Consoles-Fan
15/10/2018

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Patapon
Oh, un tapon, un tapon !
Non, h

Patapon est un jeu qui m’a intrigu

Les hippopotamtams

Comment vous expliquer ? Patapon est un rythm’n game dont les combinaisons de touche vous permettent d’envoyer des ordres à votre armée de petits bonhommes tous noirs : on dirait les ennemi de Ico en version débile, armés jusqu’au dent. Et puisque vous donnez les ordres et que vous décidez de tout (dans le jeu vous êtes leur Dieu), il n’y a pas de partition. Vous vous chargez uniquement de la création. L’important est de proposer une combinaisons correcte de touche et de la balancer en rythme sans quoi l’action ne sera pas validée. En gros, en partant d’une action simple comme attaquer ou avancer tel qu’on peut le voir dans plein de RTS, on se retrouve avec une commande plus compliquée. C’est idiot, le gameplay est mal pensé ? Absolument pas, au contraire, c’est tout simplement génial. Car dans tout RTS ou dans tout RPG il y a une part de hasard dans la qualité de vos coûts : vous pouvez rater l’ennemi ou le frapper plus ou moins fort. Ici, le hasard laisse la place à votre dextérité. Si vous vous trompez dans les commandes ou si vous vous trompez de rythme, cela revient à passer votre tour. De plus il y a une part de stratégie puisque vous décidez à chaque tour d’avancer ou d’attaquer. En bref, vous pouvez cafouiller ou perdre votre temps et mettre ainsi vos troupes en danger !

Vous me direz qu’à la longue, vous connaissez forcément les commandes et qu’il ne sera plus possible de se tromper ? Eh bien techniquement si car à chaque fois, il faut penser optimisation en effectuant les bons choix en temps réel. Et pour vous récompenser pour votre exactitude à donner des ordres, si vous effectuez un certain nombre de combos (le nombre dépendant de leur qualité rythmique), vous entrez en mode fever et vos créatures seront capables d’attaquer l’ennemi plus fortement (en lançant plus de flèches par exemple) pour une courte période donnée.

Jouer du tam, tam, tam, tam, tam

Et quelles sont ces commandes justement ? Eh bien il y a le bouton carré pour "pata" et le bouton rond pour "pon". Chaque bouton symbolise une sorte de tam-tam. Pata-pata-pata-pon vus fera avancer alors que Pon-pon-pata-pon vous fera attaquer. Ce rythme répétitif et qui vous rentrera dans la tête pour toute la journée est accompagné de chants débiles à la Loco Roco. En effet, à chaque fois que vous donnez un ordre, vos créatures effectuent l’ordre en le chantant pour bien vous montrer qu’ils ont bien tout compris. D’ailleurs ça fait plaisir de les voir chanter en mettant du coeur à l’ouvrage. Vous devez alors les laisser faire sans enclencher de nouvel ordre et bien attendre qu’il est complètement exécuté avant de rejouer du tam-tam. C’est une sorte de Space Channel 5 à l’envers finalement : chacun s’exécute à son tour mais ici, c’est vous qui vous chargez de la chorégraphie.

D’autres mouvements sont aussi possible. Vous pouvez par exemple utiliser le triangle pour "Chaka". Chaka-chaka-pata-pon vous mettra en position de défense. Ou bien, lorsque vous presentez une lourde attaque du boss, faites un Pon-pata-pon-pata pour fuir. Pon-Pon-Chaka-Chaka vous permettra d’augmenter votre puissance. Bien entendu, cela paraît assez compliqué mais en réalité, l’apprentissage est très progressif et la maîtrise ne pose aucun problème.

Certes, un rythme sourd est bien présent pour vous aider à jouer mais si jamais vous perdiez les pédales, sachez qu’un cadre lumineux qui borde l’écran de l’intérieur clignote aussi en rythme et il clignote même de manière stoboscopique un court instant lorsqu’il est à nouveau possible de lancer un ordre afin que vous ne soyez jamais déphasé avec la musique. Cette dernière est à la fois celtique avec ses cornemuses et tribale avec ces percussions qui appuient bien le rythme comme il faut. Le mélange est très fusionnel et innatendu.

