Consoles-Fan
18/09/2018

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Sleeping Dogs
Oppa...
Hong-Kong Style !

Il n’y a pas à dire, le développement de Sleeping Dogs aura été pour le moins chaotique : originellement prévu sous le nom de True Crime : Hong Kong, le projet a été abandonné en route par Activision, qui l’a jugé insuffisament rentable. C’est donc sous la houlette de Square Enix que l’édition du titre a pu se conclure, sous le nom de Sleeping Dogs, puisque la licence reste dans l’escarcelle de l’éditeur américain. Mais si Activision a généralement du talent pour choisir ses licences juteuses, il semblerait que cette fois, ce sont bien Square Enix qui ait été bien inspiré de sauver le titre du naufrage. Explications.

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Wei Shen, un policier qui ne joue pas forcément dans les clous.

Sleeping Dogs nous met aux commandes de Wei Shen, un agent de police américain d’origine Hong Kongaise qui revient dans sa ville natale pour infiltrer sous couverture la mafia locale. Grâce à ses connexions de jeunesse, celui-ci va en effet devoir convaincre la pègre locale de l’engager pour pouvoir mieux la démanteler de l’intérieure. Evidemment, le tout ne sera pas si facile et donnera lieu à de nombreux rebondissements, d’autant plus que l’agent Shen tient certains mafieux pour responsables de la mort de sa petite soeur il y a des années de cela.

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Attention au baisser de rideau !

Sleeping Dogs se présente donc comme un Grand Theft Auto au premier abord : la ville toute entière vous est ouverte, et libre à vous de vous balader pour semer la terreur ou de vous focaliser sur les missions annexes ou principales qui feront avancer l’intrigue principale. N’importe quel véhicule peut être pris pour cela, et les activités annexes sont plutôt nombreuses. Evidemment, jeu à développement lent oblige, le rendu graphique d’Hong-Kong n’est pas éblouissant graphiquement, même si un superbe effort a été mis sur l’ambiance : c’est bien simple, l’on se croirait littéralement dans un film du cinéma hong-kongais. La ville est lumineuse et très vivante, bien différente des villes très classiques d’un GTA IV. On passe de rues très marché asiatique local à un vieux port ou même à une salle de jeux clandestins embarquée à bord d’un cargo.

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Vraiment, ça, ça doit faire mal.

Et ce n’est pas que dans l’ambiance de la ville que l’on retrouve ce cinéma asiatique d’action, puisque tous les aspects du jeu en sont clairement marquées, à commencer par les combats. Si l’on trouvera à l’occasion une arme à feu, les lois sur les armes sont bien plus strictes qu’aux Etats-Unis. Résultat, la majorité des affrontements se règleront au corps-à-corps, domaine dans lequel Wei Shen excelle : reprenant beaucoup du gameplay de combat des Batman Arkham Asylum & City, celui-ci fait en effet intervenir un système de contres et de coups rapides. Très dynamique, celui-ci est de fait bien devant tout ce qui se fait chez la concurrence dans le domaine des mondes ouverts, puisque Wei Shen peut en prime se servir de l’environnement pour démonter ses adversaires. Libre à vous de balancer votre adversaire contre un mur, un climatiseur, ou même dans une benne à ordures ou des choses bien plus violentes (un four allumé, un ventilateur qui tourne, des têtes d’espadons aux nez effilés comme des rasoirs...). Résultat, on en vient presque par moment par frémir tant Wei Shen peut être violent, ignorant toutes les règles du bon flic pour gagner. Le système de combos est d’ailleurs bien plus riche que celui d’un Batman, puisque chaque coup du combo de base peut être chargé, aboutissant à un résultat différent : assomer, mettre à terre, ou juste faire bien plus mal, la palette de coups de Shen est vraiment large pour un jeu du genre.

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Qui dit bars et boîtes asiatiques dit karaoké !

De même, qui n’a jamais pesté contre le système vraiment rigide d’un GTA dans ses gunfights ? Bonne nouvelle : Sleeping Dogs a résolu ce problème en modernisant la prise en main des flingues façon TPS. En plus d’un système de couverture bien mieux fichu, le titre use et abuse du BulletTime, puisque celui-ci s’active lors de toute action acrobatique : sautez d’un étage, et vous aurez tout le loisir d’enchaîner les tirs précis. Idem en enjambant n’importe quelle couverture, donnant au jeu un vrai peps dans ses phases de shoots, incitant le joueur à sauter allègrement de couvertures en couvertures pour descendre tout ce qui bouge. A noter de toutes manières que Wei Shen est davantage proche de l’agilité d’un héros d’Assassin’s Creed dans la mesure où celui-ci peut allègrement faire du parkour à l’image d’Altair ou d’Ezio.

