Consoles-Fan
24/01/2018

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L’Ombre du Mordor
Au pays du Mordor...
...où s’étendent les ombres.

Alors que la trilogie du Seigneur des Anneaux a désormais quelques années, et que celle du Hobbit va connaître sa conclusion sous peu, Warner Bros et Monolith s’associent pour tenter de prouver qu’au-delà de ce que nous ont montré les films, l’univers de Tolkien est si vaste et bien ficelé qu’il serait parfaitement possible d’y insérer des créations originales et logiques dans celui-ci. Un pari réussi ? Pas qu’un peu !

L’Ombre du Mordor s’intercale dans la chronologie de la Terre du Milieu entre le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux. Quelques années avant que la Communauté de l’Anneau ne soit fondée, Sauron préparait son retour, mettant en déroute totale les troupes avancées du Gondor, qui surveillaient la Porte Noire. Rôdeur au service du Gondor, vous voilà sacrifié, ainsi que votre famille, par la Main Noire de Sauron pour servir un sombre rituel. Heureusement, celui-ci finit de manière imprévue lorsque votre âme se retrouve maudite, liée à l’esprit d’un ancien elfe lui aussi assoiffé de vengeance envers les sbires de Sauron. La malédiction a cependant du bon : vous devenez immortel. Encore sensible à la douleur, mais la mort ne sera plus jamais une fin pour vous, condamné à revenir à la vie pour continuer votre quête sans répit.

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Le Mordor est plutôt joli. En ruine et plein d’orcs, mais joli.

L’Ombre du Mordor vous lâche dans un open world en plein territoire orc. Ne vous attendez pas à voir beaucoup d’alliés, mais des prisonniers tout au plus. En effet, si Sauron n’est pas encore de retour, son armée, elle, commence à se rassembler et s’organiser. Et il vous faudra empêcher cela. La maniabilité en-dehors des combats est une réplique de ce qui se fait chez Assassin’s Creed : notre héros, Talion, peut escalader les murs et falaises, assassiner les orcs discrètement, et se cacher dans les hautes herbes. Côté combat, on retrouve un système que Monolith a largement emprunté aux Batman Arkham : un bouton d’attaque, un d’esquive/saut, et un de contre. Il est possible d’enchaîner les attaques pour faire monter un compteur de combo, qui permet des attaques encore plus spectaculaires et violentes. Décapitations, gorges tranchées et crânes perforés sont au menu des réjouissances, faisant passer les mises à mort d’Assassin’s Creed pour des câlins entre amis. Âmes sensibles s’abstenir !

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Les combats font furieusement penser à Arkham Asylum.

Mais là où le jeu surprend par rapport à ses modèles, c’est par le système d’ennemis jurés : qui dit armée, dit organisation hiérarchique. Vous devrez donc affronter et éliminer les capitaines et généraux Uruks afin d’affaiblir l’armée de Sauron. Cette hiérarchie est visible à tout moment dans le menu, mais aller au combat sans en apprendre plus sur vos adversaires relève du suicide : chaque capitaine dispose de points faibles à exploiter, mais aussi de points forts qui le rendent particulièrement efficace contre certaines tactiques. Insensibilité à la furtivité, au combat rapproché ou à distance ainsi que la possibilité d’appeler des renforts sont autant de points à prendre en compte avant d’attaquer. Pour cela, il vous faudra interroger certains Uruk qui vous offriront des renseignements sur un gradé de l’armée. Il sera même possible de faire de la guerre psychologique avec certaines peurs des gradés : le feu, les insectes, ou les bêtes sauvages sont autant de peur potentielles qu’il faudra savoir exploiter afin de mettre en déroute et d’éliminer les orcs.

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Chevaucher un Caragor en plein mordor est pour le moins plaisant.

La progression du héros est régie par trois éléments : l’argent, l’expérience et les points de Pouvoir. L’expérience permet de monter de niveau, vous octroyant un point pour déverrouiller de nouvelles compétences pour élargir votre palette de coups. Les techniques les plus avancées nécessiteront d’avoir accumulé assez de points de pouvoir pour être disponibles. Enfin, la monnaie du jeu est utilisée pour améliorer les compétences passives et débloquer les trois talents les plus puissants du rôdeur, qui permettent d’abuser de ses plus puissantes attaques (invisibilité totale, flèches illimitées, et exécutions en série pendant quelques secondes).

