Consoles-Fan
18/07/2018

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Prison Architect
Des détenus mécontents et pas de gardes.
Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Bienvenue en taule. Ou presque : Prison Architect reprend le concept de Prison Tycoon en nous mettant dans la peau non pas d’un détenu, mais dans celle de directeur d’une prison américaine. Un jeu de gestion pour le moins original, où l’on devra gérer un milieu carcéral d’aspect mignon et pourtant si violent et sanglant...

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Prison Architect ne paie pas de mine au premier abord : vu de dessus, l’ensemble paraît très schématisé : les détenus et gardes sont des petits bonhommes dessinés, les salles se distinguent surtout par leur mobilier ou leur taille. Et pourtant, le jeu s’avère rapidement exigeant : il vous faudra veiller au bien-être des prisonniers, des gardes, et à la sécurité de tous. Ce qui s’avèrera rapidement tendu vu qu’il faudra jongler entre un budget qu’il faudra à tout prix préserver au mieux tout en s’assurant que tout le monde soit content.

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Bonne idée de prise en main, les "Stories" permet de découvrir la gestion en prenant peu à peu les commandes sans vous lancer directement dans le grand bain. Ces stories sont surtout l’occasion de découvrir que le jeu est étonnament plus mature qu’il n’en avait l’air au premier abord. On y parle d’adultère, de meurtres passionnels, et de trahisons mafieuses qui se résolvent dans le sang, ’photographies’ (comprendre des dessins plutôt détaillés et explicites) à l’appui. On se retrouve à construire une chambre d’exécution pour mettre à mort un homme qui a tué l’amant de sa femme, à réparer les dégâts d’un incendie qui ont laissé le parrain de la mafia dans le coma...

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Résultat, on se retrouve au final dans une étrange position, plutôt réaliste : même si l’on a l’impression que les détenus et employés ne sont que des pions dans un grand échiquier, chacun semble avoir une histoire plutôt glauque. Tout n’est pourtant pas morose : en plus de pouvoir améliorer le confort des détenus, vous pouvez également mettre en place programmes de réhabilitation et autres initiatives pour préparer vos détenus à leur sortie de taule.

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Malheureusement, si les possibilités sont vastes, il faut bien avouer que la manette n’est clairement pas adaptée à un jeu de gestion : les menus sont peu intuitifs, et complexes à naviguer. On se retrouve à chercher tout et l’on a énormément de mal à s’habituer au fait de construire les murs, puis définir l’utilité de la salle, trouver les meubles requis...bref, on perd du temps, et c’est dommage. On repassera également pour la partie graphique : certes, on parle ici d’un jeu indépendant, mais le jeu aurait pu tourner en browser avec Flash il y a quelques années que ça n’aurait pas été choquant...

Graphismes : 12/20

Etrangement, le concept détonne : devoir gérer une prison représentée de manière aussi simpliste et enfantine permet de se détâcher de la réalité...jusqu’à ce qu’elle nous soit ramenée en pleine figures par les "photographies" décrivant les incidents et scènes du quotidien. En revanche, la lisibilité de l’ensemble n’est pas forcément toujours optimale, notamment quand il s’agit de construire de nouveaux bâtiments ou gérer des zones remplies de personnages et d’objets.

Gameplay : 14/20

Gérer une prison est un exercice original. Le jeu s’en tire plutôt bien en proposant un large panel de possibilités et d’actions, ainsi que d’aspects optionnels et bien trop souvent oublié des prisons (réhabilitation des détenus, gestion des tensions entre prisonniers ou vis-à-vis du personnel...). Carton rouge en revanche à l’interface de construction plutôt contre-intuitive et vraiment pas évident à maîtriser convenablement.

Bande-son : 12/20

Plutôt limitées, les musiques sont cependant agréables et discrètes. Pas de doublage en revanche, pas même pour les petites scénettes des histoires de détenus. Dommage.

Durée de vie : 14/20

Comme d’habitude avec les jeux de gestion, il faudra voir essentiellement si vous accrochez au concept et souhaitez triturer le jeu dans tous les sens. Prison Architect offre pour cela un assez vaste panel de possibilités, en plus de quelques scénarios pré-existants permettant de gérer quelques situations plutôt délicates.

Conclusion : 13/20

Difficile d’être pleinement convaincu par Prison Architect : certes, le concept est sympathique, la réalisation enfantine tranche froidement avec les scènes qui surviennent dans ce milieu carcéral, mais le jeu est plombé par une maniabilité manette assez horrible, dû à une interface entièrement pensée pour le combo clavier/souris. Si vous avez le choix entre les deux versions, priviligiez la PC.


NOTE : 07/10