Consoles-Fan
19/09/2020

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Super Paper Mario
"Mario, il faut sauver le monde"
"Pas encore, quoi !"

J’attendais avec une certaine appr

Mario passe moi un timbre poste et plus vite que ça

Une des grandes caractéristiques de ce Paper Mario -et de la licence en générale- c’est de proposer un monde en 2D complètement plat et des personnages pas plus volumineux que des timbres postes. Le cachet graphique du jeu est donc forcément très prononcé mais également très agréable à l’œil puisqu’on a l’impression d’évoluer dans un de ces fameux livres en relief pour enfants. Je me dois aussi de vous signaler le soin certain apporté à tous les sprites présents dans le jeu. Le charadesign est par conséquence un pur régal ; Mario et ses compères, tout comme ses ennemis, sont « modélisés » et animés à la perfection. Néanmoins je trouve la variété des personnages un zeste moins fournie que ne l’était celle des précédents Paper Mario mais ce léger défaut est compensé par des niveaux aux thèmes et architectures variés. Pour dire vrai, j’ai rarement vu des niveaux aussi bien fignolés dans un jeu vidéo, tout est maîtrisé à la perfection et finalement rien n’est en surplus ni graphiquement ni architecturalement parlant. On est d’ailleurs arrivé à un stade où Nintendo a employé, avec brio, les clichés et les références du monde du jeu vidéo pour créer des niveaux originaux tout en réutilisant les recettes fructueuses du passé ; quel paradoxe surprenant mais cependant on ne peut plus efficace. Si je devais toutefois citer un défaut d’ordre technique, je parlerai de l’animation du jeu. Car même si tous les protagonistes du jeu sont animés de façon remarquable, il n’en va pas de même pour les décors ; ils sont quelque peu trop statiques et pourtant il y avait assez de matières pour sortir quelque chose de vraiment décalé. Notez aussi quelques -très rares- ralentissements lors de certaines phases hors contrôle (passage d’une porte, début d’un dialogue). Mais Paper Mario c’est bien plus qu’un simple habillage de qualité, c’est surtout un contenu à toute épreuve. Le scénario, par exemple, est un modèle du genre tant il allie avec merveille efficacité et humour. En effet le jeu arrive à prendre le joueur à contre-pied au moment où il s’y attend le moins. Oubliez le Bowser qui kidnappe la princesse ou encore le Luigi peureux qui va à la rescousse de son frère, on surfe dans le complètement improbable. Qui plus est, la trame du jeu est très bien ficelée, puisqu’elle incorpore un lot d’inconnus et de personnages tourmentés ; et les surprises vont bon train jusqu’à la toute fin. Les allusions humoristiques sont inhérentes au jeu et lui confèrent une bonne partie de son charme. On est amené sur le domaine du grand public tout comme sur celui des fans « otakus », bref qu’on soit un néophyte ou un aficionados des jeux vidéo, on ne peut s’empêcher de s’éclaffer à chaque nouveau chapitre. Les plus jeunes apprécieront également ; la partie la plus visible du scénario n’est guerre très dure à comprendre : récupérer les huit cœurs purs pour sauver le monde.