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Wei Shen changera bien des fois de tenue. Parfois pour des vêtements surprenants.

Cette idée de grand spectacle se retrouve enfin également dans la troisième dominante du gameplay de Sleeping Dogs : la conduite de véhicules. Ainsi, que ça soit en moto comme en voiture, il est possible de faire feu à tout va tout en conduisant. Pour simplifier la chose, les développeurs ont pensé à tout, et surtout au bullet time qui permet là aussi de pouvoir viser avec une certaine aisance. La possibilité de faire éclater les pneus pour semer ses poursuivants prend alors tout son sens, et les courses-poursuites sur le périphérique se transforme vite en carnage de la route. A noter également la possibilité peu réaliste mais très jouissive de "charger" avec sa voiture : inclinez le stick dans une direction, puis pressez la touche X, et votre véhicule fera brutalement un écart dans la direction voulue. Effet garanti sur les motos ou en cas de choc frontal ! Enfin, une dernière option bien rigolote reste la possibilité de faire du car jacking à pleine vitesse, façon Just Cause 2 : libre à vous de sauter de votre voiture pour prendre le contrôle d’un véhicule à proximité !

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Le système de combat au corps-à-corps est vraiment dynamique.

Mais si le gameplay est donc très bien rôdé, on ne pourra qu’apprécier l’effort mis sur l’ambiance : très mature, celle-ci est au diapason du reste, multipliant les clins d’oeils aux films asiatiques d’action. Le scénario est violent, le joueur enchaînant les situations sanglantes dans une atmosphère de mafia asiatique très réussie. Certaines scènes sont de véritables hommages vibrants aux films avec Bruce Lee ou Jet Li. Un vrai régal !

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Les missions d’escortes sont plutôt sanglantes.

Graphismes : 15/20

Ayant connu un long temps de gestation, Sleeping Dogs n’a par conséquent pas de quoi prétendre au titre de l’année sur la réalisation. En revanche, il faut bien reconnaître au titre une animation de qualité avec une large palette de mouvements pour un GTA-Like, mais aussi et surtout une ambiance vraiment rafraîchissante grâce à Hong-Kong.

Gameplay : 17/20

Véritable pot-pourri d’influences, le titre peut se targuer d’offrir une maniabilité exemplaire pour un jeu bac à sable : que ça soit les phases de shoots, la conduite ou même le combat au corps-à-corps, le jeu se révèle très agréable à prendre en main. L’utilisation judicieuse du bullet-time, du timing, et de quelques idées assez surprenantes permettent au titre d’avoir une prise en main originale tout en prenant quelques bonnes idées à droite et à gauche.

Bande-son : 16/20

Les radios présentes dans le jeu offrent suffisamment de diversité pour que chacun y trouve son bonheur côté musiques. Niveau voix, la version anglaise s’en tire très bien, avec quelques dialogues conservés en mandarin. Bref, du bon boulot. Mention spéciale aux karaokés permettant de massacrer quelques classiques de la pop rock.

Scénario : 17/20

Très mature, le scénario est très inspiré du cinéma hong-kongais dont il emprunte les arts martiaux et la violence, en particulier avec les armes improvisées. Les personnages sont très proches du stéréotype, mais l’histoire conserve néanmoins un beau lot de rebondissements pour aboutir à un final digne d’un film d’action asiatique.

Durée de vie : 17/20

Comptez une quinzaine d’heures pour voir le bout de l’aventure principale en ligne droite. Ajoutez à cela les coffres cachés, les missions annexes, les courses de voitures et d’autres objets à collectionner, et vous obtenez une durée de vie plutôt généreuse.

Conclusion : 16/20

Square Enix a eu le nez fin en sauvant Sleeping Dogs du nauffrage : le titre se révèle être un excellent jeu à monde ouvert, mélangeant allègrement les gens tout en apportant un univers atypique grâce aux lieux et à l’inspiration artistique adoptée. Violent, fun et efficace, Sleeping Dogs a tout pour plaire aux joueurs en mal de GTA-Like.


NOTE : 08/10