Consoles-Fan
22/10/2018

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No Man’s Sky
Faut-il avoir peur
du vide ?

A l’heure où j’écris ces lignes. Je viens de glisser la galette de No Man’s Sky dans ma PS4. Pas sans appréhension. Le loading est très très long (quelques minutes) mais il faut bien l’accepter, vu la taille du jeu promise. C’est un concept, avec des temps d’accès bien nécessaires. Le niveau d’attente est très haut, la faute aux développeurs qui ont promis monts et merveilles. Qu’en est-il au final ?

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Tout d’abord, je voudrais te prévenir, cher lecteur, que No Man’s Sky ne m’attirait pas du tout, la faute à des couleurs qui juraient ensemble. Je trouvais ce jeu, tout sauf esthétique. La palette de couleurs n’était pas laide en soit. C’est juste leurs combinaisons qui me déchiraient la rétine dans le mauvais sens du terme.

Si vous avez eu le même ressenti que moi, il faut vraiment être rassuré sur ce sujet tant un effort de bon goût a été apporté. C’est un peu comme si quelqu’un dans l’équipe s’était réveillé et avait scandé auprès de toute l’équipe de développement que le résultat à l’écran était épouvantable, voire dégueulasse. Au final, il n’en est rien : on peut pousser un grand ouf de soulagement, les choix sont harmonieux pour ne pas dire réalistes car on nage évidemment en pleine science-fiction avec une faune et une flore improbable mais crédible.

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Seul défaut majeur du titre qui reste en suspens, c’est la réalisation. Les textures sont assez crades et l’aliasing omniprésent : gênant pour un titre qui aspire à la contemplation. Et pourtant, le jeu regorde de beauté avec ses structures complexes, ses horizons accidentés, ses monuments naturels, ses grottes, falaises, crevasses à explorer. Elles sont souvent synonymes de richesses à découvrir car si l’univers est généré aléatoirement, il n’est pas géré de façon idiote. C’est ce qui scotche le joueur à l’écran. Celui-ci sait que le level design est alléatoire mais pourtant il est accrocheur et certainement pas fadasse. L’exploration est gratifiante. Les développeurs sont tellement forts qu’on est satisfait de rencontrer de nouvelles espèces alors que dans un jeu classique, la découverte de nouvelles choses n’est généralement pas tintée d’excitation. C’est du génie.

Tiens ? Mais qu’est-ce que c’est que ce truc là-bas ?

L’affichage lointain est une invitation à la visite, pour un peu que vous soyez curieux. D’ailleurs, on se rend compte de notre petitesse en partageant des screenshots avec des amis tant les univers n’ont juste rien avoir en terme de couleur, de faune, de flore. On peut démarrer une partie avec quelque chose qui ne nous convient pas du tout puis découvrir des choses merveilleuses. Et inversemment.

Le jeu a un petit côté Far Cry avec son système de récupération de ressources qui vous alimentent en munition, restaurent votre système de survie, réparent votre vaisseau... Le jeu vous laisse un peu patauger dans la mélasse en guise de tutorial : une chose est sûre, vous allez mourir pour apprendre à ce qu’il faut faire mais aussi ce qu’il ne faut pas faire. L’ensemble peut paraître déroutant mais il n’est pas démotivant pour autant.

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Le jeu montre pourtant vite ses limites en terme de mécanique de jeu. Une fois le premier bluff passé, on se retrouve avec des éléments copiés-collés car malgré tout, dans tout ce random, il y a des éléments immuables qui créent d’abord la surprise de par la qualité créative de leur modélisation avant de susciter au final l’ennui. Néanmoins, le jeu enchaîne inlassablement les missions et il reste toujours un côté mystérieux suffisant pour nous rendre curieux.

L’aspect pionnier, découvreur, y est pour beaucoup. Aussi, peut-on se demander comment cela se fait qu’on soit le premier à découvrir une planète alors qu’il y a non loin de là une station spatiale et parfois même des vaisseaux dans son atmosphère. Ces gens sont-ils aveugles ? N’ont-ils pas des télescopes ? Le mystère reste entier.

Il n’y a pas de héros dans ce jeu, juste un voyageur parmi tant d’autres mais qui ne se croisent au final jamais. On visite, on s’ennuie aussi dans un univers dans lequel nous ne sommes qu’un pion ridicule dont il n’a que faire. Vos seuls interlocuteurs seront des créatures extra-terrestres qui parlent leur propre langage mais qu’il vous sera possible d’apprendre. Cette immensité donne le vertige et finit par désabuser.

Avouons-le, No Man’s Sky fascine de par son concept de création procédurale de tout un univers composé de 18.446.744.073.709.551.616 planètes dixit son créateur. A titre de comparaison, un homme de 80 ans aura vécu environ 2.522.880.000 secondes dans sa vie. La prouesse est donc totalement inutile, c’est de la masturbation intellectuelle, mais c’est visiblement un argument marketing. Mais passé le concept mirobolant et, certes, réussi, il manque un gameplay accrocheur une fois la fascination passée. No Man’s Sky est un beau projet "research and developement" mais un jeu vidéo assez pauvre au final. The sky is the limit : dommage pour un jeu galactique.

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Graphismes : 74%
Pas vraiment superbes mais la nouvelle palette de couleurs sauve vraiment la mise à No Man Sky qui a au moins le mérite d’être un titre où l’on aime découvrir de nouveaux territoires.

Animation : 80%
Très honnête pour ce type de jeu.

Jouabilité : 65%
Des menus trop fouillis et des commandes pas trop intuitives.

Bande Son : 75%
Une ambiance assez mélancolique.

Intérêt : 70%
Un logiciel intéressant mais un jeu vidéo limité d’autant que beaucoup de promesses n’ont pas été tenues que ce soit en terme de réalisation ou en terme d’évolution de l’écosystème et de l’impact de notre passage sur une planète. Ne parlons même pas de l’aspect multijoueur passé à la trappe.

Note Globale : 73%
No Man’s Sky va diviser et c’est tout à fait normal. Ce non-jeu (parce qu’il n’y a rien à faire ou presque) m’a finalement intéressé pour son concept ovni. Ca s’est joué sur le fil car il y a peu le titre me rebutait vraiment. Finalement, le contact s’est plutôt bien passé.


NOTE : 07/10