Consoles-Fan
22/04/2018

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unEpic
Castlevania...
...vu par un geek.

Epique. C’est souvent comme ça que l’on pourrait décrire la mythique série Castlevania : prenez le comte Dracula en personne comme adversaire, un château gothique et obscur, et un héros bien souvent ténébreux et décidé à en découdre avec un ennemi immortel et suceur de sang. Et si on cassait le mythe et que l’on nous mettait aux commandes d’un héros qui n’a rien à faire là ? C’est ce que nous propose unEpic.

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unEpic prend place dans notre monde moderne : le "héros" ici est un geek, en pleine partie de Jeu de Rôle avec sa bande d’amis. Alors qu’il a une envie pressante, il file aux toilettes...et se retrouve plongé dans l’obscurité d’un château de dark fantasy aussitôt. Pas vraiment d’explications à cela, et c’est pourquoi notre personnage est convaincu que cette étrange aventure n’est qu’un rêve. Ce postulat improbable est donc l’occasion de diriger un anti-héros qui n’a rien à faire là dans un château semblant tout droit sortir de Castlevania.

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L’aventure frappe tout de suite par sa réalisation : le jeu semble coincé entre le 8-Bit et le 16-Bit. Ne vous attendez donc pas à mettre votre Xbox One à rude épreuve avec ce jeu indé, le but ici est bien de rendre hommage aux Metroidvania 2D qui ont complètement disparu chez les gros éditeurs. Il s’agira donc de ramasser tout ce que vous pourrez, pourfendre du monstre à tout va pour récolter expériences et butin tout en vous déplaçant à la manière d’un platformer 2D. Le tout TRES old school. Entre des dégâts par coups reçus TRES élevé, et un prise en main aussi rigide que sur Nintendo NES (ne vous attendez pas à pouvoir faire demi-tour en plein saut et ne cherchez pas un bouton d’esquive : il n’y en a pas).

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Là où le jeu se démarque de ses modèles c’est donc bien par ses dialogues saugrenus : si la quête principale est déjà l’occasion d’entendre bien des débilités liées à la culture geek, les personnages secondaires, eux, sont totalement déjantés. Et il ne faudra pas être surpris de voir l’Amiral Ackbar vous crier que la dalle de pression droit devant ? "IT’S A TRAP !". Le jeu assume pleinement son second degré, ce qui casse toute tentative de sérieux de la part de l’esprit qui vous accompagne, seule personne visiblement saine d’esprit dans tout ce château (vous inclus).

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Il ne faut néanmoins pas se laisser leurer par le ton léger ou les graphismes datés : unEpic est un robuste Metroidvania. Passages secrets, skills, système de magie basé sur la collecte d’éléments d’alchimie, quêtes annexes..le contenu du jeu s’avère plus riche que celui de certains de ses modèles. A cela s’ajoute des ennemis et des boss très punitifs dont il faudra apprendre les patterns pour éviter de se faire atomiser en quelques coups. D’autant plus que la pause pour accéder à l’inventaire n’existe pas. Certes, vous disposez au total de 12 raccourcis, mais même se soigner prendra du temps puisqu’il faudra boire la potion de soins, vous rendant immobile et vulnérable pendant quelques secondes. Old school et difficulté vont souvent de paire...même quand le ton est lége

Graphismes : 12/20

Difficile de traiter durement un jeu qui se veut être un hommage à la grande époque des Metroidvania. Néanmoins, le rendu global de unEpic est clairement en-dessous de ses références. Certes, il a un bestiaire réussi par moments, mais le jeu transpire quand même la paresse sur ce point, tout comme pour les animations.

Durée de vie : 16/20

unEpic se dote d’un château assez impressionnant, auquel s’ajoute de nombreuses quêtes annexes et défis. Résultat, on est dans la moyenne haute des Castlevania. Plutôt du bon boulot de ce côté-là.

Gameplay : 15/20

Si vous aimé les metroidvania à challenge, vous serez servis : avec un gameplay assez rigide, et une difficulté plus proche de Dark Souls que de Castlevania, le titre se permet quelques originalités en termes de mécaniques, notamment pour l’utilisation des sorts et skills. Au final, on se retrouve avec une prise en main exigeante, des bosses impitoyables, et un stress omniprésent tant les erreurs sont punitives en dégâts.

Scénario : 16/20

Vous partez aux toilettes en pleine campagne de JdR papier...et vous atterissez dans un château millénaire et maudit aux commandes d’un personnage qui ne jure que par la culture geek. Si le second degré ne vous rebute pas, le jeu devrait vous plaire énormément.

Bande-son : 14/20

Pour un jeu indépendant, le titre offre un double anglais intégral, auquel s’ajoutent quelques thèmes réussis. La bande-son ne vaut pas celle de ses ancêtres et modèles, mais la qualité reste néanmoins au rendez-vous.

Conclusion : 15/20

Difficile, drôle, et clairement dans l’hommage à la culture geek et aux Metroidvania 2D, unEpic détourne les codes pour offrir aux nostalgiques une aventure que l’on n’aurait pas été surpris de trouver sur NES/SNES si celle-ci ne faisait pas une telle place à l’auto-dérision et aux clins d’oeil. Si la copie reste perfectible et que le genre a (heureusement) su évoluer depuis cette époque pour réduire sa rigidité, le résultat n’en demeure pas moins fidèle à l’origine tout en y apportant un nouveau souffle. A réserver néanmoins à ceux n’ayant pas peur d’un challenge ou de graphismes parfois rebutant.


NOTE : 07/10