Consoles-Fan
16/10/2018

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Of Orcs And Men
Espèce de sale...
...humain !

Entre le Seigneur des Anneaux, les Donjons et Dragons et autres univers d’Heroic Fantasy, avez-vous jamais pensé au nombre d’orcs et de gobelins que vous avez massacré ? Ca se trouve, ils avaient une tribu, une famille, et ne pensaient pas foncièrement à mal ! Ce postulat vous semble surprenant ? Bienvenue dans Of Orcs And Men.

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Arkhail et Styx pour une photo de famille.

Of Orcs And Men prend effectivement le choix de vous mettre dans la peau d’Arkhail, un orc massif et brutal, qui fait partie de l’élite guerrière des Orcs : un Bloodjaw (mâchoires de sang). Hélas, la guerre avec les humains est déjà perdue, et les peaux-vertes ne pensent plus qu’à une chose : un baroud d’honneur dans le but d’éliminer l’Empereur des Humains, rien que ça. Pour cela, il va avoir l’aide d’un gobelin, Styx, un roublard plutôt agile et discret quand il s’agit de trancher des gorges.

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Les Inquisiteurs disposent de quelques tours pas très réglos.

Partant de ce postulat, le jeu nous met donc aux commandes des deux larrons, entre lesquels vous serez libres de switcher à tout moment. La chose sera particulièrement recommandée, dans la mesure où les deux "héros" ont des caractéristiques TRES différentes : Arkhail est une montagne de muscles capable d’endurer des assauts massifs, tandis que Styx est au contraire plutôt frêle, mais compense cela par la possibilité de se rendre invisible pour assassiner ses ennemis par derrière. Le résultat du côté de l’intrigue est plutôt réussi, surtout grâce à ses personnages principaux vraiment atypiques.

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Lâche-moi ! Lâche-moi...euh...me lâche pas, me lâche pas !

Le système de combat est très proche de celui du jeu de Game of Thrones, et pour cause : c’est le même studio (Cyanide) qui est à la réalisation du jeu. On se retrouve donc face à un RPG semi-temps réel où il faudra gérer déplacements et choix d’attaques. Celles-ci sont variées, puisque chacun des deux personnages dispose de deux postures. Arkhail peut ainsi choisir de combattre sans se soucier de la défense, ou au contraire faire office de tank. Styx, quant à lui, peut aller au corps-à-corps ou rester à distance à utiliser des armes de jet. Chacune de ces postures amène son lot de bonus et malus : la défense d’Arkhail est totalement mise de côté en position offensive pour privilégier massivement les dégâts, et Styx récupère de la santé tant qu’il reste à distance.

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Le récit fait intervenir quelques écrans fixes franchement jolis.

Autre point amenant une grosse différence entre Styx et Arkhail : le "talent" propre à chacun. Arkhail peut ainsi compter sur sa rage de berserker orc. Chaque coup reçu et donné par Arkhail lui fait gagner quelques points de rage, qui remplissent une jauge peu à peu. Une fois celle-ci pleine, Arkhail pousse alors un rugissement primal, et le joueur perd tout contrôle sur celui-ci. Ses dégâts sont alors démultipliés, et il peut même arriver que l’orc se saisisse brusquement d’un ennemi pour le broyer en deux. Styx, de son côté, peut en dehors des combats passer en mode furtif : il est alors indétectable par les ennemis, sauf si l’on passe juste sous leur nez. L’occasion alors d’assassiner quelques gardes isolés discrètement. Sa taille lui permet également à l’occasion d’emprunter certains passages dans lesquels le massif Arkhail ne passe pas.

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Lancer Styx pour dégommer les arbalétriers est assez plaisant.

