Consoles-Fan
15/12/2018

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Devil’s Third
43 ans, 1m90, 104 kilos
Condamné à 850 ans de prison

Après le départ de Tomonobu Itagaki de la Team Ninja, celui-ci se lança dans le développement d’un jeu PS3 - XBox 360 pour THQ. Mais après la faillite de ces derniers, le jeu devint un titre prévu pour la Wii U puisque désormais publié par Nintendo qui s’offrit ainsi une nouvelle exclusivité mature après Bayonetta. Bonne pioche ?

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Il existe de nombreux jeux d’action déjantés et très violents qui ne sont pas très jolis. Je pense à No More Heroes, à Wet, Killer is Dead, Shadow Of The Damned ou encore le remake de Splatterhouse... Comme tous ces jeux, Devil’s Third fait dans la démesure dans un doux esprit "tarantinesque".

Après on peut chipoter car les ennemis meurent de manière scriptée quelle que soit la manière dont vous les tuez. Si vous tirez dans leur jambe, ne vous étonnez donc pas de voir leur tête être arrachée par la même occasion. Ca n’a aucun sens la plupart du temps mais soit, on peut ranger ça dans le délire de la débauche sanglante à souhait. Et puis, soyons honnête, parfois cela fonctionne quand même bien.

En revanche, si la qualité sonore du titre est bien là, avec de bons dialogues, c’est en parfait décalage avec la réalisation qui date d’un autre âge. On pouvait s’en douter car c’est généralement ce qui arrive avec les jeux qui connaissent un développement long et chaotique. Les personnages ressemblent à des mannequins sans vie.

Le jeu soufre aussi de solides incohérences. Par exemple, notre ami Ivan le russe est incapable de sauter plus haut qu’une barrière qui lui arrive aux genoux alors qu’il peut escalader sur d’immenses planches de bois verticales, signal vidéoludique montrant que l’on peut passer par là et pas par là, sauf que les choix sont illogiques à en mourir.

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La caméra n’est jamais gérée par la machine, vous êtes donc le réalisateur de A à Z, un défaut plutôt dérangeant pour ma part même si on si fait contraint et forcé. en jouant à la troisième personne, vous n’aurez pas de soutien de visée mais en revanche, lorsque vous visez, vous passer en mode première personne et les ennemis sont immédiatement lockés, ce qui rend l’action assez frénétique.

Le jeu est riche en bug, on a même parfois l’impression que les développeurs ignorent ce qu’est le Z buffer. Les chutes de framerate ne sont pas tristes non plus en particulier lorsqu’il y a plein d’explosions à l’écran.

Le jeu n’était pas de base prévu pour la Wii U mais pour la Xbox 360 et la PS3 et cela se sent : le Wii U Gamepad ne sert à rien. Vous pouvez juste afficher le jeu dessus et dans ce cas ne plus rien voir sur votre grand écran. Risible.

Vous l’aurez compris, le premier contact avec le titre a vraiment été désastreux. J’ai tout de suite détesté. Pour partir sur un meilleur pied, dirigez-vous immédiatement dans les options et choisissez le gameplay qui vous convient le mieux car celui par défaut n’est pas forcément le meilleur. N’oubliez pas de régler la sensibilité de l’analogique : la configuration par défaut n’est vraiment pas top. Et là, c’est l’éveil. Enfin le kiff total.

Le jeu propose une belle variété de gameplay, certes classique, comme tirer sur des chars, désamorcer des mines grâce à une vision spéciale, utiliser des sulfateuses...

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il ne faudrait donc surtout pas bouder Devil Third car au final, je me suis plutôt bien amusé : on progresse rapidement dans des décors variés et on ne se prend pas trop la tête en alternant arme à feu et arme à blanche, le tout dans un bain de sang et un déchiquetage de corps. En fait, vous avez le choix entre deux approches : soit vous dégommez les ennemis de loin, soit vous allez au corps à corps même si les ennemis sont armés jusqu’aux dents. Ce n’est pas grave, vous pouvez être blessé dans le feu de l’action puisque votre personnage récupère ses forces par après lorsqu’il n’est plus touché comme dans le plupart des jeux vidéo d’aujourd’hui. Et comme on est rarement débordé dans le jeu, cela fonctionne ! Devil Third ne fait pas dans la dentelle et s’assume tel qu’il est. C’est exagérément gore mais on regrettera que l’affrontement des ennemis soit si mécanique : les boss sont tellement scriptés que cela transpire le vieux jeu vidéo à plein nez.

Néanmoins, l’amusement est bien présent. J’ai terminé le jeu en une traite et j’ai eu grand plaisir de retrouver une production japonaise à l’ancienne bien rythmée et fun à jouer du début jusqu’à la fin. Un vrai débuggage et une mise-à-niveau graphique auraient été sans doute nécessaire pour apprécier le tout jusqu’au bout.

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Graphismes : 70%
Des graphismes inégaux : le très joli côtoie le bien moche.

Animation : 55%
Faible à bien des égards : des baisses de framerate à foison, du lag...

Jouabilité : 91%
Après réglage, le jeu devient très agréable à jouer.

Bande Son : 90%
Des musiques plutôt réussies et des dialogues également bien travaillés.

Intérêt : 93%
De l’action non-stop et quand même quelques cut-scènes. Très agréable et fun.

Note Globale : 80%
C’est moche mais c’est génial à jouer.


NOTE : 08/10