Lorsque vous vous trompez dans vos combinaisons, vos sombres créatures vous le feront savoir et vous pourrez lire dans leurs phylactères leurs petits commentaires mignons et humoristiques. Ca parle d’ailleurs beaucoup dans Patapon, avec ou sans raison, et sans doute avec le but caché de vous déconcentrer.

Vos petites créatures noires appartiennent à différentes classes et vous pouvez emmener avec vous 3 petites garnisons aux profils les plus divers. Chaque créature est habilitée à utiliser tel ou tel type d’arme. Leur équipement peut être amélioré au fil des parties en fonction de ce que vous récupèrerez dans le jeu, à la manière d’un RPG. Remarquez que si cela ne vous amuse pas de jouer à la Barbie, vous pouvez à l’aide d’un bouton raccourci, optimiser l’équipement de votre infanterie. Attention, l’équipement et la composition de votre armée sera primordiale pour ne pas voir échouer certaines missions. Sony a mis au point un large panel de mission avec à chaque fois un système d’équipement qui permet d’offrir une réponse efficace à chaque situation. Par exemple, vous devrez attaquer un fort, défendre ou attaquer un convoi, partir à la chasse, combattre un boss ou encore une armée. Il faut bien se préparer à chaque situation pour éviter de lourdes de perte tout en conservant le mode Fever le plus longtemps possible, c’est à dire en réalisant en rythme les plus longs combos possibles. Par exemple, si vous devez libérer un prisonnier, n’utilisez pas de flèches enflammées pour détruire sa cage, il serait brûlé par la même occasion. Si vous partez chasser, il est plus utile d’utiliser des archers que des soldats qui se battent au corps à corps et qui feraient fuir les animaux en s’approchant d’eux.

Si l’une de vos créateures aux multiples noms qui varient en fonction de leur classe vient à mourir au combat. N’oubliez pas de ramasser son casque ! Vous pourrez ainsi le ressuciter entre deux stages en vous rendant à l’arbre de vie. Si vous ne ramassez pas son casque ou si ce dernier est absorbé par un ennemi, il est difinitivement perdu. Il faudra alors penser de temps à temps à recomposer votre petite armée. Et pour se faire, il faut utiliser l’argent locale, le "Ka-ching" ainsi que des éléments (bâton, pierre...) que l’on peut trouver dans le jeu. si vous êtes en manque d’éléments ou d’argent et que vous voulez renforcer votre armée, partez tout simplement à la chasse. Vous récupèrerez ainsi de l’argent et de la viande. La viande peut être offerte à un arbre magique. Celui-ci va vous demandez d’imiter le rythme de son chant. Cette fois-ci, on suit le principe de Space Channel 5 tel quel ! Chaque fois que vous réussissez une combinaison, il lachera des éléments à base de bois qui peuvent être intéressants pour vous. Certains éléments sont bien entendu plus rares que d’autres et peuvent être aussi trouvés en plein jeu. D’autres offrandes peuvent être offertes à un gros bébé montagne. Ici aussi, il faudra taper en rythme sur ses orteils afin d’immiter son chant. Et comme c’est une montagne, elle vous délivrera des éléments à base de pierre. Il y a bien d’autres personnages farfelus du même genre à découvrir !

