Consoles-Fan
20/06/2018

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Ori and the Blind Forest
Le jeu vidéo
peut encore faire des miracles

Musique d’intro d’une volupté à faire fondre un yaourt grec, écran-titre beau à faire exploser tous les miroirs de la terre. Ca pue la féérie à plein nez tout ça. Ils nous auraient pas fait un hit chez Moon ?

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J’appuie sur A pour démarrer une partie. Mais quelle tuerie. C’est le festival de couleurs de Mariakerke ou quoi ? J’en ai des frissons. Ca fait vraiment très longtemps qu’un jeu ne m’a plus fait autant rêvé. On dirait un univers onirique signé Miyazaki.

Comment vous expliquez. Ori and The Blind Forest c’est bon comme voir pour la première fois Tales Of Fantasia en Super Famicom ou Magic Knight Rayearth en Saturn. C’est tellement beau que tu n’avait encore jamais vu ça dans un jeu vidéo avant. Tout est animé constamment à l’écran. Ce jeu, c’est un dessin animé. Avec un découpage frame par frame absolument somptueux. C’est tellement beau que tu pleures de joie et que tu ne sais plus admirer les graphismes. Faut faire une pause puis se remettre à jouer. Ori and The Blind Forest, c’est pourquoi j’aime les jeux vidéo. C’est tout ce que je cherche. Du rêve, de la magie, de la douceur, un sens artistique émouvant.

Et en plus c’est triste. Des larmes... Bon, eh bien on va quand même essayer de se lancer dans le jeu mmm ? Alors, Ori est un jeu de plate-forme non-linéaire avec une bonne dose de recherche mais on ne se sent jamais perdu grâce à un level-design très bien construit. Quand on trouve un objet, on sait directement ce qu’il faut faire. Le jeu ne nous sert cependant pas d’aller-retours punitifs. L’accès à la carte vous permet de vous repérer facilement et le système de capacité évolutive vous permet d’obtenir du confort de jeu au fur et à mesure quand ce ne sont pas tout simplement des nouveaux accès. En effet, le double saut vous permettra d’accéder à de nouvelles zones à visiter. Vous ne pourrez pas non plus détruire tous les matériaux de suite. Bref, Ori invite à la revisite.

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Vous disposez d’une jauge de vie mais également d’une jauge de magie qui vous permet entre-autres de placer quand vous le souhaitez (pour autant que vous ayez un boule disponible) un point de sauvegarde. Ce point de sauvegarde vous donne l’accès au tableau d’évolution des compétences du personnage mais il faut aussi savoir qu’une fois créé, ce check point peut être réutilisé sans dépenser de magie. Il peut être utilisé pour sauvegarder juste après certains passages de jeu compliqués et vous l’aurez compris, comme cette jauge est commune à d’autres utilisations, il faudra parfois faire un choix entre sauvegarder ou récupérer des items supplémentaires planqués dans le décor, exploser un mur pour libérer un passage. Bref, à vous de prendre le risque de devoir recommencer tout un passage du jeu si vous vous plantez.

Les énigmes sont plutôt bien pensées et le jeu vous demandera souvent d’effectuer des choix. Préférez-vous obtenir des coups plus puissants ou consommer moins de magie pour effectuer un coup explosif. Les pouvoirs sont vraiment très bien pensés et offrent à Ori en plus de son univers exceptionnel un gameplay fabuleux mêlant puzzle, adresse et réflexe qui vont vous garantir un minimum de challenge. Certains passages sont en effet retors. Le jeu va vous donner des sensations de satisfaction incroyables lorsque vous réussirez certains passages compliqués et de grandes sensations d’angoisse quand vous oublierez de sauvegarder et échouerez bêtement, vous forçant à recommencer le passage difficile. C’est à l’ancienne, et c’est bon !

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Au fil des capacités débloquées, vous obtiendrez un double-saut, vous pourrez planer, nager, utiliser des ennemis pour vous protéger dans la direction souhaitée et pourquoi pas rediriger les tirs ennemis avec cette même compétence. Et c’est bien entendu la combinaison de tout, dans un rythme fou, qui va vous emporter dans un level design aussi intelligent qu’impressionnant, bravant parfois les lois de la gravité. Le jeu s’amusera même de prendre à contre-pied tous vos réflexes. Certaines plate-formes se transforment en piques acérées et inversement à chaque fois que vous effectuerez un saut. Puis en retouchant le sol, vous inverserez encore la tendance au prochain décollage. Ori se transformera tantôt en jeu d’adresse, tantôt en jeu d’infiltration, tantôt en jeu de plate-forme, tantôt en jeu de puzzle. Ce qui est génial, dans Ori, c’est que l’expérience de jeu est sans cesse renouvelée dans un univers cohérent et pourtant très varié.

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Ori, c’est un jeu pour les bonhommes. C’est sûr, il faut savoir très bien jouer ! Méfiez-vous donc de son aspect enfant, Ori est machiavélique et exigeant et propose une marge de progression phénoménale. Une fois toutes les compétences débloquées on peut booster Ori et la progression devient bien plus aisée pour une revisite facile et agréable de son univers.

Son ambiance servie par un festival de couleurs et sa réalisation exceptionnelle parfois inspirée de Nights (je pense au sol plasma qui se déforme sous nos pieds dans certains passages) font d’Ori une œuvre majeure de notre art préféré.

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Graphismes : 96%
L’univers cohérent et pourtant si varié, des couleurs à se pâmer.

Animation : 93%
Un écran sans cesse en mouvement : l’impression de jouer à un dessin animé.

Jouabilité : 99%
Un éventail large qui se prête à moultes combinaisons : le profil d’Ori est vraiment très complet.

Bande Son : 95%
Un délice harmonique.

Intérêt : 99%
99% et c’est non-négociable : le level design est fa-bu-leux !

Note Globale : 97%
Il y aura un avant et un après Ori dans le monde du jeu de plate-forme. Une chose est sûre, la barre a été mise tellement haute qu’il est fort probable que ce jeu soit déjà le futur jeu de l’année.


NOTE : 09/10