Consoles-Fan
19/01/2018

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The Order 1886
coquille
vide ?

Rappel des faits. E3 2013. Aucune console de nouvelle génération n’est sortie. La conférence de Sony est exsangue de jeux contrairement à celle de Microsoft. En fait, il y a juste un jeu que je retiens. Et c’est The Order 1886. Dont on ne sait finalement pas grand chose car on a juste droit à un tout petit teaser. Mais voilà. L’ambiance Steampunk et la présence de ce que l’on croit être des loup-garous me plait. Je reste sur ma faim. Mais ça fait envie. Le prochain contact avec le jeu, il faudra l’attendre lors de l’E3 2014. Cette fois-ci, on a droit à une démo en hands-on. Une séquence de gameplay dans une zone rikiki. Une scène cinématographique mélangée avec du QTE. Bravo, vous avez terminé la démo en 2 minutes. Frustration. Je n’ai pour ainsi dire rien vu du jeu ou presque si ce n’est que la réalisation claque bien haut. Et avec l’équipe de God Of War aux commandes, je quitte la salle louée par Sony rassuré. Mais visiblement, il y avait des choses à cacher.

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Je ne vais pas vous dire que c’est le jeu Sony que j’attendais le plus car depuis Uncharted 4 a été annoncé mais c’était quand même le numéro deux de ma shortlist. Comme quoi, il ne faut pas trop attendre d’un jeu au risque d’être déçu.

Car tout porte à croire que The Orders 1886 est une superbe vitrine technologique. Pourtant, une fois la couche de vernis grattée, on se rend compte qu’il n’y a pas grand chose à sauver à part le magnifique jeu de textures. Il y a beaucoup de bruit dans l’image. Le jeu n’est même pas plein écran. Les éléments du décor ne sont pas destructibles. Les reflets ne sont pas gérés en temps réel. En fait, la 3D est inerte. La synchronisation labiale est douteuse. Enfin, du blabla à rallonge devant les portes pour masquer les loadings ne suffisent malheureusement pas à cacher le malaise d’une action pas bien trépidante désormais hachée au couteau.

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Les phases d’action sont relayées aisément par les cut-scènes. Du coup, on ne sait plus toujours si c’est nous qui avançons dans le jeu ou s’il s’agit d’une cinématique. Dans le doute, on laissera le stick analogique incliné dans la bonne direction. C’est en tous cas assez symptomatique de l’aspect cinématique de ce jeu. La réalisation est fort belle bien que je lui reproche ses couleurs ternes mais c’est le style graphique qui le veut : un choix en tous cas bien assumé. En revanche, les déplacements sont si lents (même en courant) que le framerate qui reste stable à 30FPS ne gêne que rarement notre œil. Certains passages où le personnage est fort proche de la caméra peut-être, et encore. Mais cette lenteur est bien évidemment l’astuce qui permet au jeu d’afficher des graphismes exemplaires malgré ses autres lacunes. La console n’est jamais vraiment malmenée par un défilé incroyable d’images et du coup, elle ne gère finalement jamais de grands espaces de jeu.

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Le jeu essaie pourtant de se renouveler en changeant les règles du jeu. Vous n’aurez pas toujours le même partenaire. Votre arme principle changera également. Les grenades à fumigène pourront être utilisées de manière tactique pour forcer les ennemis à se déplacer. Mais dans l’ensemble, on ne peut que déplorer le manque d’inspiration des QTE qui surprennent la plupart du temps le joueur passif devant les cinématiques et surpris par un réveil parfois soudain. D’autant que les choix en terme de QTE ne sont guère pertinents. Pour effectuer des mouvement, pourquoi ne pas devoir utiliser le stick gauche qui sert à déplacer le joueur. Pourquoi le droit qui est utilisé pour la caméra. C’est idiot ! Vous aurez même droit à une partie sur un dirigeable où l’emploi des armes est forcément déconseillé. Place donc à une étape d’infiltration complètement ratée et sans intérêt. La frustration déjà élevée atteint son paroxisme. Pour descendre en rappel sur le dirigeable, il faut appuyer sur avancer alors qu’on recule. Logique les aminches ! C’est vraiment tout le paradoxe de ce jeu où l’on est assisté pendant toute la partie, mais en fait, on est juste mal assisté. A certains moments, on se croirait sur un rail. Et pourtant ça déraille quand même.

03

Pour être honnête, je m’étais mis en tête de mettre un 3/10 au jeu parce que j’estime qu’il mérite un 2 mais je comptais accorder un point de plus pour la réalisation tout de même travaillée même si elle fourmille de lacunes. Finalement, ce sera un 4 car à la fin du jeu, on commence quand même à jouer. The Order se rattrape donc sur la fin mais il est trop tard. Dommage The Order prennent autant de temps à démarrer et qu’une fois démarré, le jeu est en réalité presque terminé...

Les combats contre les licans (les monstres du jeu, pas les lits de camp) sont ridiules. Il suffit en effet d’appuyer sur croix comme un taré pour être sûr d’éviter l’ennemi et de tirer sur lui pendant qu’il faut. Une fois qu’il est à terre, il suffit de lui porter un coup final pour l’achever. Bef, si vous vous fates toucher, c’est que vous êtes nul.

Graphismes : 80%
Très beau mais de la poudre aux yeux la plupart du temps tant les concessions techniques sont nombreuses (framerate, pas de plein écran, très peu d’éléments destructibles - les vitres ne se brisent pas quand on tire dessus, pas de gestion des reflets... Il est facile d’être beau quand on est pas technique...

Animation : 85%
L’animation est correcte bien que parfois un peu lambine.

Jouabilité : 50%
Plus que discutable sur bien des points. Les QTE manquent de logique et l’intelligence artificielle nullissime. On comprend pourquoi le jeu ne propose que bien peu souvent des interactions directes avec les ennemis : quand cela se produit, c’est catastrophique : entre les ennemis qui ne vous voient pas alors que vous êtes devant eux et les lycans qui suivent un déplacement routinier, c’est à pleurer.

Bande Son : 90%
L’ambiance sonore est une très belle réussite.

Intérêt : 35%
J’ai ressenti un grand malaise face à The Order. Mal fini, molasson à souhait, des QTE qui frisent avec le non-sens et dont le timing est douteux, des séances d’infiltration abjecte. Pourtant la qualité du jeu augmente au fil des stages mais bien trop tard, à la fin du jeu qui ne mérite même pas le coup pour ainsi dire...

Note Globale : 46%
Dans ma tête, je pensais mettre un 2/10 à The Order et hausser la note à 3 pour la réalisation, histoire d’être gentil, car cela ne m’a pas plus impressionné que cela : c’est très joli mais un peu facile. Finalement, ce sera un 4 car il est vrai qu’au fil du temps, le jeu s’améliore pour se terminer avec quand même quelques vrais stages et un peu de challenge. Mais quel gâchis...


NOTE : 04/10