Cet écart se retrouve dans les statistiques des deux personnages jouables : comme dans tout RPG qui se respecte, vos deux larrons ont en effet des stats : Force, Endurance, Esprit et Agilité. Là où le choc est plutôt violent, c’est que ces stats sont vraiment très creusées : Arkhail a près du triple de force et d’endurance que d’esprit, alors que Styx mise tout sur l’agilité. Pour dire, même en profitant des montées de niveau pour remonter vos stats faibles, vous parviendrez tout juste à faire un perso polyvalent ! Autant dire que le message est clair : inutile de chercher à faire un personnage sachant tout faire, laissez Arkhail faire son boulot, et Styx le sien.

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L’équipement joue une part importante de l’aspect RPG.

Hélas, si les bonnes idées sont donc assez nombreuses (mention spéciale à la possibilité de lancer Styx comme un boulet de canon avec Arkhail), le jeu est loin, très loin d’avoir un niveau de finition respectable : si les bugs sont quasiment absents, on regrettera déjà des graphismes franchement à la ramasse. Alors que les modèles de personnages sont franchement classes, ceux-ci ne bénéficient pas d’animation très abouties. Et surtout, le rendu des environnements comme des effets spéciaux est franchement mauvais. Les persos semblent parfois flotter dans le vide, et quand on regarde Arkhail de profil, on découvre que son épée attachée dans son dos par...rien du tout.

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Le système de combats est plutôt bien pensé.

De même, on pourra regretter que le jeu n’offre au final que peu de variété, puisque les combats se révèleront vraiment répétitif. Heureusement, montées de niveaux aidant, vos deux compères disposeront de plus en plus de skills différents. Pas de chance, quand vous laissez l’IA se débrouiller, celle-ci boucle stupidement sur l’attaque de base, quand elle ne coince pas tout bonnement dans un coin ! Résultat, on finit par ne plus faire confiance du tout à l’ordinateur et on passera son temps à switcher entre Styx et Arkhail pour programmer les trois-quatre prochaines actions...

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Styx peut se faufiler dans le dos des ennemis pour leur trancher la gorge.

Graphismes : 7/20

Pendant quelques secondes, le jeu fait illusion...jusqu’au moment où l’on découvre les animations des personnages, et surtout l’arme flottante dans le dos d’Arkhail. Vous l’aurez compris : Of Orcs and Men n’est pas joli, limite moche. Et ce n’est ni son manque de variété dans ses ennemis, ni dans ses environnements qui vont améliorer les choses.

Gameplay : 14/20

Si on met de côté une IA ennemie idiote, mais surtout alliée totalement inutile qui vous force à gérer vous même les deux comparses, le titre s’en sort très bien : les deux "héros" sont clairement complémentaires, et il ne faudra pas hésiter à user de l’un et de l’autre pour progresser. Quelques skills sont plutôt bien vus, et la progression des personnages est assez bien fichue.

Bande-son : 14/20

Les doublages français sont plutôt bons dans l’ensemble. Côté musiques, le jeu s’en tire plutôt bien côté morceaux épiques, même si certains ont tendance à trop tourner en boucle.

Scénario : 15/20

Sans aucun doute le point fort du jeu, lhistoire permet de découvrir un point de vue franchement inhabituel sur l’heroic fantasy : celui de deux races haïes de toutes les autres qui ont perdu la guerre contre les "gentils" qui n’en sont finalement pas tant que ça.

Durée de vie : 15/20

Si le premier chapitre laisse augurer une durée de vie monstrueuse tant celui-ci est long, le jeu ne devrait au final vous prendre qu’une quinzaine d’heures pour en voir le bout en normal. En difficulté supérieure, il faudra souvent plusieurs tentatives pour les combats tant ceux-ci peuvent se révéler ardus.

Conclusion : 13/20

Of Orcs And Men a beaucoup de défauts. Cela est une évidence, mais le titre de Cyanide se rattrape heureusement sur son ambiance et avec un gameplay sympathique. On suivra donc avec un certain intérêt les pérégrinations de ses deux héros très charismatiques, en essayant d’oublier que le jeu est dépassé techniquement et que son IA n’est vraiment pas à la hauteur.


NOTE : 06/10