Consoles-Fan
22/06/2018

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Far Cry Primal
Que celui qui n’a jamais chassé
lui jette la première pierre (polie)

Il est temps de faire le point avec la série Far Cry qui après un premier bon épisode a connu les abîmes avec le second opus, la gloire avec le troisième dérivé également dans un épisode à télécharger épique Blood Dragons et enfin la confirmation avec le 4ème opus.

01 Mais si le 4ème opus était bon, il a moins surpris que le 3 et le rythme n’a vraiment démarré qu’à la moitié du jeu qui était rappelons-le, gigantesque.

En terme de communication, Ubisoft avait communiqué très tôt sur Far Cry 3 et avait essuyé pas mal de retards de calendrier. La communication sur Far Cry 4 a été plus tardive mais cela n’a pas empêché le jeu de prendre du retard lui aussi, mais largement moins. Avec Far Cry Primal, Ubisoft a préféré communiquer sur le tard. Pas d’E3. Pas de Gamescom. Et pour le coup, on pourrait même dire que contrairement aux autres Far Cry, je n’étais en attente de rien. Enfin si, j’étais curieux de voir ce que donnerait cette ambiance préhistorique. Il n’y a pas tant de jeux que cela qui surfent sur ce genre d’ambiance. Après un changement géographique de taille entre Far Cry 3 et Far Cry 4, place au changement temporel. Et puis sans armes à feu, Far Cry va forcément devoir se renouveler.

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Jusqu’à présent, dans Far Cry, on découvre un gros méchant un peu dingue en début de partie. On se retrouve un peu lâché tout seul dans la nature à devoir apprendre à chasser. Ces phases avec un système de vision de chasseur qui permet de repérer les indices, les objets utiles ou les animaux ne sont pas sans rappeler les techniques de chasse de Lara Croft ou tout simplement la vision d’aigle d’Assassins Creed : après tout, c’est Ubisoft Montréal qui est aux commandes. Et cette vision est nécessaire tant le je utilise les couleurs de la nature sans jamais proposer de contrastes criards. Les animaux sont naturellement camouflés dans leur habitat naturel. Il n’y a donc plus de radio en toute logique. Seuls les bruitages du jeu subsistent.

Et naturel est sans doute le mot qui colle le mieux au jeu. En effet, cela change pas mal de chose puisqu’il n’est plus question ici de voir de routes tracées par l’homme. Cette fois-ci, on fait du hors-piste de A à Z et les développeurs se sont quand même dit qu’il allait falloir un peu nous aider en ciblant les objectifs mais aussi en laissant quelques pointillés derrière nos pas sur le radar histoire de ne pas se retrouver à tourner en rond.

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Une fois le tutorial très linéaire passé, on nous lâche enfin dans une carte immense dans le pur style de Far Cry. Ce n’est pas la seule similitude : on retrouve la vue à la première personne, les glissades... Dans l’ensemble, c’est le même gameplay également pour ceuillir des plantes, dépecer des animaux. On retrouve même le système de déplacement rapide de village à village. On retrouve vite ses marques mais les règles ont changé. Les camps par exemple existent toujours mais ils sont clairement moins élaborés qu’avant. Il suffit de tuer les ennemis et d’allumer un bûcher pour qu’ils deviennent votre territoire. Ce sont aussi des points de déplacement rapide, des lieux de toute quiétude.

Avec le choix des armes à votre disposition, vous pouvez vous la jouer bourrin ou utilisez en toute discrétion votre arc à flèches si vous préférez l’infiltration. A chacun sa méthode.

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Les déplacements sont plus lents et acidentés face à a réalité du relief : il y a un côté authentique indéniable : fini les GPS ! De même, vous serez constemment sur les nerfs, tour à tour chasseur et chassé. Je peux vous dire que lorsque vous avez un mammouth qui vous court après, vous vous sentez petit, tout petit. Ohlalala le mammouth, il va m’attraper ? Non ? Vite sur ce rocher. Attention, le mammouth arrive. Planquez-vous ! Les sensations sont vraiment excellentes : ce Far Cry est un vrai survival. Manque l’horreur. Peut-être pour la prochaine fois. Cela s’y prêterait en tous cas très bien.

En revanche, tout se fait au détriment de l’histoire car si le synopsis est très bon, équilibré, jouissif, avec de vrais challenges, de vraies conquêtes, le scénario est clairement en retrait. D’ailleurs certaines vidéos tombent plutôt mal. Imaginons que vous débloquiez un personnage fort tard alors que vous êtes bien avancé dans l’histoire, il va tout simplement vous proposer de faire des choses qui ont déjà été réalisées. Bof, bof... Et puis les hommes préhistoriques, ça ne raconte rien d’intéressant. Au pire, on découvre un peu (et parfois de manière humoristique) le genre humain. Notons tout de même l’effort d’avoir créé un langage (sous-titré heureusement) pour l’occasion. Je ne sais pas si cela a été fait exprès mais entendre parler un homme des cavernes avec un accent très british était truculent.

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La conquête des territoires se fait en reprenant des avant-postes, des bûchers qu’il faut allumer en prenant bien soin de tuer tout le monde. Il faudra aussi éliminer les chefs des autres tribus. Cette fois-ci, il n’y a pas qu’un seul méchant qu’il faut destituer ! Et pour y arriver, vous pourrez apprivoiser des animaux qui vous aideront à accomplir votre tâche, à surveiller vos arrières lorsque vous êtes débordé mais ce fidèle allié doit être surveillé et soigné : la relation est totalement win-win. Parfois, votre bête se nourrit aussi elle-même. Vous disposez également d’un drône préhistorique : une chouette, qui est capable de marquer des ennemis mais aussi les attaquer ou créer la zizanie dans un village en larguant des nids de guêpe.

