Consoles-Fan
19/08/2017

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Layers of Fear
Du survival horror
d’auteur

Au moment où j’écris ces lignes, j’en suis au tout début de l’aventure. C’est vraiment le premier contact avec le jeu. Et si j’écris déjà, ce n’est pas pour venir avc des bonnes nouvelles. En fait, je suis plutôt furieux. Pas déçu car je n’attendais pas grand chose du titre. Mais furieux de voir qu’il est possible, à l’heure actuelle, de sortir en 2016 un jeu aussi peu fluide que ça en fait mal aux yeux. De nos jours, un jeu fermé comme cela, on espère du 60 FPS. On se dit que du 30, c’est dommage, mais voilà, ça peut arriver. Après tout le jeu est joli et détaillé. Mais là, je ne sais même pas si on a 15 images par seconde. Ca doit bien chuter à du 10. Pas toujours. Tant qu’on ne sollicite pas trop la caméra. Cela va. Mais si on commence à effectuer des rotations, c’est vraiment laid. Si laid qu’en regardant le carrelage fait d’hexagones blancs et de petits carrés noirs, j’ai l’impression à voir un kaleïdoscope, la faute à un effet d’optique généré par le framerate houleux.

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Tout cela est bien dommage car il faut bien avouer que le jeu a un certain cachet à la Resident Evil. C’est glauque à souhait avec toutes ces tapisseries, cette ambiance de vielle mansarde, ces armoires en chêne et ces autres portraits improbables, ces musiques avec les voix qui font "ouh ouh ouh" de manière aussi douce que mystérieuse. Ma copine a démarré l’aspirateur juste à côté de moi pendant que je jouais. J’ai sursauté. Voilà. Ce jeu fout les nerfs à vif même si les ficelles utilisées sont très connues. Mais voilà, le tourne-disque qui démarre sans prévenir, le rat qui se faufile sous votre nez, cela marche toujours aussi bien.

En terme de gameplay, on peut aussi râler devant des mécaniques aussi vieilles qui font très PC. En gros, vous avez un point blanc au milieu de l’écran qui symbolise ce que vous visez. Vous placez le point sur une poignée. Vous la saisissez avec la gachette R et vous effectuez le mouvement d’ouverture avec l’analogique. Mouais. Bof. Je suis pas fan. J’aime les gameplays contextuels voyez-vous. Nul besoin de faire le "Konami code" pour saisir un objet... Je comprends néanmoins le choix qui est plus immersif mais je ne le cautionne pas. Ici, c’est compliqué pour faire compliqué.

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Toutefois, tout n’est pas compliqué dans ce jeu dont le principal mot d’ordre est de progresser de pièce en pièce et de fouiller partout en subissant parfois des petits coups de stress que les programmeurs nous ont concocté. On ne devra pas vraiment résoudre d’énigmes dans cette histoire qui va user les thèmes du film d’horreur classique jusqu’à la corde. Ainsi, dans une chambre d’enfant, on trouvera un petit carousel boîte à musique : mais nooooooooon on a jamais vu ça dis !

Je charrie, je charrie, mais en attendant, on est pas trop à son aise dans ce titre qui se déroule à la première personne, renforçant au passage l’immersion. Le jeu que l’on subit littéralement commence à faire son petit effet et pour être honnête, on se retrouve un petit peu dans le même genre d’expérience que P.T. mais bien évidemment en plus développé. La tension est là et les effets de surprise se multiplient et finissent par kidnapper le cerveau du joueur mal embarqué dans l’aventure. J’en finis même par ne plus trop penser au framerate douteux. Il faut dire qu’en mode test, c’est scandaleux. Je vous l’ai dit. Mais dans la pratique, on ne tourne pas sa caméra dans tous les sens et à part quelques phases d’eploration ou quelques mouvements brusques, cela se passe bien, même si cela reste honteux dans l’absolu.

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Mais la visite se passe au final plutôt bien, on découvre une expérience très psychotique qui nous relate la vie d’un peintre dans les décors inquiétants comparables au Phantom Manor de Disney. C’est d’ailleurs un peu l’impression qui l’en ressort. On se croirait en visite dans un manoir de fête foraine. Un manoir deluxe avec des effets spéciaux somptueux, pas des guignols en plastique. Mais il y a aussi de belles pointes de fantastique et de mystérieux avec des configurations de pièces qui changent, des portes qui se referment à clé derrière-vous. Le jeu utilise pas mal d’illusions d’optique et profite du fait que vous ayez le dos tourné pour modifier la déco, faire disparaître un mur, une porte ou révéler de nouvelles issues. Vous êtes libre d’aller où vous voulez mais vous êtes prisonnier car finalement la maison se joue de vous et dirige vos pas en libérant les accès qui l’arrangent et en refermant certains passages derrière vous quand elle ne décide pas de tout simplement modifier les plans de la maison à votre insu.

Oeuvre remarquable et remarque, Layers of Fear est plus une expérience sensorielle qu’un jeu vidéo, une promenade dans le palais des horreurs, un récit fantastique à la Edgard Poe. Si les graphismes sont plutôt travaillés et qu’il y a pas mal de suite dans les idées, on ne peut que regretter la fluidité du titre vraiment pas à la hauteur du reste.

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Graphismes : 87
Un style très réaliste avec une vraie recherche esthétique, un direction artistique travaillée.

Animation : 35%
Franchement dégueulasse. A la moindre rotation de caméra, c’est inadmissible. Un conseil, marchez droit...

Jouabilité : 70%
Le titre se limite à des déplacements, puis, il faut juste fouiller des décors, ouvrir des armoires...

Bande Son : 94%
Une excellente ambiance bien pesante.

Intérêt : 92%
Art et enfance au coeur d’un logiciel horrifique, perturbé et digne de la littérature fantastique.

Note Globale : 82%
Une vraie réussite sur le plan artistique et dans l’écriture, en revanche, le jeu n’est pas fluide, vraiment à la ramasse, sans que l’on comprenne pourquoi même si le jeu est très plaisant graphiquement.


NOTE : 08/10