique : Rebirth. Développé par un français, ce pack sorti de manière inattendue il y a quelques années propose de nouveaux modèles d’ennemis, composés de plus de polygones. Du bon boulot.

- Traduction française : faite par des fans du jeu, elle n’est pas parfaite, mais elle a le mérite de jouer au jeu dans la langue de Molière (à chercher sur votre moteur de recherche préféré, les auteurs n’ayant plus de site Internet).

- Site incontournables : http://www.ttlg.com/ et http://www.sshock2.com/

bobflappy


TAGS : FPS, RPG, Bioshock, System Shock, Shodan, Rickenbacker, Von Braun, Rebirth, Mod.
NOTE : 09/10