Consoles-Fan
19/01/2018

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This War of Mine - The Little Ones
La guerre...
..c’est moche.

Si les jeux nous proposant de "vivre la guerre" consistent bien souvent à nous faire incarner des soldats héroïques, qui affrontent sur le champ de bataille des opresseurs impitoyables, force est de constater que l’on ne voit que rarement la partie plus "moche", plus "réelle" de la guerre : celle des civils, pris entre les tirs et les bombes. This War of Mine compte bien rectifier cela, en nous mettant face à la dure réalité d’un conflit moderne.

This War of Mine nous propose donc d’essayer de survivre dans un pays d’Europe de l’Est en plein conflit d’indépendance, entre d’un côté le gouvernement, et de l’autre des rebelles qui ne souhaitent que "libérer" leur patrie d’un opresseur. Chaque camp étant convaincu du bien-fondé de ses actions, les villes se retrouvent prises dans les conflits, et vous incarnerez donc un petit groupe de survivants (trois, dans l’aventure par défaut proposée). Réfugiés dans une maison en partie en ruine, il faudra donc improviser de quoi tenir durant l’état de siège dans lequel la ville se trouve. Si nourriture et eaux manqueront très vite, il faudra aussi s’apprêter à faire face à l’hiver, mais aussi trouver un moyen d’améliorer le confort de vie en construisant lits, ateliers et autres installations permettant d’augmenter vos chances de survies.

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Le rythme de jeu est de fait très répétitif, monotone : vous disposez de la journée pour améliorer votre refuge en déblayant les débris afin de pouvoir fouiller et d’améliorer l’ensemble des pièces. La journée sera aussi l’occasion de manger et récolter eau et plantations (si vous parvenez à vous cultiver un petit jardin). Une fois la nuit venue, il faudra alors s’organiser : il est possible de dormir, mmonter la garde, ou d’aller en exploration. Chaque rôle est important : se reposer est vital pour ne pas mourir d’épuisement. D’un autre côté, sans partir en exploration, vous ne récolterez pas grand-chose. De même, il sera nécessaire de monter la garde (de préférence armée) afin d’éviter de désagréables visites de pillards qui n’hésiteront pas à tabasser vos survivants pour leur voler un peu de nourriture et d’eau. Ces affrontements nocturnes se faisant de manière automatique, ne comptez pas sur vos talents manettes en main pour éliminer les gêneurs.

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Côté exploration, le jeu se veut également rude et réaliste : le champ de vision est très limité, et il faudra donc avancer prudemment pour ne pas se mettre à dos les occupants de chaque lieu. Certains tirent à vue, d’autres ne veulent juste pas avoir de problèmes, ou ont même parfois besoin d’aide. A vous d’aborder chaque situation de manière adéquate, l’infiltration étant bien souvent recommandée. En effet, vous commencerez avec seulement vos poings en guise d’armes alors que certains de vos voisins disposent d’armes à feu ! Il faudra donc progresser prudemment, en observant le volume sonore que vous produisez lors de vos déplacements et actions (ceux-ci sont symbolisés par un cercle pour estimer la portée à laquelle vous risquez d’être entendu). Il est également possible d’observer les pièces à travers les serrures, mais aussi de repérer de possibles personnes par les bruits qu’ils produisent (les sont provenant d’autres sources que votre personnage étant symbolisés par des cercles rouges).

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Le but de ces allers et venus sera bien évidemment de récolter autant de matériaux que possibles afin de pouvoir améliorer votre confort de vie : après avoir construit un atelier, il vous sera en effet possible de fabriquer un poële, un récolteur d’eau, des lits, des chaises, et bien d’autres commodités. Rien de bien luxueux, mais au moins de quoi rendre la vie supportable pour votre équipe. Evidemment, le jeu pousse au die’n’retry dans la mesure où il sera très, TRES difficile de faire les bons choix et de récolter les objets judicieusement dès le premier essai : on se retrouve rapidement à tâtonner, à essayer de son mieux de faire tenir sa petite équipe, mais le jeu ne prend certainement pas le joueur par la main : à vous de découvrir comment faire l’essentiel des actions possibles, en vous servant de vos trois héros.

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Si le jeu propose par défaut une équipe de trois personnes assez complémentaires, il faut toutefois noter que la répétition d’une partie sur l’autre peut s’éviter grâce à un mode personalisable : en plus de pouvoir régler plusieurs paramètres de difficultés, il est aussi possible par ce biais de choisir les lieux à explorer et les personnages qui composeront votre équipe. A noter que l’édition Xbox One inclut d’office l’extension "The Little Ones", qui apporte au jeu la possibilité d’intégrer des enfants à l’équipe. Plus petits, discrets et rapides, ceux-ci sont néanmoins encore plus fragiles et nécessiteront une attention de tous les instants.

Graphismes : 15/20

Le jeu n’est pas renversant graphiquement. Terne, gris et froid, la note paraît injustifiée et pourtant...en adoptant cette vue assez distante, ces couleurs totalement fades, et une ambiance aussi sinistre, le soft nous plonge dans la dure réalité de la guerre. Les effets de flous pour limiter le champ de vision sont plutôt bien pensés.

Gameplay : 16/20

Difficile et presque dénué de tutoriels, le jeu s’avère compliqué au premier abord, malgré des commandes et actions basiques au final. La gestion de la survie s’avère également complexe, avec l’absence quasi-totale d’indicateurs, les seules informations sur l’état de nos ’héros’ étant uniquement donnée sous forme textuelle.

Bande-Son : 13/20

Les quelques musiques sont lugubres, dans le ton. Pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent dans ce domaine, même si les explorations s’avèrent opressante grâce aux effets sonores, qui peuvent vite rendre paranoïaque quand on s’aventure dans une zone que l’on sait dangereuse.

Scénario : 17/20

Plus que l’histoire, c’est l’ambiance entière que récompense cette note : on est laissés dans un flou complet quant au lieu où se déroulent la guerre, ou même l’avancement de celle-ci. Le seul moyen d’en apprendre plus est d’écouter les messages de propagandes à la radio, de trouver des tracts dans les maisons abandonnées...on se retrouve bel et bien dans une zone de guerre, où les informations contradictoires sont légions. Ajoutez à cela des rencontres assez poignantes, d’autres très dangereuses, et vous obtenez un jeu étonamment riche alors qu’il est quasiment dénué de narration ou de dialogues.

Durée de vie : 16/20

Entre son mode principal et la possibilité de bidouiller de nombreux paramètres (survivants à diriger, lieux explorables, rigueur de l’hiver, hostilité des NPCs...), This war of Mine s’offre un contenu conséquent. L’occasion de faire plusieurs parties pour trouver quel est LE meilleur moyen de survivre.

Conclusion : 16/20

Froid et cruel, This War of Mine offre au joueur une vision dérangeante de la guerre. Dérangeante, car terriblement réaliste : on suit ici un groupe restreint de réfugiés, qui essaient tant bien que mal de survivre dans un monde où le conflit transforme chaque rencontre en risques d’affrontements pour grapiller de quoi voir est fait demain...et c’est bien ce qu’on attendait de lui.


NOTE : 08/10