Consoles-Fan
21/10/2018

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Dishonored
Un jeu...
Plus qu’honorable !

Si le nom d’Arkane Studio ne parle pas forcément au grand public, il faut savoir que ce petit studio français n’en est pas à sa première création : avec Arx Fatalis et Dark Messiah of Might & Magic au CV, les développeurs ne sont pas à prendre à la légère même si les jeux n’ont jamais rencontré le succès qu’ils auraient mérité. Cependant, avec Dishonored, aucun doute n’est permis : ils viennent de créer une véritable bombe.

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Le scénario est vraiment réussi.

Dishonored nous met dans la peau de Corvo, l’Assassin Impérial. Celui-ci a été envoyé par l’Impératrice en personne pour chercher un remède à la peste qui s’abat sur l’Empire dont il vient. Malheureusement, sitôt rentré, celui-ci ne peut qu’assister impuissant à l’assassinat sous ses yeux de celle qu’il sert, et à l’enlèvement de l’héritière de cette dernière, la petite Emily. Pire, quand les gardes arrivent, seul Corvo est encore présent sur place, faisant de lui le coupable idéal. Jeté en prison sans le moindre ménagement, il ne faudra pas longtemps avant de comprendre la vérité : l’Impératrice a été assassinée par ses plus proches collaborateurs avides de pouvoir. Et seul vous pouvez encore empêcher de tels mégalomaniaques de s’emparer du trône.

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La roue des pouvoirs permet d’accéder à l’intégralité de votre équipement et de vos magies en un clin d’oeil.

Car Corvo est sans aucun doute l’assassin le plus redoutable de tout l’Empire : aussi silencieux qu’un félin quand il se déplace accroupi, il peut librement combattre avec une épée dans une main et une arme à feu ou une arbalète dans l’autre. Ses déplacements sont rapides et agiles (avec notamment la possibilité de faire une glissade pour mettre à terre un adversaire), et il se révèle plus que mortel lors des phases d’infiltration : assassinats aériens, tranchage de carotide dans le dos, ou simple étouffement : la panoplie de mouvements de Corvo est riche, et il faudra savoir faire des choix puisque multiplier les cadavres aux quatre coins de la ville rendra non seulement l’infiltration plus compliquée, mais aura aussi pour conséquence d’amplifier la propagation de la peste, amenant le scénario sur une pente de plus en plus sombre.

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Les systèmes électriques fonctionnent à l’huile de baleine. Enlevez les réservoirs pour les désactiver.

Car n’allez pas croire que vos actes sont sans conséquences : chaque quête, même annexe, chaque mort et chaque décision risque de vous retomber dessus à un moment ou un autre. Empoisonner des brigands en leur donnant la peste vous facilitera certes les choses à court terme, mais il faudra alors composer avec une multiplication des rats et des infectés dans la ville. Chaque choix devra se faire avec pondération, et le level design pousse à cela : les manières d’atteindre votre objectif sont toujours innombrables, d’autant plus que certaines ne s’ouvriront à vous qu’à la condition de faire évoluer votre personnage. En effet, il sera possible de trouver des runes qui vous permettront d’améliorer certaines caractéristiques de votre personnage, ou même de lui offrir des dons magiques : téléportation, gel du temps, invocation de rats, ou même prises de contrôle permettent d’ouvrir d’innombrables chemins. Besoin d’entrer dans un bâtiment gardé ? Passez par les toits si vous savez sauter assez haut ou vous téléporter. Vous pouvez sinon trouvez un rat et le posséder pour vous faufiler dans la ventilation, ou même un poisson pour rentrer dans le bâtiment via les égouts. Ou tout bonnement prendre le contrôle d’un garde pour passer devant ses compères sans le moindre problème. Sinon, vous pouvez toujours recourir à la manière forte et tenter le choc frontal !

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Vous n’êtes pas le seul assassin en ville. Méfiez-vous !

Car Corvo n’est pas en reste au combat : très agile épée en main, il s’agira de savoir parer les coups au bon moment pour riposter avec une mise à mort spectaculaire. Vous trouvez ça trop classique ? Pourquoi ne pas se servir alors de votre pistolet à bout portant, ou même de repousser brutalement via magie votre opposant pour l’éliminer au sol. Tout est permis dans Dishonored, et cela se ressent tout particulièrement dans les possibilités de gameplay liées à la combinaison de l’arsenal à disposition de Corvo et des pouvoirs magiques disponibles. Pour dire, il est possible de suicider un ennemi qui vous a repéré : attendez que celui-ci vous tire dessus, gelez le temps immédiatement : la balle se retrouve en suspension entre vous et lui. Prenez donc le contrôle du tireur, et amenez-le sur la trajectoire de sa propre balle avant de relancer le temps. Jouissif, non ?

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Les duels à l’épée demandent du rythme et peuvent se révéler bien violents.

Et si seulement le gameplay était aux petits oignons…mais non : Dishonored est une réussite totale. Son ambiance Steampunk est une vraie réussite tant sonore que visuelle, et son univers se révèle terriblement riche. Au point que l’on ne veut que deux choses une fois arrivée au bout de l’aventure : refaire le jeu pour en voir les différentes fins…et une suite. VITE !

Graphismes : 18/20

Si la qualité des textures n’est pas toujours optimale au niveau des décors, on ne peut en revanche qu’apprécier l’univers vraiment unique de Dishonored : l’ambiance Steampunk victorienne est un régal, et les environnements traversés sont tout bonnement sublimes à observer.

Gameplay : 19/20

Impossible de prendre à défaut Dishonored sur ce point : laissant une liberté totale de mouvement au joueur, celui-ci peut se jouer de l’IA adverse de moults façons, ou considérer le jeu comme un FPS pur et dur et foncer dans le tas. Le level design est toujours est un vrai régal, et il n’est pas rare de découvrir qu’après coup le nombre de chemins différents par lesquels l’on aurait pu arriver à son objectif. Un vrai bonheur.

Durée de vie : 17/20

Comptez une quinzaine d’heures pour voir le bout du jeu en moyenne. Il faudra en compter un peu moins si vous comptez le faire en mode bourrinage, et beaucoup plus si vous souhaitez agir en vraie discrétion et accomplir tous les défis et quêtes annexes du jeu.

Bande-son : 18/20

Les musiques sont très discrètes, mais efficaces. Le doublage est une merveille, en VF comme en VO, et l’ambiance sonore du jeu est un vrai bijou qui offre au jeu un véritable aspect sinistre et mécanique qui colle parfaitement au ton steampunk de l’aventure.

Scénario : 18/20

Non seulement l’histoire est riche en rebondissements, mais on ne peut qu’apprécier le travail monstrueux accompli par les développeurs pour donner littéralement vie à ce monde steampunk : enregistrements audio, textes éparpillés un peu partout, affiches et discussions entre les gardes permettent d’en apprendre davantage sur un monde vraiment riche et atypique. Un régal.

Conclusion : 18/20

Unique, envoûtant, terriblement bien ficelé : Dishonored est sans aucun doute le chef-d’œuvre d’Arkane studios, qui produit probablement ici le meilleur jeu de cette année 2012. Semblant rendre hommage à des pilliers du FPS "ouvert" comme Deus Ex, le jeu peut se vanter d’offrir aux joueurs une aventure unique dans un monde steampunk tout bonnement réussi. Une œuvre magistrale !


NOTE : 09/10