Consoles-Fan
19/01/2018

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Until Dawn
Ce sont ceux qui en parlent le plus
qui en font le moins.

Voilà un jeu qui a au moins su choisir sa date de sortie, un peu avant le rush de fin d’année parce que c’est une nouvelle licence et qu’il faut sortir de la foule des triples A qui se bousculent pour avoir un minimum de visibilité quand on a un nom à se faire. Alors, Until Danw vaut-il son pesant de cacahuètes et mérite-t-il donc votre attention ?

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Pour ma part, si Until Dawn a succité mon intérêt, c’est parce que ce jeu me fait penser à Night Trap. Certes, l’ambiance et le concept est ici très différent mais le contexte est finalement assez proche puisqu’on se retrouve plongé dans un teen movie dans lequel il faut sauver les différents protagonistes de l’histoire. Bon, ok, à l’époque j’étais adolescent et maintenant j’ai atteint la quarantaine. Pas sûr que je sois toujours la bonne cible mais voilà, cette sortie me rappelle de bons souvenirs.

Démarrons donc avec les petites choses qui fâchent. Graphiquement, c’est plutôt joli. Enfin, on va quand même dire "merci la nuit" car tout est assez sombre, ce qui permet de cacher de vilains défauts, mais il faut reconnaître que c’est une figure imposée pour ce type de jeu et que les effets d’éclairage, aussi rares soient-ils, sont très réussis. J’aime beaucoup le character design très naturel des différents personnages. Ils sont très réussis jusqu’au grain de peau. Les vêtements sont détaillés, les doudones ont de jolis reflets. Ils tranchement un peu avec la modélisation parfois sommaire de certains décors.

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Dommage pour le framerate qui n’est pas toujours stable et qui se limite à 30FPS. Enfait il semble trébucher et donne des accoups de caméra qui auraient pu être évités d’autant que la caméra est sur un rail, ce qui normalement arrange bien les développeurs pour tous les problèmes techniques. Et en théorie, cela permet aussi de faire de jolis jeux plus facilement. Mais l’animation des personnages est vraiment poussée dans le détail. Par exemple, si un personnage droitier tient une lampe de la main droite et qu’il souhaite ramasser quelque chose, il changera de main pour tenir la lampe et le fera à nouveau quand il relachera l’objet.

Difficile cependant de critiquer ce choix car cela va de pair avec la mise en scène cinématographique du jeu. Difficile de créer aussi des effets de surprise du genre "y’a quelqu’un juste derrière moi" sans cet artifice. Et comme ces effets sont une belle réussite, je leur pardonne bien volontiers cette rigidité car elle constitue au final un point fort qui sert vraiment le titre.

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Les phases de jeu sont souvent relayées par des scènes non-jouables mais qui profitent dès lors d’angles de caméra audacieux. On est très rapidement plongé dans l’histoire. Et cela fonctionne très bien. On est vite concerné par ses jeunes et leur futur si fébrile tout en subissant un stress en continu puisque tout peut arriver ou presque. En fait, Until Dawn offre exactement ce que j’attendais de ce jeu : un teenage movie interactif angoissant, ce n’est pas nouveau donc comme je l’ai rappelé en début de test mais le genre est vraiment très rare : cela fait donc vraiment plaisir à voir et pour être complètement honnête, j’aimerais même qu’il y en aie d’autres.

La synchronisation labiale n’est pas fantastique et le bordel ambiant permet de masquer cela quand la caméra virevolte dans tous les sens pendant les scènes d’action. En période plus calme, plus moyen de tricher.

