Consoles-Fan
18/07/2018

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Remember Me
Il passe à deux doigts...
...d’être inoubliable !

Dévoilé en 2012 par le tout jeune studio français DONTNOD, Remember Me avait su créer la surprise en dévoilant un univers atypique rappelant certaines grandes œuvres de science-fiction d’anticipation. Un an après, le jeu arrive chez nous, et s’il faut bien reconnaître que les frenchy commettent quelques erreurs de jeunesse, le jeu a de beaux arguments à faire valoir. Explications.

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D’un côté un Néo-Paris superbe, lumineux, idéal...

Remember Me se déroule en 2084, dans Neo-Paris. Capitale ultra-moderne, celle-ci n’est plus dirigée par une quelconque organisation politique mais par Memorize, une super-corporation qui a fait de l’archivage, l’effacement et la manipulation de données son activité principale. Evidemment, la compagnie fait de l’abus de pouvoir et vous incarnerez ici Nillin, une jeune opposante qui vient de se faire effacer la mémoire par cette société.

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taudis

En tant qu’Erroriste, Nillin va néanmoins se révéler plutôt acharnée : enfermée à la Bastille, celle-ci va devoir tout faire pour s’en évader, puis lutter contre Memorize. Pour cela, elle pourra compter sur son don naturel à manipuler les mémoires. En effet, en 2084, tous les habitants de Neo-Paris disposent d’un implant leur permettant de relier leur mémoire à internet, et Nillin va donc pouvoir mener son enquête en accédant aux souvenirs de ses cibles par cet implant. Mais pour cela, il faudra atteindre ceux qui disposent des souvenirs qui vous intéressent.

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Les boss s’avèrent au final peu intéressants.

Et c’est là que Remember Me est un peu en peine : lorgnant clairement du côté de softs comme Assassin’s Creed pour les déplacements, et des Batman Arkham pour les combats, le soft ne parvient pas à égaler ni l’un, ni l’autre de ses modèles. Du côté plate-forme, donc, Nillin peut sauter et se suspendre aux divers rebords et panneaux publicitaires de la ville. Sauf qu’à l’inverse d’Assassin’s Creed qui autorisait une grande liberté dans les mouvements et les parcours, il n’y a jamais qu’une route très linéaire dans Remember Me. Résultat, on se retrouve simplement à chercher où se trouve le rebord suivant pour enchaîner les sauts jusqu’à la prochaine "arène" où les ennemis vous tomberont dessus.

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Le système de combat fait irrémédiablement penser à Batman Arkham...en moins bien.

Et malheureusement, le résultat est aussi en demi-teinte du côté des combats, alors que le tout part d’un bon sentiment : le système de combo est en effet personnalisable. Ainsi, il est possible de rajouter des effets à chaque coup des combos de Nillin. Récupération de pouvoir, de santé ou bonus de dégâts sont ainsi possibles, permettant de disposer de combos polyvalents ou au contraire d’un enchaînement dédié aux soins ou aux dégâts. L’idée est bonne, mais Nillin ne dispose au final que de quatre combos différents, limitant drastiquement les combats, même si l’on dispose à côté de ces quelques enchaînements d’attaques spéciales, toutes basées sur la mémoire. Ainsi, il est possible de surcharger les ennemis robotiques pour les transformer en bombes, ou d’assommer les ennemis aux alentours afin de les neutraliser quelques secondes.

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Le système de combos partait d’un bon sentiment, mais se révèle très répétitif au final.

Mais heureusement, ce gameplay parfois moyen est largement sauvé par l’atmosphère unique qui se dégage de Remember Me : Neo-Paris dispose d’une direction artistique unique, où se mélange le Paris d’aujourd’hui avec ses vieux bâtiments facilement reconnaissables, et toutes les nouvelles technologies, plus présentes que jamais. Les vitrines des boutiques affichent des produits et des publicités digitalisées, les colonnes Morris affichent désormais leurs annonces sur des écrans plutôt que sur du papier…bref, Paris est à la croisée des chemins entre ses traditions et une modernité très futuriste, offrant de beaux points de vue et une excellente ambiance au soft.

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Les passages commerciaux feront partie des endroits que vous découvrirez dans leur version ultra-moderne.

Autre point fort du titre : son histoire, terriblement accrocheuse. Bien ficelée, celle-ci ne se dévoile que peu à peu, et si l’on pouvait craindre une histoire très cliché avec une héroïne amnésique, il n’en est rien tant les retournements de situations s’avèrent au final nombreux et inattendus, servis par quelques séquences de remixages de données permettant de manipuler à foison les souvenirs de votre cible. L’ambiance est très bien travaillée, et certains monuments et endroits de Paris clairement identifiables…au point de regretter de ne pas être plus libre de nos mouvements et d’explorer tout ce Paris futuriste.

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manip

Graphismes : 18/20

Si le moteur graphique est loin d’être exceptionnel, Remember Me captive par sa direction artistique : Neo-Paris est une pure réussite en termes de design, avec un mélange superbe de "modernité anticipée" digne de Minority Report et des bâtiments classiques si connus des amoureux de la ville lumière.

Gameplay : 14/20

Très inspiré d’Assassin’s Creed dans son exploration, et de la série Batman Arkham dans ses affrontements, le jeu n’arrive hélas au niveau d’aucun des deux. Au rayon des reproches, on pourra déjà pointer du doigt la progression linéaire alors qu’un open world aurait été tellement plus savoureux, par exemple.

Bande-son : 16/20

Le doublage français est propre, de bonne facture. Côté ambiance, là aussi, le travail réalisé par DONTNOD fait plaisir, entre musiques d’ambiances qui font mouche et les publicités futuristes assez envahissantes dès qu’on s’approche des boutiques.

Durée de vie : 12/20 Comptez à peine une dizaine d’heures pour voir le bout de l’aventure. Le jeu étant ultra-dirigiste, celui-ci ne dispose pas d’une franche replay value.

Scénario : 16/20

L’histoire rend hommage à certains grands classiques de la science-fiction (Minority Report en tête), mais dispose d’un univers bien à lui, atypique et attirant. On aurait aimé que celui-ci soit davantage exploité à côté de l’intrigue principale tant le potentiel est clairement présent.

Conclusion : 16/20

Répétitif et linéaire, Remember Me parvient néanmoins à accrocher le joueur grâce à une histoire et un univers vraiment à part. Avec son ambiance digne de George Orwell et un parti pris artistique brillant, les français de DONTNOD nous offrent un jeu unique en son genre qui amène à une certaine réflexion éthique et morale. Une bien belle réussite, même si on regrettera que le jeu n’offre pas un open-world…peut-être pour une suite ?


NOTE : 08/10