Consoles-Fan
24/01/2018

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Unravel
Il n’y a que maille qui m’aille
Le boléro d’Unravel

Clockwork Knight et la Saturn. La Saturn et Clockwork Knight. De ce jeu de plate-forme 2,5D, je garde un souvenir ému. Depuis, je suis un fan absolu du genre. Pour moi, il n’y a rien de tel qu’un jeu de plate-forme en 2D millimétré doté d’une superbe réalisation. Unravel a mis le paquet, c’est ce que nous allons découvrir.

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Pas la peine de s’étaler sur la fragilité du titre. Le titre est joli et il touche au coeur, c’est indéniable et ce que que soit votre âge. Les enfants découvriront avec ravissement ce petit personnage laineux. Les gamers avertis tomberont en pamoison devant le niveau de détail de ce jeu doté de textures magnifiques et de très nombreuses animations. Difficile de tout répertorier tant le jeu est riche. En terme d’affichage, c’est également la grande classe.

Tu files un mauvais coton

De plus, le jeu propose de visiter des souvenirs via des photos dans les cadres de la maison d’une vielle dame. Le fil rouge (oui je l’ai fait exprès) est dès lors tout trouvé et permet aux développeurs de sauter d’un univers à l’autre sans rencontrer pour autant une grande cohérence. Notre petite pelote de laine n’a plus qu’à se tricoter un passage sans pour autant rencontrer un grand nombre d’ennemis qui vous donneraient du fil à retordre.

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Unravel peut se définir comme un jeu de plate-forme et réflexion. Il ne s’agira pas d’aller d’un point A vers un point B. En effet, la pelotte de laine se déroule et nécessite d’emprunter des check-points qui vous fait le plein de laine. Et comme ces check-points sont obligatoires, ils ne sont pas toujours situés sur votre chemin et constituent détours et casse-têtes pour les atteindre. Ce fil de laine est une contrainte, certes, mais aussi une aide précieuse car vous pouvez créer des plate-formes, des tremplins qui n’existent pas. Vous pouvez vous accrocher de liane en liane (tiens, un anagramme de laine) et vous pouvez également vous en servir comme poulie si le décor s’y prête. Les possibilités sont inombrables mais le jeu vous laisse vous débrouillr la plupart du temps. Vous devrez donc analyser constemment votre environnement pour comprendre ce qu’il faut faire et le moins que l’on puisse dire est que les challenges sont vraiment variés et composent des stages à chaque fois plutôt longs à visiter.

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Pourtant, il faut bien avouer qu’Unravel ne vous apportera que mélancolique et tristesse : un parti pris pour un jeu calme mais qui finit tout de même par vous miner un peu le moral. Non pas que l’histoire soit envahissante, loin de là, mais surtout parce qu’Unravel se complait même dans une certaine monotonie en tant que jeu vidéo. Le déroulement est lent à cause de son aspect puzzle game et la difficulté réside essentiellement dans l’aspect perfect pixel. Il n’y a pas trop de place à l’à peu près. De ce fait, le joueur peut parfois croire qu’on ne peut pas arriver à grimper sur une plate-forme et qu’il faut trouver une autre solution alors que non, il n’y avait rien d’autre à faire que grimper dessus mais qu’on s’était mal positionné la première fois. De même, si la physique est intéressante, certains objets se retrouvent coincés sans trop savoir pourquoi et deviennent parfois inutilisables. Le joueur pourra reprendre du check point en faisant asseoir notre ami fait de fil rouge mais ce sera toujours sa décision à tord ou à raison. Le jeu ne divulgue jamais la moindre information et n’invite donc pas le joueur à recommencer le puzzle, quitte à le laisser dans l’impasse. Il ne faudrait pas en dévoiler trop !

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L’idée d’Unravel est quand même appréciable car de temps en temps l’endroit à accéder est très accessible mais il faut y aller sans user trop de fil. Parfois il faudra donc revenir en arrière pour détacheter certains noeuds et libérer du lest. Vous pouvez vous rendre compte qu’il ne reste plus beaucoup de fil de libre lorsque celui-ci comporte de petites boulettes et quand le héros est amaigri.

Unravel apporte aussi son lot de satisfaction grâce à une très belle réalisation, je dis bien réalisation, plus que direction artistique, car une fois l’ambiance installée, on est rarement surpris dans Unravel. Les stages sont différents mais se ressemblent beaucoup au final au niveau du style graphique. Mais c’est très beau, il faut bien l’admettre, le studio suédois a fait du bon boulot pour raconter leurs souvenirs d’enfance. Le jeu aborde tout de même en fin de jeu une thématique plus glauque dans un univers de machines mais l’ambiance presque photoréaliste domine quand mêmeet le jeu s’embourbe dans un style graphique finalement peu inspiré même si bien réalisé.

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Le jeu manque parfois de logique et la lisibilité n’est pas toujours probante. Certains objets clé peuvent se trouver en dehors de l’écran et il n’est pas toujours clair que certains objets sont manipulables ou pas. La faute au fait qu’il y a parfois des indices comme des petites étincelles et des fois, il n’y en a pas. Les puzzles peuvent s’avérer parfois aussi tordus de par la présence du fil rouge qui limite vos déplacements mais ça, à la limite, c’est le concept même du jeu, un parti pris.

Unravel reste un bon jeu de plate-forme et de réflexion mais outre les petitsobjets cachés dans les décors, il n’y a pas vraiment d’invitations pour rejouer.

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Graphismes : 92%
C’est très joli, photoréaliste et tout ce qu’on veut mais finalement pas si inspiré que cela. Le personnage principal est attachant mais les décors qui tentent juste d’immiter la réalité ne sont pas une invitation à la rêverie.

Animation : 75%
Parfois un peu douteux en terme de collision, le jeu parvient quand même à proposer une très belle réalisation sans broncher.

Jouabilité : 70%
J’aurais parfois aimé un peu plus de visibilité : il manque un brin de talent pour faire d’Unravel un incontournable.

Bande Son : 70%
Mélancolique quand tu nous tiens.

Intérêt : 82%
Un bon titre mais qui manque un peu de maîtrise sur le plan de la narration et sur le plan de l’ergonomie.

Note Globale : 80%
Y voir une note d’encourragement pour ce petit studio suédois qui a encore beaucoup à apprendre en terme de finition mais qui est pour sûr en très bonne voie.


NOTE : 08/10