Si Until Dawn propose un bon scénario, il laisse quand même la place à de petites incohérences. un personnage avec un briquet ne peut pas allumer une bougie alors qu’il est dans le noir. Si l’idée était de ne pas rendre les décors trop interactifs, il fallait éviter de placer des objets rendant possible des évidences logiques. Notre statut de joueur nous place parfois en position d’omniscience. On voit en effet parfois des indices ou des éléments que les personnages ne voit pas. Il est donc logique que certains choix ne soient pas proposés mais il en ressort un malaise certain en terme d’écriture. On sait délibérément qu’on devrait ou qu’on ne devrait pas faire ça mais on finit par faire l’inverse de ce qui serait logique de faire (s’exposer au lieu de se mettre à l’abris, prévenir la police...) tout simplement parce que le jeu ne nous le permet pas.

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On nous pousse à faire des choses dont on sait délibérément que c’est une mauvaise idée, juste pour progresser dans le jeu. Dommage : Until Dawn est trop dirigiste et devrait offrir plus de "solutions" de rechange. Par exemple : pulvériser un déodorant sur un briquet pour faire un lance-flamme pour réchauffer la serrure gelée : difficile de faire plus imbécile couillon. Et c’est pourtant ce qu’on nous propose de faire dans Until Dawn même si ici, cela n’a pas d’incidence au final. En fait, c’est le côté frustrant d’Until Dawn, la plupart des choix sont le fruit du hasard et pas de la logique ou de la réflexion. Mais à y réfléchir de plus près, c’est exactement comme dans la vraie vie. Comment savoir à l’avance ce qu’il va arriver si vous marchez à gauche ou à droite du trottoir ? Voilà pourquoi les auteurs ont opté pour une série de totems de couleurs qui vous aident à prendre les bonnes décisions car ils vous donneront des visions prémonitoires afin de vous préparer à faire le bon choix car ce que vous verrez peut potentiellement vous arrivez. A vous de déjouer les plans de votre avenir. Néanmoins, comme je vous l’ai dit, ne soyez pas trop sûr de vous car le jeu prend un malin plaisir à se jouer de vous afin de vous pousser à la faute. Et pour ne pas fruster le joueur, il est possible en fin de partie de refaire les chapitres du jeu pour découvrir ce qu’il se serait passé en opérant d’autres choix. Bien joué !

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Graphismes : 82%
Des personnages très réussis et des décors corrects mais très sombres. En revanche, les effets d’éclairage sont sublimes.

Animation : 70%
Pas un framerate du feu de dieu et pas hyperstable non plus : heureusement, les mouvements de caméra rapides ne sont pas nombreux, ainsi on ne remarque pas encore trop souvent cette défaut.

Jouabilité : 70%
Rien d’hallucinant à vrai dire : cela fonctionne bien. On dirige des personnages, on exécute des QTE relativement exigeants, parfois punitifs, parfois pas. Alors pourquoi avoir baissé la note ? C’est très simple : il n’y a pas moyen d’inverser l’axe Y pour gérer la caméra et cela m’a terriblement gêné. Au moins 3 des jeunes sont morts à cause de cela pour ma part. Bien évidemment, si vous ne jouez pas en caméra inversée, cela ne vous posera pas de problèmes mais pour ma part, j’ai une formation très japonaise du jeu vidéo et je ne comprends pas qu’un paramètre tel que celui-là aie été oublié. Si vous jouez sans inverser la caméra, vous aimeriez qu’on vous impose l’inversion ? Il est vrai que le jeu ne fait pas appel très très souvent à son utilisation mais le problème est que les rares fois correspondent à des moments clé de survie de certains personnages.

Bande Son : 93%
Excellente à tout point de vue : les dialogues sont fidèles aux meilleurs films du genre et l’ambiance sonore fera beaucoup d’effort pour vous faire tressaillir.

Intérêt : 96%
Until Dawn propose un scénario digne des meilleurs films du genre. J’ai bien du sursauter une dizaine de fois !

Note Globale : 90%
Un très bon titre avec quelques petites erreurs de jeunesse. Je ne lui pardonne pas l’absence d’inversion de l’axe Y et ses petits soucis de fluidité qu’un bon débuggage aurait pu éviter car je ne peux pas croire que la PS4 soit au bout de ses ressources avec ce titre.


NOTE : 09/10