Consoles-Fan
16/10/2018

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Darksiders II
Après la Guerre...
Vient la Mort.

Après un premier épisode tonitruant, Darksiders revient enfin pour un second opus. Mais plutôt que d’opter pour la suite du conflit de War, celle-ci nous ramène à la case départ en nous mettant cette fois aux commandes de Death, second cavalier de l’Apocalypse, qui est bien décidé à prouver l’innocence de War et à rétablir l’avenir de l’Humanité.

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Qu’il neige, qu’il vente, ou dans les flammes, on tatane !

L’univers dans lequel se déroule Darksiders II est donc identique au premier opus : se déroulant peu après le début de Darksiders premier du nom, l’humanité vient d’être réduite à néant par l’Apocalypse. Manque de chance pour les humains, l’Apocalypse n’était pas censé survenir de manière aussi prématûrée, puisque celui-ci a été causé par War, le Cavalier de l’Apocalypse qui clame son innocence et hurle à la traitrise et la tromperie. Afin de l’aider à prouver son innocence, Death décide donc de partir en quête de réponses. Une quête qui va s’annoncer bien plus sanglante que prévue. Nous nous retrouvons donc cette fois aux commandes de Death, qui est donc l’incarnation de la Mort en personne, ni plus ni moins. Moins barraqué que War, celui-ci manipule l’arme emblématique de la Faucheuse, à savoir la faux (deux à la fois pour être plus précis).

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Le revolver est de retour !

Le jeu se présente comme le précédent opus à la croisée entre plusieurs genres : vous dirigerez Death dans un monde plutôt vaste parsemés de donjons qui seront à explorer au fil du scénario et des quêtes annexes. Faisant énormément penser à un Zelda dans sa construction à base de combats, d’énigmes et d’objets octroyant à Death de nouvelles capacités, la partie exploration est donc assez vaste. Pour cela, le héros peut d’ailleurs compter sur son agilité naturelle, puisqu’en termes de déplacements, Death n’a pas grand-chose à envier à un certain prince de Perse : courses sur les murs et grimpettes rapides à la verticale seront au menu de donjons avec un côté plate-forme très prononcé.

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C’est pas la taille qui compte...mais bon, elle contribue pas mal, tout de même.

Côté affrontements, on retrouve en partie le gameplay qui avait fait le succès de Darksiders premier du nom : les enchaînements de Death se rapprochent effectivement de ceux de War, avec comme nouveauté de pouvoir se servir dans un même combo de deux armes différentes : ses faux et une autre, plus exotique (griffe, marteau géant, épée...). A vous ensuite de mettre du timing et de la variété dans ces frappes pour enchaîner des combos meurtriers. Le résultat est fort plaisant, même si légèrement plus répétitif que le système de combat de Darksiders I.

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Les environnements sont toujours aussi dépaysants.

Mais là où le jeu a fait ses plus gros changements, c’est sur l’aspect RPG du titre : en plus de l’équipement entièrement modifiable (armures, armes...), il faudra aussi désormais compter sur le gain d’expérience pour améliorer Death. On obtient alors un véritable hack’n’slash/beat’em-all, puisque chaque ennemi représente donc un gain potentiel d’argent, d’expérience et d’items à équiper ou vendre. Mieux : certaines armes "envoutées" peuvent être nourries avec vos pièces d’équipement inutiles pour gagner en puissance. On obtient alors des armes vraiment puissantes et multi-fonctions, au point de devenir bien plus puissantes que les armes "rares" que lâchent certains ennemis et boss. L’expérience quant à elle permet de déverouiller de nouvelles compétences pour Death, comme une invocation de squelettes, des attaques spéciales et d’autres joyeusetés qui consomment du Couroux (comprenez du mana). Enfin, dernière capacité et pas des moindres : la transformation en Cavalier, qui permet à Death d’arborer sa véritable forme le temps de quelques secondes. Chaque coup reçu et porté permet en effet de remplir une jauge qui une fois pleine, permet à Death de se transformer en guerrier géant et en partie squelettique. Impressionnante, la forme est également meurtrière puisque les dégâts portés deviennent alors monstrueux.

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Death peut devenir temporairement la Mort incarnée.

