Consoles-Fan
20/04/2018

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The Wonderful 101
Quand un héros ne suffit pas...
...on en appelle 101 à la rescousse !

Encore tout jeune studio (fondé en 2007), Platinum Games n’a plus rien à prouver à qui que ce soit quand il s’agit de Beat’Em-All : avec des titres comme MadWorld, Bayonetta et Metal Gear Rising : Revengeance à son actif, le studio peut se targuer d’avoir acquis une réputation d’incontournable dans le milieu. C’est pourquoi l’on attendait avec curiosité son nouveau titre, exclusif sur WiiU : The Wonderful 101. Et si la copie n’est pas irréprochable, on s’y plonge néanmoins avec un grand plaisir !

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L’équipe de choc aura du boulot...surtout qu’elle se prend le chou régulièrement !

The Wonderful 101 nous amène donc sur Terre, dans un futur proche : suite à plusieurs guerres contre des civilisations extra-terrestres, la Terre a décidé de mettre en place une force spéciale, les Wonderful 100. Composée, comme son nom l’indique, de 100 humains triés sur le volet, chaque membre de cette force est dotée d’emblêmes surpuissant leur permettant de concentrer une quantités phénoménale d’énergie pour créer et manipuler des objets gigantesques : c’est l’unimorphisation.

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Chaque opération est l’occasion de découvrir un nouveau décor.

Cette unimorphisation est au coeur du gameplay de Wonderful 101 : le jeu prend en effet l’aspect d’un Beat’Em-All, vu avec un angle de caméra digne d’un jeu de stratégie. La raison à cela : vous ne dirigez pas un seul de ces héros, mais le groupe entier, comme un bloc uni. Dans celui-ci, vous dirigerez forcément un des héros "majeurs", à savoir des héros dignes des Power rangers : Wonder Red, Wonder Blue, Wonder Pink, Wonder Yellow...à chaque couleur son arme (Poing géant, épée, fouet, marteau, griffes...ou même deltaplane !), qui auront chacune leurs avantages sur certains types d’ennemis. Mais la grande particularité de ces armes reste d’être constituée du reste de vos héros. En effet, pour sortir votre arme, il faudra en dessiner la forme soit sur l’écran du gamepad, soit au stick droit directement (le tactile restant le plus précis). Plus le dessin est grand (grand trait pour l’épée, grand cercle pour le poing...), plus l’arme sera massive, augmentant portée et dégâts.

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Plus l’unimorphisation est grande, plus l’arme est puissante !

Résultat, le jeu s’avère plutôt technique : en plus de gérer les combats, il faudra surtout savoir switcher d’armes à tout bout de champ pour s’adapter à toutes les situations. Ainsi, l’épée permet de renvoyer les lasers et fait office de paratonnerre. Le poing, lui, est surtout utile en duel, tandis que le fouet peut arracher morceaux par morceaux l’armure d’un ennemi. Le marteau peut pulvériser les blindages, tandis que les griffes permettent de s’agriper aux murs et d’ouvrir certaines portes et certains blindages ennemis. Autant dire que quand les ennemis divers et variés s’accumulent, il s’agit de bien choisir au bon moment !

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Même les ennemis de base sont massifs !

Evidemment, changer d’arme (ou en augmenter sa taille) consomme une jauge d’énergie qui, si elle se remplit automatiquement, peut tomber malgré tout rapidement dangereusement à sec. La raison : celle-ci sert également à esquiver et parer les coups grâce aux deux gâchettes du gamepad, mais peut également aussi permettre de rendre temporairement indépendants une partie de vos troupes : une fois une arme dessinée au GamePad, il suffit d’une pression sur le bouton Y pour qu’un de vos alliés gère lui-même l’arme générée le temps de quelques secondes. Il est ainsi possible de cumuler 5 groupes semi-indépendants, qui vont essayer de frapper/tirer/défoncer tous les ennemis alentours dans un joyeux fatras !

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Les QTE sont présentes dans le titre mais pas trop envahissantes et bien pensées.

Assurément donc, les bonnes idées fourmillent dans Wonderful 101. Malheureusement, on ne pourra s’empêcher de pester contre quelques choix malheureux. A commencer par la boutique d’améliorations. Certes, celle-ci apporte justement de l’évolution plaisante à nos héros...mais d’où est venue l’idée de devoir ACHETER des compétences aussi basiques que l’esquive et la parade ? Résultat, un joueur lançant tout juste le jeu va subir pendant le premier niveau une difficulté assez relevée en raison de l’incapacité quasi-totale à éviter correctement une attaque, ou ne serait-ce qu’à l’encaisser. Ne vous étonnez donc pas si le jeu paraît donc de prime abord très difficile dès le mode normal, la difficulté devient rapidement plus raisonnable (même si le challenge est bien présent) une fois les compétences de base de tout beat’em-all qui se respecte acquises.

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Vorken est sans doute le boss le plus éprouvant...puisque celui-ci se bat également à coups d’Unimorphisation !

