Consoles-Fan
19/09/2018

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Beyond Eyes
L’amour rend
aveugle

Poussé par le camp Xbox à l’E3 et à la Gamescom cette année (sans doute Microsoft voulait-il retrouver le succès du poétique Ori), Beyond Eyes est, à mon humble avis, plus une expérience contemplative qu’un jeu vidéo tant les mécaniques de jeu ne fonctionnent pas. Je m’explique. Vous incarnez Rae, une petite fille devenue aveugle après un accident lié à des feux d’artifice. Celle-ci tisse des liens d’amitié avec un chat après lequel il faudra partir à la recherche.

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Ce n’est pas la première fois qu’un jeu traite du sujet. Sur Saturn, il y avait même déjà eu un jeu pour aveugles (Real Sound : Kaze no Regret de Warp Entertainment) sans la moindre image, que du son donc, mais réellement destiné aux aveugles.

Ici, ce n’est pas le cas. On se retrouve dans un univers onirique peint à l’aquarelle et dont on ne perçoit que les parties qui côtoient le personnage principal. Les parties découvertes en revanche sont enregistrées dans la mémoire de la petite fille et restent en place. En gros, c’est exactement comme lorsque vous découvrez une map dans un RTS. Les zones d’ombre restent blanches par contradiction pour un résultat visuel plutôt joli, il faut bien le reconnaître.

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Le paradoxe, c’est que pour un jeu contemplatif, eh bien on ne perçoit pas grand chose à cause du thème du jeu choisi. Au lieu de faire face à de superbes décors léchés, c’est souvent blanc, c’est souvent vide.

Le concept du jeu ne fonctionne pas vraiment mieux puisque votre personnage ne sait pas faire grand chose à part se déplacer lentement. De fait, on se déplace quasiment au hasard jusqu’à rencontrer un mur, une barrière ou tout autre obstacle qui vous force de changer de direction. Je dis quasiment car parfois un bruit n’animal vous indique la direction à prendre ou à ne pas prendre. Mais dans l’absolu, c’est plutôt léger, croyez-moi.

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Les interactions avec les décors ou les objets se limitent à une peau de chagrin. On peste même lorsqu’il faut rebrousser chemin et refaire toute une partie que l’on a déjà parcouru tellement le déplacement du personnage est lents. Celui-ci se retrouve même parfois coincé car Rae a peur des chiens, des mouettes, des corbeaux. Il faudra vous en débarrasser via des énigmes linéaires à deux balles afin de pouvoir passer.

Il est pourtant difficile de lâcher la manette, mais malheureusement, pas pour les bonnes raisons. La recherche du point de sauvegarde suivant est une question de survie car refaire un passage déjà exploré si lentement serait une punition. Non, ce n’est pas grave, je ne dormirai pas cette nuit, c’est ok, je continuerai à jouer jusqu’à ce que je sois sûr que le jeu a sauvegardé.

Trève de plaisanterie, l’approche de Beyond Eyes est en réalité une approche onirique, romantique, mélancolique, artistique mais surtout une approche très enfantine du jeu vidéo. Un enfant très très jeune pourrait y jouer tant le gameplay est lent et limité. J’ai vraiment cru me retrouver dans un livre pour enfant. Ceux qu’on leur lit le soir parce qu’ils ne savent pas encore lire. De fait, le décallage est énorme si vous êtes un gamer et pourtant, une fois le jeu terminé, vous vous rendrez compte ô combien le titre est touchant et traite d’un sujet pas si enfantin que cela. Toute la symbolique du jeu se déploie alors de manière magistrale après avoir bien caché son jeu. On comprend après coup et l’idée était en fin de compte vraiment magnifique. Je n’ai donc finalement pas regretté d’avoir terminé ce jeu relativement court même si il a fallu faire pas mal d’effort pour s’accrocher. On était à deux doigts du chef d’oeuvre.

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Graphismes : 78%
De très belles aquarelles, une idée originale de découverte progressive des décors.

Animation : 75%
Le jeu est un peu lent à cause du thème abordé.

Jouabilité : 66%
Un gameplay très limité : peut-on vraiment parlé de jeu ? Je vois plus ce titre comme une expérience.

Bande Son : 63%
Très limité également et sans doute pour une raison tout à fait assumée. Je ne peux vous en dire plus. En tous cas il s’agit plus de bruitages que de musiques tant celles-ci sont effacées.

Intérêt : 90%
Ce sera tout ou rien. Oui, j’ai pesté sur ce titre. Oui, j’ai pleuré. Mais au final, j’ai ouvert les yeux...

Note Globale : 81%
Oeuvre poétique qui se laisse néanmoins difficilement pénétrer car les codes ne sont révélés qu’à la fin. Un "jeu" touchant, indéniablement.


NOTE : 08/10