Si votre armée est composée par des militaires de différentes classes, c’est bien entendu pour qu’ils agissent différemment sur le terrain. Leur équipement a aussi de l’importance : certaines armes permettent de déstabiliser l’ennemi ou de les enflammer. Il est par exemple évident qu’un archer sera plus furtif et pourra attaquer de plus loin qu’un soldat muni d’une hache. Généralement, ces derniers font fuir les animaux mais l’odorat de ces derniers est moins développé lorsqu’il pleut. Vous pourrez donc les approcher plus facilement. Pensez-donc à faire tomber la pluie ! Il faut pour cela être en possessions du miracle de la pluie qui est caché dans le jeu comme tous les miracles. Lorsque vous êtes en mode fever, vous pouvez déclencher le miracle en tapotant don dondon dondon à l’aide de votre tambour situé sur la croix. Le jeu vous propose dès lors d’effectuer une danse en rythme permettant de déclencher le miracle. Ce sort peut d’ailleurs être aussi très intéressant pour éteindre un incendie qui vous barre le passage. Les passages de chasse m’amusent beaucoup à cause d’une incohérence amusante tout à fait voulue car d’un côté, le jeu fait appel à l’odorat des animaux mais de l’autre, vous vous approchez toujours de ces derniers en faisant un maximum de bruit (puisque cela reste aussi un rythm’n game) : visiblement, les animaux sont sourds ;)

De même, le miracle du vent permettra de faire jouer le vent en votre faveur afin d’envoyer vos flèches bien plus loin. Votre ennemi, au contraire, verra sa portée largement réduite. Mais sachez que les miracles ont une durée limitée et qu’il est donc impératif de rester en mode Fever pour être efficace puisqu’il ne sera pas possible de redéclencher un miracle et donc d’en tirer un net avantage sans être en mode fever. Vous perdrez donc quelques tours de jeu alors que l’ennemi lui n’arrêtera pas son assaut et en plus, vous serez moins protégé et vos attaques seront plus faibles.

Le miracle du tremblement de terre vous permettra d’immobiliser l’ennemi et de lui porter quelques coups sans que ce dernier ne puisse riposter. L’effet reste néanmoins assez limité dans le temps.

Et techniquement ?

Techniquement, on dirait un jeu flash : la 2D est belle et fine et très agréable. Parfois, le découpage de l’animation est un peu sec, particulièrement certaines phases d’animation où vos petits bonshommes lancent leur arme en l’air. On peut dès lors distinctement voir les phases d’animation. Visuellement, le jeu nous offre l’esthétique du théâtre d’ombre (Mais oui, vous savez ? Ces ombres chinoises créées par du carton articulé et animé à l’aide de tiges), autrement dit un genre très rarement rencontré dans les jeux vidéo et bien agréable à voir !

On ne peut s’empêcher de penser à Loco Roco en plus "dark" tout en restant mignon mais dans un tout autre style. Pour ma part, je suis fan de l’un comme de l’autre et je place ce jeu parmi les jeux les plus originaux de la PSP aux côtés de Loco Roco et de Every Extend Extra même si les genres sont bien différents : ce sont des incontournables qui deviendront culte avec le temps. Oui, oui, vous verrez, on en reparlera !

Graphismes : 90%
Vraiment basiques mais tellement attachants et avec une véritable recherche esthétique : je ne peux qu’adhérer.

Animation : 86%
Honnête même si certaines découpes de l’animation des sprites manquent à l’appel.

Jouabilité : 95%
Enfin un rythm’n game très original !

Bande Son : 98%
Du murmure à la frénésie, le rythme de Patapon vous trotte immédiatement dans la tête.

Intérêt : 99%
Même si une partie du principe de Patapon consiste à revisiter plusieurs fois les mêmes stages pour booster son armée, leur répartition intelligente et les changements radicaux de couleur et d’ambiance empêche la routine de s’installer. Le dosage est excellent.

Note Globale : 97%
Patapon sera très certainement l’un des meilleurs jeux de l’année : c’est à mes yeux du tout grand jeu vidéo, en tous cas, il mérite noblement d’en porter le titre. A la fois intelligent, stratégique, rythmé et innovant, Patapon indique une fois de plus que Sony est à la recherche de nouvelles expériences de jeu pour le joueur et on ne peut que s’en réjouir.


NOTE : 09/10