Consoles-Fan
16/07/2018

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The Cave
Une grotte qui parle...
Et des héros pas très héroïques.

Si le genre d’aventure est revenu en force ces dernières années grâce à des studios comme TellTale, le genre a surtout connu son âge d’or à l’époque des jeux Lucas Arts Games : Monkey Island, Maniac Mansion, Day of the Tentacle…c’est donc avec une certaine joie que les fans d’aventures loufoques avaient accueilli l’annonce de The Cave, développé chez Double Fine Studios par Ron Gilbert, l’un des créateurs de ces références du genre…et ils avaient raison !

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Deux ascenseurs qui fonctionnent par contre-poids : un classique toujours aussi efficace.

The Cave est donc l’histoire d’une…caverne qui parle. Oui, le personnage le plus bavard du jeu n’est nulle autre que la Caverne que les sept "héros" du jeu vont devoir explorer au fil du jeu. Au fond de celles-ci, les sept personnages devraient y trouver des réponses, mais aussi ce qu’ils désirent le plus au monde. Sept personnages, tous bien différents les uns des autres : l’Aventurière cherche la gloire éternelle de la découverte, tandis que la Scientifique est sur le point de réaliser une avancée scientifique mémorable (et lucrative). Ou encore le Fermier, qui cherche juste l’amour de sa vie, les Jumeaux qui veulent juste sortir jouer et la Voyageuse Temporelle qui veut corriger le passé. Ajoutez à ces cinq-là le Chevalier qui cherche une épée légendaire, et le Moine, qui veut surpasser son maître, et vous aurez une équipe aux buts très diverses, qui va être forcée de coopérer…par équipes de trois.

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Les environnements sont variés et inattendus, comme ici, une fête foraine souterraine.

En effet, The Cave nous permet d’incarner trois des sept personnages désireux d’entrer dans la grotte. N’ayez crainte : toutes les équipes peuvent atteindre le fin fond de celle-ci, mais il faudra pour cela se creuser les méninges sur des zones pleines d’énigmes, qui varieront donc en fonction des trois personnages retenus. Car si certaines parties de la grotte sont accessibles à tous, d’autres vous demanderont d’employer les capacités spéciales de chacun des sept personnages : la scientifique peut hacker les systèmes informatiques, l’aventurière peut se servir d’un grappin pour se balancer, le Chevalier peut devenir invincible, etc. Il vous faudra donc réaliser plusieurs descentes pour tout voir de The Cave, toutes impliquant des équipes de personnages différentes.

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Le chevalier n’est pas aussi courageux qu’il en a l’air...

Mais l’une des premières surprises à laquelle devront faire face les habitués des point’n’click est l’absence pure et dure de l’inventaire. Adieu les poches extensibles, vos personnages ne peuvent porter qu’un seul objet à la fois chacun ! Il ne faudra donc pas hésiter à solliciter les trois larrons pour transporter le matériel au sein des niveaux. Côté morts, il faut savoir que le jeu ne lésine pas : sauter de trop haut peut tuer, tout comme s’amuser à tomber sur des pics, se faire manger par un monstre, ou se faire rouler dessus par un chariot ou un tonneau. Heureusement, celle-ci n’est nullement pénalisante puisque votre personnage réapparaîtra quelques mètres plus loin, en pleine forme ! Il ne faudra donc pas hésiter à tester et re-tester tout et n’importe quoi…et surtout les solutions les plus loufoques, comme charmer un dinosaure en se parfumant "à l’odeur de dino pourri" pour attirer celui-ci plus loin afin de lui faire tomber une roue carrée sur la tête…quoi ? Vous trouvez cela absurde ? Auriez-vous déjà oublié qui était derrière ce jeu ?

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La voyageuse dans le temps donne droit à une zone où il faut enchaîner les paradoxes temporelles pour parvenir à ses fins.

Car oui, il faut le dire : The Cave marque surtout le retour de l’humour totalement déjanté des jeux d’aventure de jadis. Ici, personne ne se prend au sérieux, et surtout pas La Caverne elle-même, puisque celle-ci passe son temps à intervenir pour raconter des âneries ou distiller une dose de cynisme et d’humour noire très rafraîchissante. Dans toutes les situations, celle-ci offre un concentré d’idiotie ou de sarcasmes, au point que l’on en vient à répéter certaines actions (comme mourir au début de l’aventure) pour entendre toutes les remarques de celle-ci…jusqu’à ce qu’elle se taise car elle pense que "commenter chaque mort donne envie de recommencer"…touché.

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Le moine dans son environnement naturel.

Alors oui, on pourra sans doute reprocher au jeu de livrer un peu trop vite sa fin dès la première exploration…mais le jeu ne s’arrête pas à celle-ci : vu la qualité d’écriture et les énigmes tordues, mais intuitives, on a qu’une envie quand on finit par sortir pour la première fois de The Cave : y replonger, avec d’autres "héros" pour voir les véritables intentions de chacun…et passer un peu plus de temps avec cette caverne parlante si pleine d’humour…

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Il est possible de mourir. Très fréquemment. Comme ici en barbecue.

Gameplay : 16/20

Le gameplay du jeu d’aventure est ici utilisé à sa quintessence, avec une efficacité étonnante : pas d’inventaire, aucune indication, peu de dialogues, et pourtant, le jeu se révèle terriblement accrocheur grâce à un système de switch entre les trois personnages très bien vu et des énigmes retorses, mais finalement intuitives pour la plupart.

Graphismes : 15/20

Le moteur graphique de The Cave est plutôt joli : donnant aux titres des allures très cartoon, il rend les personnages très attachants, tout particulièrement grâce à leurs animations et bouilles. Très mignon.

Bande-son : 17/20

Les musiques d’ambiance du jeu sont vraiment réussies, mais ce sont surtout l’intégralité des voix et dialogues du jeu qui amènent une vraie plus-value à la bande-son du titre : les voix anglaises sont un véritable régal, d’autant plus que l’écriture de la narration est un bijou de délire, d’humour noir et de cynisme.

Scénario : 17/20

Sept personnes, sept histoires différentes. Toutes impliquent des buts vraiment pas aussi bienveillants que l’on ne s’y attendait au premier abord, et toutes sont servies avec une bonne dose d’humour noir et d’énigmes adaptées. Ajoutez à cela une Caverne parlante qui passe son temps à faire des remarques idiotes ou à se questionner sur des choses aussi étranges que l’origine du Roque aux Echecs, et vous obtenez un véritable condensé de folie qui n’est franchement pas sans rappeler l’âge d’or de licences comme Monkey Island.

Durée de vie : 15/20

Comptez facilement 4-5 heures pour arriver à bout du jeu une première fois. Mais si vous voulez tout voir du titre, il faudra alors replonger dans la Caverne avec une autre équipe au moins deux fois de plus. Si certains passages seront alors répétitifs, l’aventure n’en demeure pas moins riche…et pour les fanatiques de succès, certains s’avèrent particulièrement tordus à obtenir !

Conclusion : 16/20

Ron Gilbert effectue avec The Cave un retour aux sources vraiment réussi : modernisant à merveille la formule du jeu d’aventure en osant quelques partis pris culotés (disparition de l’inventaire en tête) qui se révèlent au final gagnants : The Cave est un brillant représentant du jeu d’aventure, servi par un humour noir de premier ordre et un narrateur qui ne manque jamais une occasion de se faire remarquer. Un régal.


NOTE : 08/10