Autre souci récurrent du jeu : la gestion de la caméra. Si celle-ci est la plupart du temps fixe, on aurait pu espérer que la vue digne d’un RTS permettrait d’avoir toujours une grande clarté dans l’action. Ce n’est hélas pas le cas puisqu’il arrivera bien souvent de se prendre des tirs et attaques d’ennemis totalement hors-champ, mais aussi de se planter royalement dans les phases plus orientées plate-formes. Celle-ci est aussi parfois mise à mal dans les séquences en gameplay asymétriques, pourtant une franche réussite par ailleurs, si ce n’est le manque de précision parfois dans les dessins d’unimorphisation. Certains schémas sont vraiment trop proches (griffe/fouet, épée/katana double) et aboutissent à bien des déboires, surtout dans certains moments pourtant très tendus.

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Bon, surtout, ne pas regarder en bas...et ne pas penser que ce deltaplane est fait à base d’humains !

En effet, Platinum Games a su exploiter parfaitement la console de Nintendo et sa mablette en offrant à Wonderful 101 plusieurs séquences de gameplay asymétriques. Alors que la plupart du temps, la tablette permet d’afficher le radar, l’action switche de la télé à celle-ci quand le groupe de 100 héros s’engouffre dans un espace étroit (labyrinthe, entrepôt...), donnant l’occasion de puzzles ou de niveaux entiers où il faudra interagir avec les deux écrans. La liste est trop longue pour être faite ici, mais disons que devoir gérer un Shoot’Em-Up avec le vaisseau sur l’écran du haut, et les 100 héros à l’intérieur de celui-ci à bouger sur les commandes adéquates pour faire bouger et tirer le vaisseau relève du génie brut (et attendez-vous à voir arriver des ennemis DANS la salle de contrôle !). Autre idée bien trouvée : alors que vous entrez dans un bâtiment, l’action passe sur la mablette. Sur l’écran TV apparaît alors une vue extérieure du bâtiment avec un vaisseau hostile tirant à gogo sur votre refuge, via des fenêtres suivant un code couleur particulier. A vous de progresser en évitant soigneusement de passer dans les zones aux couleurs associées à celles dans laquelle tire le vaisseau !

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Quelques phases de jeu sortent clairement de l’ordinaire, comme ici un hommage à DigDug !

Enfin, impossible de ne pas mentionner le ton délicieusement parodique et déjanté de l’univers de Wonderful 101. Clairement inspiré des Sentaï pour ses héros, et des films de monstres gigantesques façon Godzilla pour ses boss, le jeu s’offre surtout de nombreux clins d’oeils cinématographique, ou même des délires purs et durs entre les différents protagoniste du jeu. On apprécie également

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Les boss sont véritablement titanesques !

Graphismes : 16/20

Très coloré, tout mignon et lumineux, The Wonderful 101 peut également se vanter de ne pas soufrir de ralentissements malgré un affichage parfois massif à l’écran : les boss sont titanesques, nos 100 héros se déplacent et combattent dans un joyeux désordre organisé...

Gameplay : 16/20

Si l’on reste sur les impressions laissées par le gameplay du prologue et du premier niveau, Wonderful 101 est injuste. Ennemis hors champs, attaques impossibles à éviter...la situation s’arrange fort heureusement avec l’acquisition de certaines commandes (jetez-vous sur l’esquive et la parade dès que possible), même si l’angle de vue choisie pour un Beat’em-All reste régulièrement peu pratique. Néanmoins, passé un temps d’accoutumance et d’assimilation des principes du gameplay, on découvre alors un jeu terriblement fun et exigeant, à l’instar de l’essentiel des productions du studio.

Bande-son : 17/20

Les voix japonaises sont délicieusement stéréotypées et parodiques, et les musiques sont parfaitement dans le ton super-héros/sentaï, au point de rendre certaines très entêtantes.

Scénario : 14/20

Les 100 Héros gardiens de la Terre s’unissent pour protéger celle-ci d’une invasion extra-terrestre au nom à coucher dehors. Si le synopsis de base est simplise au possible, il est surtout l’excuse à énormément de scènes parodiques et humouristiques toutes plus cinglées les unes que les autres.

Durée de vie : 15/20

Comptez près d’une dizaine d’heures pour finir Wonderful 101 une première fois en Normal. Comme d’habitude avec les productions Platinum Games néanmoins, vous aurez alors à faire face à des niveaux de difficultés bien plus épiques. Enfin, la possibilité de jouer des missions spéciales à plusieurs rallonge un peu la durée de vie.

Conclusion : 16/20

Clairement une bonne surprise de cette fin d’été, Platinum Game offre avec The Wonderful 101 une petite bombe de fraîcheur. Terriblement fun et exigeant, on lui pardonnera allègrement quelques petits égarements (donc certains sont rapidement corrigés) pour se concentrer sur un Beat’em-All décalé tant dans le ton que dans ce gameplay si particulier. Un incontournable sur WiiU !


NOTE : 08/10