Consoles-Fan
18/09/2018

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Le Testament de Sherlock Holmes
Pas si élémentaire...
Mon cher Watson.

Sherlock Holmes. Imaginé par Sir Arthur Conan Doyle, ce héros atypique de littérature a toujours été une excellente source d’inspirations pour les différents médias : films, série, jeux...et c’est aujourd’hui à une nouvelle aventure vidéoludique que Frogware nous convie avec le Testament de Sherlock Holmes, un épisode pour le moins sombre.

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Miam.

Le Testament de Sherlock Holmes nous met en effet aux commandes de Watson et Holmes dans une nouvelle enquête. S’ouvrant sur un cas plutôt banal de vol de bijoux, celui-ci va cependant commencer à jeter le doute sur le plus fameux détective privé de Londres et sur ses intentions réels. Remis en question par la presse et même par Scotland Yard, celui-ci va adopter des mesures de plus en plus suspectes au fil des accusations, amenant même Watson à se poser des questions sur son ami de toujours.

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Ce n’est pas bien de faire les poches des gens. Sauf pour Sherlock Holmes.

C’est donc sur la base de cette intrigue originale et étonnante que le jeu nous amènera aux quatre coins de Londres pour mener l’enquête. Les rues des taudis de Londres, la prison de Westgate, une abbaye...les lieux se suivent et ne se ressemblent pas, et même si l’on pourra regretter un manque de liberté évident (même dans les dialogues à pseudo-choix avec les NPC).

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Les puzzles sont suffisamment complexes pour opposer du challenge sans être pour autant frustrants.

L’aventure se présente comme un jeu d’aventure à la troisième personne, très proche d’un point’n’click. Il faudra donc fouiller les environnements à la recherche d’interactions possibles, pour parvenir à progresse dans vos enquêtes. Le système utilise pour cela plusieurs aspects complémentaires et sympathiques. Si l’on retrouve comme d’habitude des puzzles en guise d’énigme, ou des associations d’objets à faire pour influer sur l’environnement proche, Sherlock Holmes s’appuie aussi sur quelques idées plus originales, comme des mini-jeux permettant de déterminer la composition d’un produit, mais aussi et surtout le tableau de déduction : partant des faits observés aux alentours, il vous faudra alors en tirer des conclusions cohérentes qui permettront au final de comprendre ce qui s’est passé.

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Le tableau de raisonnement logique est vraiment une bonne idée.

Résultat, on se retrouve vraiment à jouer le détective, jusqu’à sa manière de réfléchir. Et quand on ajoute à cela un scénario riche en rebondissements, on doit bien avouer que l’on se retrouve face à un jeu rondement mené côté scénario et rythme. Tant et si bien qu’on ne pourra qu’hurler de rage quand on découvrira la manière de se déplacer de Sherlock et Watson, digne d’un 38 tonnes : faire demi-tour oblige en effet notre avatar à s’arrêter net, se retourner sur place, puis seulement à avancer. C’est terriblement mou, mais on s’y fait. Tout comme à la réalisation graphique, qui tient davantage des productions du début de la 360 que de maintenant. Mais étrangement, c’est grâce à son ambiance réussie et à son intrigue solide qu’on se laisse volontiers guider jusqu’au bout de l’aventure. Et c’est bien ce qu’on demande à un jeu du genre.

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L’analyse des composants chimiques fait intervenir un petit jeu de mémoire.

Graphismes : 10/20

Difficile d’être emballé par l’aspect graphique de ce nouveau Sherlock Holmes : certes, le jeu se situe dans la moyenne des point’n’click, mais il n’en demeure pas moins terriblement daté. Les animations sont rigides, et les cinématiques vraiment pas à la hauteur.

Gameplay : 16/20

Très proche d’un point’n’click, le jeu se révèle cependant TRES rigide dans ses déplacements, parfois de manière agaçante. Heureusement, le gameplay réflexion est en revanche irréprochable dans ses énigmes, qui s’avèrent nombreuses, variées et plaisantes ainsi que dans ses suppléments permettant de faire des déductions de manière vraiment fluide.

Bande-son : 16/20

Le doublage français est d’une qualité franchement sympathique : les voix des différents protagonistes sont plutôt pêchues, et même si certaines sont carrément agaçantes (rah les mioches !), on se retrouve avec un excellent travail côté voix. Côté musiques, celles-ci sont peu variées mais contribuent à l’ambiance.

Scénario : 18/20

Sherlock Holmes mène ses enquêtes de plus en plus dangereusement et illégalement, amenant Watson à s’interroger sur la réelle nature du héros qu’il accompagne. L’idée est excellente et rondement menée, les éléments à charge contre Holmes semblent s’accumuler et sèment le doute sur la vraie personnalité du plus fameux détective anglais. Un vrai travail d’écriture, qui se retrouve également dans les dialogues et les situations.

Durée de vie : 14/20

Comptez une dizaine d’heures de jeu pour arriver à bout de cette aventure. Son aspect ultra-linéaire en limite vraiment la replay-value, mais l’aventure ne s’essoufle à aucun moment en contre-partie. Une bonne durée de vie pour un jeu d’énigmes, donc.

Conclusion : 16/20

Rebutant par son enrobage graphique et ses déplacements crispants, ce nouvel opus des aventures de Sherlock Holmes s’avère au final de très bonne facture grâce à une intrigue solide qui tient le joueur en haleine, ainsi que des puzzles retors sans être pour autant décourageants. On se plaît donc à suivre un Holmes plus mystérieux que jamais dans cette enquête qui fera intervenir bien des clins d’oeils à l’univers de Sir Arthur Conan Doyle, qui n’oublie pas de fournir un challenge aux amateurs de casse-tête.


NOTE : 08/10