Si la chasse a été un élément important dans bien des Far Cry, il représente un élément majeur dans ce épisode. Certains animaux sont craintifs, d’autres belliqueux, mais une fois blessés, ils s’enfuient et meurent généralement un peu plus loin. Vous pouvez les retrouver en suivant les traces de sang. Tout a vraiment été bien pensé dans ce Far Cry pour vous mettre dans les conditions de survie. La cueillette est très importante car elle alimente vos munitions avec le bois où elle permet de ressuciter vos bêtes apprivoisées. En effet, vous devrez consommer pas mal de plantes rouges à chaque fois. En bref, on se déplace, on cueille, on chasse, on s’enfuit, on s’infiltre, on se prépare, on combat, on enflamme ses armes, on imrpoviser un feu de camp pour se réchauffer, on enflamme des villages entier pour créer la panique : il y a toujours quelque chose à faire, à chaque instant, on est jamais tranquille.

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Le feu est également un bel élément clé car il peut-être utilisé comme une arme en enflammant des huttes ou en créant des feux de forêt, comme source de châleur ou comme moyen d’éclairage. Parfois, vous découvrirez des trésors cachés derrières des éléments enflammables. Pour allumer vos armes, vous avez besoin de graisse animale et bien entendu, un gourdin, une flèche ou une sagaie finit toujours par se consumer. Bref, tout est consommable et jeter un oeil sur vos stocks avant de lancer un assaut est vital. Et si vous tombez dans l’eau ou si vous passez sous un cascade, votre feu s’éteindra et il faudra à nouveau consommer un peu de graisse animale.

L’interface de Far Cry est parfaitement maîtrisée et les informations contextuelles arrivent à point nommé. On comprend dès lors très rapidement ce qu’il faut faire : le jeu ne nous laisse pas errer et c’est une bonne chose puisque tous les déplacements se font à pied. On pourra néanmoins monter sur le dos de petits mammouths, ce qui n’est pas sans nous rappeler l’expérience des éléphants de Far Cry 4.

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Far Cry Primal offre une très belle expérience de jeu, à la fois similaire et pourtant très différente en terme de règles. Si Far Cry 4 a été un peu critiqué comme étant un Far Cry 3.5, ce Far Cry apporte assez de différences, cette fois-ci, que pour parler d’un véritable travail de fond. De plus, les challenges sont très variés, vous proposant tour à tour des affrontements bourrins, ou d’autres nécessitant uniquement l’arc-à-flèche pour certaines phases de jeu, ou d’autres vous demandent d’affronter des ennemis plus faibles mais en très grand nombre. J’essaie de rester vague pour ne pas vous spoiler mais avec Far Cry Primal, vous avez la certitude de passer beaucoup de bon temps dans une aire de jeu aussi hostile que diversifiée.

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Graphismes : 93%
Même si tout n’est que montagne forêt et nature, les environnements à visiter sont colorés de manière très variée. Les développeurs se sont clairement inspirées des couleurs pastelles du printemps, du chatoiement estival, des rousseurs de l’automne et de la froideur de l’hiver. On dit merci au passage au changement de luminosité très réussi.

Animation : 80%
30 FPS et stable sauf à un seul moment du jeu où je me suis pris un gros "freeze" dans la figure sans même comprendre pourquoi.

Jouabilité : 91%
Le gameplay classique de Far Cry au service de nouvelles règles. Un grans bravo pour la clarté de l’interface et le système d’information contextuel qui s’est largement amélioré par rapport aux anciens épisodes.

Bande Son : 90%
Un monde presque sans musique (on aura tout de même droit à quelques orceaux tribaux). Les bruitages sont un éléments prépondérant et bien stressant au contact des bêtes sauvages. Enfin, il faut noter qu’une langue originale conçue pour le titre apporte une certaine authenticité.

Intérêt : 97%
Une carte plus menue à visiter mais vous êtes à pied et livré à vous-même. De fait, vous devrez mieux analyser les reliefs lors de vos déplacements. Cette diminution n’est en tous cas pas un mauvais point même si dans la pratique, Ubisoft a pu réaliser de belles économies en terme de développement. Mais dans les faits, on obtient un monde bien plus dense. Il y a toujours quelque chose à faire, à chaque instant, même quand on est pas en mission, il faut penser à la chasse et à la cueillette : zéro ennui !

Note Globale : 94%
On n’avait pas vu venir Far Cry Primal, un titre discret qui n’a pas connu les grands rendez-vous de l’année comme l’E3 ou la Gamescom : un titre sur lequel Ubisoft a fort peu communiqué sans doute à cause de la réelle prise de risque. Un manque de confiance en interne sur la valeur du titre ? Il faut dire que l’exercice était périlleux car Far Cry Primal ne s’apprécie pas à sa juste valeur en 30 minutes et peut même être déroutant au tout début. Il aurait sans doute été un peu dangereux de présenter le titre d’une manière habituelle aux journalistes qui auraient pu se méprendre sur ce titre qui construit ses fondations avec temps et panache. Clairement, Far Cry Primal était un pari. C’était quitte ou double et ici, c’est plutôt double.


NOTE : 09/10