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Si vous êtes mis à terre, vous aurez peut-être droit à une chance de contre-attaquer avec l’énergie du désespoir.

Du côté des bonnes idées, on pourra également saluer l’accroissement des possibilités de jeu très progressif, permettant de découvrir peu à peu de nouvelles tactiques. Ainsi, si au début, la furtivité sera votre principal atout, Talion deviendra progressivement une vraie menace pour les orcs. Certes, les combats sont très punitifs quand vous vous faites toucher (ne comptez pas plus de 4-5 coups pour être mis à terre, surtout face à un gradé), mais vous aurez rapidement bien de nouvelles options à votre disposition. Chevaucher des bêtes sauvages, créer des diversions, ou même carrément forcer des Urks (même gradés !) à se soumettre à votre volonté et à trahir leurs amis à votre signal.

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Chaque gradé Uruk dispose de compétences, forces, et faiblesses propres.

Cependant, il ne faut pas croire que tout est parfait dans l’Ombre du Mordor : en plus d’un scénario un peu trop en retrait (même s’il utilise brillamment l’univers de Tolkien) , on pourra aussi regretter une certaine rigidité dans les déplacements en Parkour. Plus en tout cas que dans Assassin’s Creed, d’autant plus que certains mouvements ne sont pas forcément identiques entre les deux jeux dans leur fonctionnement. Autre point un peu dommage, la réalisation en dents de scie : l’atmosphère globale du jeu est réussie, mais il n’y a pas de panoramas vraiment marquants. De plus, certains bugs graphiques viennent parfois un peu faire de l’ombre côté réalisation…mais ces problèmes sont tellement mineurs qu’on évitera de chercher la petite bête et que l’on savourera pleinement cette superbe aventure !

Graphismes : 16/20

Sans mettre une claque au joueur, l’open-world de l’Ombre du Mordor s’avère très sympathique : les environnements sont assez détaillés, et peu de bugs graphiques sont à signaler. Côté animations, on sera surtout épatés par la fluidité des combats et leur violence, avec un héros qui a vraiment bénéficié d’un gros travail côté charisme.

Gameplay : 18/20

On retrouve une certaine répétitivité propre au genre, mais en-dehors de cela, la prise en main fait carton plein : en reprenant les déplacements d’Assassin’s Creed, couplé à un système de combat proche des Batman Arkham Asylum (un autre jeu Warner), les développeurs ont réussi à faire un jeu où l’action est exigeante, tout autant que l’infiltration. On notera quelques errements dans les déplacements en infiltration (sans doute sommes-nous trop habitués à la prise en main d’Assassin’s Creed), mais rien de gênant.

Bande-son : 17/20

Entre une version française plutôt convaincante, et des musiques qui retranscrivent bien l’ambiance, l’atmosphère sonore est clairement une réussite.

Scénario : 15/20

Plutôt discret, le scénario nous met rapidement aux commandes de notre héros avec un but clairement affiché : se venger. Mais le jeu en profite pour développer une part très méconnue de l’histoire de Tolkien, en piochant allègrement dans les ouvrages annexes ou en créant de nouveaux personnages.

Durée de vie : 16/20

Comptez une bonne dizaine d’heures pour finir le jeu en ligne droite, et le triple pour compléter l’ensemble des missions annexes et collectes d’objets.

Conclusion : 17/20

On n’en attendait pas autant de l’Ombre du Mordor ! Si le jeu reste perfectible tant dans sa réalisation que sa prise en main, il faut bien reconnaître que Monolith frappe un grand coup en offrant une vision bien différente de l’univers de J.R.R. Tolkien. L’occasion de se replonger avec grand plaisir dans cet univers magnifique, et dont on ne sort qu’à regrets…avec l’espoir d’une suite !


NOTE : 08/10