Consoles-Fan
16/10/2018

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Inversion
On s’attendait à plus renversant

Si un genre a su s’imposer à partir de l’ère Playstation 2 pour devenir incontournable sur notre génération actuelle, c’est bien le Third Person Shooter : mélange habile d’action, de mise en scène, et permettant au joueur d’avoir une vue plus "globale" que celles des First Person Shooters, Playstation 3 comme Xbox 360 ont eu droit à leurs ténors, avec les Uncharted pour Sony et Gears of War pour Microsoft. Forcément, quand la concurrence est aussi rude, il faut se donner les moyens de ses ambitions pour rivaliser avec ces blockbusters...chose que ne semble pas avoir compris Saber Interactive, le studio à l’origine d’Inversion.

Inversion nous met dans la peau de Davis, un flic bien barraqué, et de son coéquipier Leo. La journée s’annonçait plutôt bien puisque notre bourru de héros se révélait plutôt coeur tendre, préférant prendre son après-midi pour aller fêter l’anniversaire de sa fille chez lui. Manque de chance, rien ne se passe comme prévu, puisque c’est cette après-midi précise que choisissent les Lutadores, des humains plutôt barbares (et aux looks très calqués sur les Locustes de Gears) pour envahir son monde.

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Ils ont l’air fort sympathiques, ces envahisseurs !

Le jeu prend donc la forme d’un Third Person Shooter très classique, puisqu’il s’agira de progresser dans des environnements très couloirs. Un système de couverture est évidemment de la partie, et il faudra composer avec des barricades, dont la majorité sont destructibles. Côté ennemis, rien de très exotiques, puisque la majorité des ennemis se contentera de tirer et se mettre à couvert. Certains néanmoins vous chargeront pour vous attaquer au corps-à-corps (voir se faire exploser façon kamikaze). Mais la (seule) véritable originalité d’Inversion vient de sa manipulation de la gravité.

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Que serait un FPS sans sa phase d’escorte de véhicules ?

En effet, vous mettrez rapidement la main sur un appareil, le Gravlink qui vous permettra d’altérer la gravité dans une zone ciblée. En plus de permettre de soulever certaines barricades pour mettre à découvert vos ennemis, vous pourrez également vous saisir d’objets et d’ennemis mis en apesanteur, comme avec le Gravity Gun d’Half-Life². Il ne faudra donc pas hésiter à en abuser, d’autant que même si le Gravlink est limité par une jauge d’énergie, celle-ci recharge toujours systématiquement une utilisation en quelques secondes. A noter que plus tard dans l’aventure, ce pouvoir d’apesanteur sera intensifié (permettant d’envoyer carrément des voitures dans la tronche de vos ennemis), et que vous débloquerez également le pouvoir de Gravité Forte, qui permet lui d’intensifier la gravité dans une zone ciblée. Les ennemis se trouvant dans la zone sont alors plaqués au sol, à votre merci, et si un de vos adversaires est directement touché par cette attaque, il est carrément broyé contre le sol.

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Les combats offrent un semblant d’originalité plutôt déroutante grâce à la gravité.

Malheureusement, en-dehors de ça, rien de bien neuf à se mettre sous la dent dans ce TPS. La progression est ultra-linéaire, et n’apporte jamais grand-chose de frais passé la première heure de jeu, et l’ennui pointe vite le bout de son nez. Premier coupable : les armes, qui manquent franchement d’exotisme ou même de diversité. Trois fusils à pompe, trois fusils d’assauts, deux snipers, et trois armes lourdes sont clairement insuffisants. De plus, si l’idée de la gravitation est bonne au premier abord, celle-ci devient rapidement trop permissive : en-dehors des combats contre les boss, tous les ennemis peuvent être tué en une attaque gravitationnelle. Et quitte à mentionner les boss, on remarquera la grosse fainéantise des développeurs de nous proposer en tout et pour tout quatre boss, simplement déclinés (voir repris à l’identique) au fil de l’aventure.

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Un boss, ça surprend une fois. A la quatrième...

C’est d’ailleurs cette impression de fainéantise qui au final, domine l’aventure solo : archi-classique, le jeu ne prend pas la peine d’exploiter certaines idées à peine effleurées, telles que le combat en apesanteur, qui se révèle terriblement mous pour des passages heureusement aussi inintéressants que brefs. La réalisation graphique n’est pas non plus à la hauteur pour espérer faire de l’ombre à qui que ce soit avec son lot de bugs d’affichage, et le manque total de renouvellement rend la campagne presque ennuyant alors que celle-ci se plie en quelques heures même en difficulté maximale. Et ce n’est pas son online ultra-classique qui risque de nous ramener au titre.

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Les phases en zero gravity sont vraiment trop molles.

Graphismes : 11/20

Le design général d’Inversion est plutôt banal, et la réalisation dans son ensemble est datée : le personnage passe au travers de certains objets, les textures ne sont pas très propres, et les animations laissent à désirer.. Seul point positif : le concept de gravitation qui entraîne des angles de vue assez originaux, au point de parfois perturber le sens de l’orientation du joueur.

Gameplay : 12/20

En-dehors de l’utilisation de la gravité comme arme, Inversion n’est qu’un énième shooter à la troisième personne. Le système de couverture est directement repris de Gears of War, les armes sont peu nombreuses, et les ennemis deviennent vite redondants, même les boss. La gravité apporte néanmoins quelques bonnes idées, en particulier pour les plus sadiques d’entre nous.

Bande-son : 13/20

Le doublage anglais est dans l’ensemble de bonne qualité. Côté bruitages, on aurait aimé des armes beaucoup plus percutante niveau sonore. On regrettera également des musiques bien trop discrètes.

Durée de vie : 9/20

Ne comptez pas plus de huit heures de jeu pour voir les crédits de fin, et ce même en niveau de difficulté le plus élevé. On pourra se rabattre sur le multijoueur, mais celui-ci s’avère bien trop classique pour retenir l’attention, surtout dans un genre aussi saturé en bons titres. Gears of War 3 en tête.

Scénario : 10/20

C’est décidément la mode de construire un scénario bourré de questions auxquelles on ne donne que la moitié des réponses. Résultat, on a l’impression qu’Inversion sert simplement de prologue à une suite qui, si elle n’aboutit pas, laissera le joueur complètement en plan. De plus, les deux héros de l’aventure n’ont franchement pas le charisme des héros de Gears of War et compagnie, même si leur histoire se laisse suivre sans trop de mal.

Conclusion : 5/10

Empruntant ça et là de bonnes idées, et y ajoutant la gravitation, Inversion ne parvient hélas jamais à vraiment décoller : entre un scénario qui commence là où le jeu finit, une gameplay vu et revu et une réalisation franchement moyenne, le jeu n’a pas vraiment les armes pour convaincre dans un genre déjà sureprésenté


NOTE : 05/10