Consoles-Fan
16/07/2018

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Life Is Strange
Effet papillon
ou effet bidon ?

Le cinquième et dernier chapitre de Life Is Strange est enfin sorti alors, comme dirait les Neg Marrons, on fait l’bilan.

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Sur le plan technique, Life Is Strange est loin d’être parfait. Entre l’affichage tardif de textures en plus haute résolution et les cheveux si rigides des personnages (même quand ils sont dans l’eau) qu’on dirait des Playmobils, il y a de quoi faire si on veut critiquer la réalisation générale. Même le character design est loin d’être fantasmagorique mais d’un autre côté, il faut reconnaître à Life Is Strange une patte artistique qui rend le jeu très contemplatif, une mise en scène maîtrisée, une mélancolie profonde dans le ton et une écriture quasi parfaite. En tous cas, la prise de décision influence véritablement la suite de l’histoire. Vous pouvez ainsi rejouer au jeu et vivre le jeu différemment. Vos choix sont décisifs même s’ils sont peu nombreux au cours d’un chapitre mais c’est déjà mieux que de vous laisser le choix entre manger des chips et des cacahuètes et de voir un personnage vous dire, si vous avez choisi les chips : "non prends quand même une cacahuète." Néanmoins, un fil rouge narratif reste de mise.

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Life Is Strange ne propose rien de bien original dans l’univers des jeux à épisodes si ce n’est qu’il est nettement suppérieur à ce qui existe et ce, sur bien des points. J’ai déjà mentionné l’écriture mais franchement, l’histoire est aussi profonde et émouvante qu’innatendue même si certains passagent sont parfois bien légers. Le jeu monte en puissance d’épisode en épisode pour atteindre un merveilleux climax aussi poignant qu’alambiqué. Dans son fond et dans sa forme, Life Is Strange est complexe, destructuré, accidenté, intemporel (pas mal pour un titre qui s’amuse à jouer avec le temps) et offre au joueur un expérience essentiellement cinématographique, sans grand challenge donc mais rempli de choix cornéliens. J’y ai vu un sérieux hommage à Michel Gondry, en espérant juste ne pas me tromper. En effet, si le travail d’écriture est vraiment fameux, il ne vaut certainement pas tripette devant la mise-en-scène aussi grandiose qu’ingénieuse.

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Le jeu de Dontnod séduit donc sous bien des aspects. Les énigmes liées à la manipulation du temps sont bien trouvées sans être casse-tête. Les musiques du jeu sont soignées et inculquent au jeu une véritable personnalité à fleur de peau, une mélancolie sans pareil.

Si jeu épisodique a mis une petite année à parvenir en entirer jusqu’à nos consoles, l’histoire, elle, ne se déroule que sur une petite semaine de vie dans la ville d’Arcadia Bay : une semaine où tout va basculer. Maxine Caufield est étudiante en photographie. Elle se découvre un pouvoir surnaturel, celui de remonter le temps qu’elle va utiliser allégrement pour résoudre elle-même, accompagnée par son amie Chloé, une enquête mystérieuse qui touche cette petite ville balnéaire.

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Parlons un peu technique puisque la modélisation du titre n’est carrément pas exceptionnelle et la motion capture très robotiques donnent un côté très froid au titre et aux différents protagonistes qui semblent dénués d’émotion la plupart du temps. Cependant, les choix artistiques opérés comme l’apllication d’applats de couleur ou encore la mise-en-scène un peu folle a vraiment de quoi rattraper le côté un peu cheap du titre.

Si le jeu propose différentes voies, Dontnod ne sanctionne pas le joeur qui aura le choix de découvrir par après ce qu’il se serait passé s’il avait opéré d’autres choix et ce, sans devoir recommencer tout le jeu. Les chapitres sont libres d’exploration et ce sera par la même occasion pour le joueur de débloquer les secrets cachés du jeu. Vous pouvez en effet prendre toute une série de photos optionnelles au cours de Life Is Strange afin de débloquer pas mal de succès, pour ceux que ça intéresse.

Afin de ne pas perdre le fil, Life Is Strange se présente comme une série télé avec le petit résumé qui va bien pour démarrer un nouvel épisode. Le journal intime de Maxine (ou Max, c’est selon) est également disponible et consultable. Il se remplit au fur et à mesure des commentaires de la jeune étudiante : un bon résumé de l’histoire.

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Graphismes : 80%
Une modélisation un peu Playmobil : on sent que le budget était limité. En revanche, une direction artistique impeccable. Avec plus de moyen, Dontnod pourra certainement réaliser de grandes choses.

Animation : 74%
La motion capture n’est pas très aboutie et certains sentiments passent difficilement sur les visages trop figés.

Jouabilité : 78%
Le concept est assez basique mais ce système de bifurcation rejouable en remontant le temps est une belle trouvaille.

Bande Son : 92%
Mélancolique, présente : un chef d’oeuvre du genre.

Intérêt : 97%
Life Is Strange se rapproche plus du film interactif que du jeu vidéo mais on ne peut vraiment pas rester indifférent devant le scénario de ce titre et le travail de mise-en-scène qui rend hommage à de grands noms du cinéma.

Note Globale : 91%
Il manque la technique mais pas la forme et certainement pas le fond. Foncez, Life Is Strange est un titre majeur et magistral.


NOTE : 09/10