Consoles-Fan
21/09/2018

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Operation Abyss : New Tokyo Legacy
C’est bien la forme...
...mais faut pas oublier le fond !

Si la PS Vita est particulièrement bien gâtée dans un domaine, c’est bien dans les jeux à priori condamnés à ne pas quitter le sol japonais : NIS America semble mettre en effet un point d’honneur à amener chez nous un genre pourtant souvent sous-estimé, le Dungeon-RPG. Japon oblige, celui-ci prend un design manga plutôt mignon...qui détonne avec l’histoire.

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Operation Abyss nous met aux commandes d’un groupe de lycéens qui se retrouvent rapidement dans les ennuis jusqu’au cou : vous vous réveillez dans les égoûts de la ville, poursuivis par ce qui ressemble fortement à des zombies. Heureusement, vous serez rapidement sauvés par une camarade de classe, qui s’avère capable d’utiliser son téléphone afin de se transformer en guerrière des temps moderne, avec une armure qui apparaît à volonté. Evidemment, vous serez rapidement embrigadé dans son unité, et vous deviendrez un code-user, une personne capable de combatre les monstres qui commencent à pulluler un peu partout dans la paisible ville où vous habitez.

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C’est sur ces bases que ce Dungeon-RPG assez atypique commence. Atypique, car le cadre moderne est assez largement utilisé dès le départ : vous serez vite amenés à collaborer avec une détective privée, la police, ainsi que plusieurs scientifiques qui vous permettront d’obtenir vos armes et armures. Le scénario s’avère néanmoins très dirigiste, et va hélas rapidement se limiter à "Allez là-bas, affronter un boss, revenir et aller au donjon suivant". Certes, c’est le principe même de tout Dungeon-RPG qui se respecte, mais un peu plus de dialogue pour dérouler l’intrigue n’aurait pas été de refus.

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Surtout que le jeu s’avère difficile. TRES difficile : que vous choisissiez le mode classique ou "avancé", les conseils prodigués sont au final très minimaliste, et il faudra expérimenter beaucoup par vous-même pour comprendre les ficelles du jeu. Le système de classe est repris pratiquement à la classe près de Demon Gaze, ce qui pourrait un peu décevoir ceux ayant fait le précédent jeu du studio : on est trop en territoire connu, et on perd même en possibilités avec la disparition de la classe principale du héros ou la possibilité de recourir aux boss vaincus en combat. Résultat, le jeu s’avère bien plus difficile encore que Demon Gaze, et si vous ne faites pas attention à votre jauge de rencontre, il vous arrivera parfois de vous faire démolir votre équipe entière par un simple combat aléatoire. Un poil frustrant !

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Pire, le jeu pêche surtout par un gros point noir : ses menus. Operation Abyss dispose sans aucun doute des pires menus qu’il m’ait été donné de voir depuis des années, en particulier quand vous faites vos "courses" chez le marchand. Impossible d’afficher un comparatif avec votre matos actuel. Impossible également d’avoir un explicatif plus poussé des différents bonus sans aller creuser les aides (optionnelles) du jeu, alors qu’un simple tableau récapitulatif, affiché ne serait-ce qu’une fois, aurait pu être la bienvenue. Enfin, alors que les combats poussent au level grinding, comment ne pas pester contre le système de limitation de levels qui vous pousse à terminer une partie de l’histoire avant de débloquer la suite de la montée de niveau ?

Gameplay : 8/20

Operation Abyss est très proche de Demon Gaze dans sa prise en main. Beaucoup trop même : certes, le système de crafting et de "code" permet plus de possibilité niveau équipement, mais le système de combat, les classes, l’interface...tout semble repris de Demon Gaze. Pire, l’interface est même moins pratique que ce dernier, et on se retrouve souvent à galérer dans les menus pour changer son équipement ou ne serait-ce que comparer deux items que l’on possède. Pas pratique.

Graphismes : 14/20

Comme souvent avec les RPG japonais à petit budget, le joueur a droit ici au strict minimum : des écrans fixes, des combats sans animation ou presque, ainsi que quelques artworks constituent l’essentiel du jeu. Pas de cinématique flashy à se mettre sous la dent, mais une direction artistique néanmoins assez étonnante, mélangeant un aspect plutôt mignon et une ambiance parfois glauque, digne d’un polar.

Bande-son : 13/20

Les musiques sont agréables sans être inoubliables. On appréciera cependant qu’énormément de dialogues sont doublés, en japonais de surcroît. Un atout plutôt sympathique.

Scénario : 12/20

Etrange mélange entre Persona et un polar, l’histoire reste cependant assez décousue, la force à une difficulté qui pousse au level grinding et à un manque de dialogues liés à l’intrigue.

Durée de vie : 14/20

A condition d’accrocher au level grinding, le jeu s’offre un contenu plutôt chargé, mais assez dirigiste. Dommage, surtout quand l’on voit le nombre d’aller/retour obligatoires dans certains donjons.

Conclusion : 11/20

Sorti bien après Demon Gaze, Operation Abyss semble néanmoins pourtant moins abouti. Si le jeu bénéficie d’un certain soin sur sa forme, il pêche sévèrement par un système de classes qui sent le réchauffé et une interface qui risque de taper sur le système des joueurs les plus patients. Dommage, car l’on sentait un vrai potentiel pour mieux faire.