Le déroulement des différentes phases de jeu est régi d’une façon nommée « old-school » : on rentre dans un monde, on passe les quatre chapitres du même monde, on affronte le boss final et on place le cœur pur à l’endroit requis avant de pénétrer au niveau suivant. Si le début du jeu est très formaté, ce n’est qu’un leurre dissimulant l’excellent fond du soft. En effet au commencement du jeu, on ne dirige que Mario, le système D n’est pas disponible et on n’a aucun « pixel » à disposition (sorte d’allié qui prête un pouvoir particulier à nos protagonistes comme la faculté d’user d’une bombe). Le système D c’est l’aptitude que Mario a et qui lui permet de passer à la 3d ! Avec ceci chaque plan apporte son nouveau lot de surprises, d’objets cachés et de nouveaux passages. Ce Super Paper Mario prend donc la forme d’un excellent jeu de plate-forme 2D mais également d’un jeu d’exploration et de logique tout simplement ahurissant ! Car si le premier niveau n’est qu’un long parcours à l’ancienne (tout de même excellent) où il suffit de sauter un peu partout, le reste des chapitres est beaucoup plus ardu tant il demande de la concentration et de la logique ; j’adore. Les énigmes sont donc bien pensées et surtout extrêmement variées car les possibilités sont énormes (système D ou non, telle capacité d’un personnage ou encore l’utilisation de tel ou tel pixel). A mon humble avis, tous ceux qui ont pesté contre la facilité du jeu n’ont pas dû avancer bien loin... Néanmoins je dois dire que le jeu possède un assez gros défaut : la lourdeur de certains actions. Que cela fasse partie du style « old-school », je veux bien ; que ça nuise à mon plaisir de jeu, j’aime déjà moins. Encore heureux que ces cas sont rares, mais diable que c’est pénible. Par exemple à un moment du jeu il faut écrire « Silteplé » plus de sept fois sur un clavier virtuel ; je me doute bien que les développeurs du jeu ont dû apercevoir cette phase comme drôle, elle aurait pu l’être si elle n’était pas aussi poussive. A côté de cela j’aime beaucoup le fait qu’il y ait un choix laissé à ceux qui veulent faire de l’exploration ou non. Notez que la durée de vie dépasse aisément les quinze heures et flirte même avec les vingt heures, réellement exemplaire pour le genre.

Mario passe moi le champi s’il te plait

A la base prévu sur GameCube, le jeu a profité de son passage vers la Wii pour adopter un maniement plus simple mais également doté de plus de possibilités. En fait le jeu fait l’apologie de l’univers de Mario dans son plus simple appareil, et de ce fait il ne requiert aucun effort pour être maîtrisé. Mario et ses compères n’ont que la possibilité de sauter (et qu’une fois, à l’ancienne) ou d’user d’un pixel ou d’un objet en passant par le menu des commandes. D’ailleurs le menu est très simple d’accès puisqu’en un seul clin d’œil, il est possible d’user d’un item, de changer de pixel et même de voir la progression de ses personnages ! En effet le soft a gardé quelques touches de RPG à quelques endroits et le fait que les personnages peuvent gagner des niveaux en témoigne. Néanmoins le système de progression est très simple, et se contenter de tuer quelques ennemis de temps en temps suffit amplement pour ne pas rester bloqué dans l’aventure. La Wiimote, quant à elle, se tient de manière horizontale et renforce par ce fait toute la mouvance old-school qui se découle du jeu. Les fonctionnalités de cette première vous aideront, par exemple, à révéler des éléments du décor invisibles à l’œil nu (en pointant l’écran) ou encore à vous défaire de quelques états contraignants comme la congélation (en agitant la Wiimote) ; certes des utilisations minimes et peu poussées mais qui rendent également l’aventure plus diversifiée. En ce qui concerne la bande son, mon avis est également relativement positif. Le seul défaut apparent est, à mon sens, la niaiserie de certaines pistes audio. Après je dois aussi avouer que j’ai trouvé certaines mélodies tout simplement divines et réellement bien choisies. Ajoutez à cela des bruitages hors normes et totalement décalés et vous obtenez des sonorités en parallèles parfaites avec le reste du jeu.

En résumé, je dirai que ce Super Paper Mario est une pure réussite, qui comporte certes quelques défauts mais qui possède en contrepartie tant de qualités que finalement ce sont ces dernières qui l’emportent sur le jugement final apporté à l’œuvre.

Graphismes : 80%
Le rendu est tout simplement époustouflant, plein de poésie et de charme ; on regrettera tout de même certains passages en 3D peu convaincants.

Animation : 79%
Si les personnages sont dotés d’animations forts sympathiques, les décors sont, quant à eux, bien trop statiques.

Jouabilité : 87%
Très old-school mais également très bien adaptée, la jouabilité étonne par sa grande simplicité qui rend le soft accessible à tous.

Bande son : 75%
Une bande son concluante et des bruitages fantastiques qui collent à merveille au jeu.

Intérêt : 90%
Je connais peu de jeux qui possèdent autant de qualités que ce Super Paper Mario : un scénario excellent, un humour omniprésent, de l’exploration bien pensée, des références et des clins d’œil à la pelle.

Note globale : 85%
Un grand jeu qui deviendra culte avec les années à venir.


NOTE : 08/10