Consoles-Fan
22/09/2018

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Assassin’s Creed Unity
Pas assez de parisiennes
et trop de parisiens

J’avoue que de voir Assassin’s Creed de retour en Europe me fait plaisir. Les épisodes sur le sol américains étaient réussis mais il me semble qu’en allant visiter des contrées plus étendues, certes, mais moins aériennes, le jeu s’est égaré à force de vouloir se renouveler.

Assassin’s Creed Unity, c’est un peu un "back to basic" avec des architectures superbes et un gameplay qui se permet d’évoluer vers plus de fluidité dans les déplacements pisque notre Assassin qui s’appelle Arno peut désormais gravir mais aussi se rattraper in extremis à de multiples décors. Les sauts de foi sont toujours là mais ils ne sont plus inévitables, ce qui donne pas mal de dynamisme dans les déplacements. Les combats sont plus sopignés, en particulier en terme de collision. On peut vraiment voir les épées frapper l’adversaire là ou elles semblaient parfois les traverser lors de certaines routines.

Pas de doute, Assassin’s Creed Unity est soigné. On le voit dans la modélisation des décors qui peut enfin être comparée aux Assassin’s Creed de l’époque italienne (si on veut vraiment comparer ce qui est comparable). Et franchement, il y a un vrai fossé en terme de modélisation de villes même s’il ne faut pas rester crédule. Les intérieurs des bâtiments sont désormais accessibles mais ne serait-ce pas finalement des extérieurs couverts comme on en a déjà vu précédemment dans Assassin’s Creed. Je pense par exemple à des marchés couverts. Certes, la technique n’est pas nouvelle mais elle est remarquablement amenée et donne une illusion parfaite même si on traverse plus les intérieurs qu’on ne les visite, sauf exception. Cela rajoute néanmoins une sacrée patte spectaculaire lors de poursuites. Grâce à un usage toujours intelligent du bouton B, il sera possible de passer sous des tables ou par des fenêtres. Bref, Arno est clairement jusqu’à présent le plus agile des Assassins.

En fait l’usage du bouton A permet cette fois-ci d’escalader les édifices alors que le bouton B permet d’en redescendre facilement. Le choix de ce gameplay a certainement été fait afin d’éviter des déplacements brouillons et non désirés. Les chemins sont désormais en effet fort encombrés puisqu’il faut souvent traverser des intérieurs. Il serait malheureux de se mettre à escalader des murs par erreur alors que l’on souhaite juste passer par une fenêtre. La proximité de tous ces éléments a donc conduit les programmeurs à demander une validation supplémentaire au joueur afin de savoir s’il souhaite escalader ou non. Maintenir une gâchette enfoncée à proximité d’un mur vous permettra de courir mais plus de grimper par erreur comme cela pouvait arriver dans les anciens Assassin’s Creed. Les petites hauteurs comme de petites barrières plus basse que le genou seront tout de même prises en compte dans votre progression : inutile d’appuyer sur A pour celles-là. Le bouton A est plus une invitation aux véritables escalades en hauteur. Ce choix se révèle en tous cas vraiment très judicieux même si, comme à chaque Assassin’s Creed, le joueur devra réadapter ses habitudes.

Si la modélisation des décors est tout à fait remarquable, on regrettera que ces derniers soient relativement inertes et dénués d’interaction la plupart du temps. Carton rouge pour les miroirs dont le reflet n’est absolument pas géré en temps réel. Un cycle donne un semblant d’illusion mais pas pour longtemps. Le reflet est plutôt flou et Arno doit certainement être un vampire puisqu’il n’a pas de reflet.

Ubi Soft a décidé de repartir sur le fait qu’Abstergo a développé un jeu vidéo basé sur l’Animus. La nouvelle map tout en 3D est très claire et, les points de vue toujours situés très en hauteur permettent toujours de révéler le contenu d’un quartier. Mais désormais, ces points aériens vous permettent de voyager rapidement d’un point à faitre de la carte.

Attention cependant à ne pas tomber dans la casualisation de la licence car cet Assassin’s Creed Unity laisse de côté quelques éléments important de la série de côté laissant au joueur la possibilité de progresser plus rapidement en ligne droite. Assassin’s Creed Unity est riche, oui, mais il est moins horizontal qu’avant. En effet, les zones énemies n’existent plus. Ainsi s’il était utile de pacifier les zones en prenant des tours ou des forts dans les épisodes précédents, afin d’avoir la paix lorsqu’on les traverse, il n’est plus nécessaire de la faire puisque vous êtes libre de vous déplacer librement la plupart du temps. Certes, il y a deux factions qui se battent généralement entre elles mais qui n’hésiteront pas à vous courir derrière mais leur intelligence artificielle est tellement à la ramasse qu’il suffit de pas grand chose pour les semer. Il n’y a donc plus grand travers à la progression. Et la customisation du personnage peut se faire via un menu. On peut même acheter des armes, plus besoin de se rendre chez l’armurier. Plus facile d’accès, le jeu n’encourage donc plus le joueur à se diriger vers les quêtes annexes. Il faut donc en avoir envie, mais elles en valent la peine. En revanche, ce côté plus linéaire renforce véritablement le rythme de l’histoire là où les prédécesseurs faisaient un peu plus dans la pagaille.