Cependant, ce nouvel opus s’avère au final assez avare dans les nouveautés : si le système plus orienté RPG surprend, celui-ci se révèle vite un peu répétitif, d’autant plus qu’il force à retourner à chaque fois dans le menu pour choisir son matériel. Résultat, on perd du temps avec un chargement franchement longuet, même avec le jeu installé sur le disque dur de la 360. Plutôt frustrant. De même, les énigmes ne sont pas franchement ardues, en particulier pour quiconque a fait le premier volet : au rang des nouveautés, seule la dissociation d’âme mérite d’être mentionnée. Celle-ci permet à Death de se diviser en trois : une statue immobile qui sert "d’émetteur" et deux alter egos de Deaths. Il s’agira alors de faire coopérer les deux Death en les déplaçant alternativement pour activer leviers et portes dans le bon ordre.

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cavalier
Il est possible d’invoquer la monture de Death à tout moment. Notez le "petit" boss en fond.

C’est d’ailleurs ce qu’on pourra reprocher le plus facilement à ce Darksiders II : se reposer bien trop sur l’effet de surprise créé par son prédécesseur. Or, si l’univers reste toujours aussi enchanteur et le design (des décors comme des personnages) vraiment atypique, on ne pourra s’empêcher de regretter que les gars de Vigil Games aient joué à ce point la carte de la sécurité. Pire, la seule séquence vraiment inédite essaie de transformer le gameplay du titre en TPS, domaine dans lequel le jeu s’en sort vraiment mal. Heureusement que la séquence n’est pas trop longue. Bref, rien de bien neuf à se mettre sous la dent, et si l’aspect RPG s’est bien développé, le côté Beat’em-All s’en ressent un peu avec des combos tout de même moins percutants que ceux de War. Ceci dit, l’ensemble reste de bien bonne qualité, et devrait convaincre sans soucis les joueurs ayant apprécié le premier opus.

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Toi, tu vas avoir besoin d’aspirine.

Graphismes : 16/20

A l’instar du premier opus, ce n’est pas tant la réalisation graphique qui épate, mais plutôt son style vraiment reconnaissable. La patte de Joe Madureira est toujours aussi reconnaissable, que ça soit dans le chara design ou même les décors, qui sont cette fois plus variés.

Gameplay : 16/20

Etrangement, le gameplay plate-forme/beat’em-all a été mis davantage en retrait pour faire un peu plus de place au RPG. Néanmoins, la qualité des énigmes semble globalement en baisse, même si celles-ci font intervenir des idées fraîches bienvenues. En revanche, on restera perplexe quant à la séquence en TPS digne d’un sous-Gears of War sous morphine...

Bande-son : 17/20

L’intégralité des dialogues ont été traduits en français, et il faut bien avouer que le doublage est plutôt pêchu. Un bon point donc, tout comme les musiques bien dynamiques et les effets sonores qui rajoutent du punch aux affrontements.

Scénario : 15/20

Se déroulant presque en parallèle de l’aventure de War, l’épopée de Death ne nous éclaire pas beaucoup plus sur la situation à venir. Résultat, à l’instar du premier opus, on a l’impression de jouer à un prologue qui nous annonce du lourd sans le montrer au final. Frustrant, d’autant plus que la santé financière de THQ n’augure pas du meilleur pour la licence...

Durée de Vie : 15/20

Offrant un monde plus ouvert et moins linéaire, Darksiders II s’avère plus long que son prédécesseur tout en ne négligeant pas les à-côtés, telles que les quêtes secondaires. Au final, on obtient un jeu qui devrait prendre un peu plus de 20 heures à finir, et beaucoup plus pour les acharnés voulant tout trouver.

Conclusion : 16/20

Avec Darksiders II, la licence semble évoluer en mal comme en bien. Si l’on regrettera la mise en retrait de l’aspect Beat’Em-all et des énigmes, le jeu s’avère toujours aussi plaisant à parcourir et devrait plaire davantage aux adeptes de l’optimisation de personnages. Quoiqu’il en soit, ce second épisode reste un très bon jeu, même si celui-ci n’a plus autant l’effet de surprise dont avait pu bénéficier le premier opus. On espère que la série perdurera malgré le départ de Madureira et les difficultés financières de THQ.


NOTE : 08/10