Vous vous sentez trop faible pour affronter les ennemis ? Faites pause et achetez une arme plus puissante dans le menu. Boostez votre personnage. Voilà, vous êtes prêt. D’autant que les ennemis sont très généreux et vous laissent de nombreux items comme des potions de soin et autres items vraiment très très utiles.

Assassin’s Creed Unity ne s’égare vraiment pas dans les featurettes. Pas de missions d’Assassins façon real time strategy. que des missions condensées sur Paris mais au final pour un tout beaucoup plus cohérent et moins dispersé même si au final, on a l’illusion que le jeu à moins à offrir. Pourtant, à titre d’exemple, les énigmes de Nostradamus sont absolument géniales. Elles sont à mi-chemin entre une énigme du père Fourras et un rallye touristique puisque vous devrez retrouver des symboles cachés dans les décors. Elle vous permettent de débloquer une tenue inédite mais sont vraiment accrocheuses tant elles sont bien écrites et feront appel à votre intellect.

Si vous avez aimé les énigmes de l’époque d’Assassin’s Creed 2 et Assassin’s Creed Brotherhood et toute la magie mélancolique qui s’en dégorgeait, alors vraiment, vous allez adorer l’ambiance tout en finesse de cet Assassin’s Creed Unity. Pas de doute, nous sommes de retour dans les bonnes années d’Assassin’s Creed.

Les opportunités d’assassinat qui rendent les missions différentes avec donc une bonne replay value : plusieurs embranchements sont possibles grâce à des mini-missions permettant de se faciliter la tâche.

En tous cas, entre les récits parisiens, les vols et les failles (missions Helix à la Belle Epoque), il y a de quoi faire, même si le joueur ne se sentira pas obligé de passer par là s’il souhaite finir le jeu en ligne droite.

Des filles de système vous obligeront même parfois à changer de réseau. Il faudra fuire par une faille avant que le système ne vous emprisonne. On peut quand même pester sur le fait que ces failles ne soient pas plus nombreuses, du style, une à la fin de chaque mémoire. En effet, s’enfuir d’une zone vous met une délicieuse pression. Ca se passe un peu comme dans la fin d’une mission de Titanfall où il faut fuir vers le point d’extraction. J’imagine que cette nouvelle idée sera encore présente dans les prochains épisodes. Elle est en tous cas bien plus intéressante que les phases qui se déroulent à notre époque. Celles-ci ont désormais disparues. Il n’y a plus que quelques contacts vidéo ou audio.

La vue de l’aigle est désormais limitée dans le temps et nécessite un temps de rechargement. Il faut donc la réactiver afin de vérifier la position des ennemis. C’est souvent utile tant la foule peut être dense dans Assassin’s Creed Unity. Dans l’ensemble, les développeurs ont d’ailleurs mis le paquet pour nous impressionner. Peut-être trop car le jeu soufre de nombreuses baisses de framerate pour un framerate moyen relativement bas. Il y a également un grand nombre de bugs de collision avec des personnages qui s’envolent ou qui traversent les décors. Rien de gravissime en soi mais les bugs sont quand même fréquents.

En voulant marquer les esprits avec cet Assassin’s Creed, Ubi Soft se retrouve enfermé par cette génération de console. Difficile de revenir en arrière avec le prochain Assassin’s Creed sous peine de subir de violents critiques. Il faudra donc réussir à maîtriser le moteur en proposant la même chose mais de manière plus fluide et moins buggée pour la prochaine fois. C’est en cela que réside le prochain challenge pour Ubi Soft : trouver un bon polish pour leur moteur. Faut de quoi il faudra peut-être revoir à la baisse la fréquence de sortie des Assassin’s Creed, histoire de ne plus servir un titre qui n’est pas terminé. Ou alors il faudra être moins exigeant sur le contenu. Quoi qu’il en soit, Ubi Soft Montréal a du pain sur la planche.

Graphismes : 76%
Franchement joli à tous points et plus particulièrement au niveau architectural et sauf sur certains visages qui donnent parfois l’impression d’être en cire.

Animation : 62%
Ca fait très mal aux yeux. Normal, le jeu est ouvert et propose une foule impressionnante tout en ayant des graphismes très réussis, mais clairement, Ubi Soft doit proposer mieux la prochaine fois. D’autant qu’à l’E3, on m’avait promis que ce serait dépoussiéré et ce n’est vraiment pas le cas au final. Voilà ce qui arrive quand il faut respecter une sortie annuelle.

Jouabilité : 90%
Une nouvelle fois modernisé.

Bande Son : 92%
La bande-son m’a vraiment rappelé celles d’Assassin’s Creed 2 et du Brotherhood qui étaient excellentes et très enveloppantes et mélancoliques.

Intérêt : 91%
Bien que les missions secondaires soient loin d’être obligtoires, elles sont de très grandes qualité et les missions principales sont très bien écrites, trépidantes. De nombreuses missions en ligne sont disponibles mais cet Assassin’s Creed reste tout de même fort tourné vers le solo.

Note Globale : 88%
Techniquement à la ramasse à cause de prétentions trop fortes, le titre d’Ubi est néanmoins un incontournable de la série et l’univers de la révolution française était nécessaire et attendu.


NOTE : 08/10