Consoles-Fan
22/09/2018

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Battlefield 1
La guerre...
...et son horreur.

Si un jeu a su créer une hype phénoménale à son annonce, c’est bien celui-ci. Avec son trailer de deux minutes, sur fond de "Seven Nation Army" en électro/dubstep, EA et DICE avaient frappé fort. Au point de se demander si, quelque soit le résultat au final, on ne serait pas un peu déçu par ce Battlefield 1. Et il faut bien l’avouer : ça fait du bien d’avoir tort, de temps en temps.

Battlefield 1 nous amène donc dans la Première Guerre Mondiale. La guerre 14-18, qui, comme le jeu le rappelle, aurait dû être "La guerre qui mettrait fin à la guerre". L’histoire nous a appris qu’il n’en était rien, et que le conflit fut "juste" meurtrier pour toutes les nations impliquées. Un conflit sanglant, qui s’est enlisé dans les tranchées pendant plusieurs années en Europe. La boue, les maladies, les rats et les cadavres n’ont rien de particulièrement enchanteurs. Et c’était pourtant le quotidien des soldats impliqués dans un conflit qui s’étendait à une échelle qui les dépassait complètement.

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Dès l’introduction de la campagne solo, le ton est donné : aux contrôles de soldats sur le champ de bataille, vous allez enchaîner les meurtres et les morts, les soldats tombant les uns après les autres dans les deux camps. Charges à la baïonette, fusils à verrous, mitraillettes peu précises, lance-flammes, et masques à gaz pour se prémunir du gaz moutarde (qui ne fut interdit qu’après ce conflit)...le résultat à l’écran est viscéral. Les tanks appuyant l’infanterie, les zeppelins crachant l’enfer depuis le ciel...c’est bien simple, le prologue de Battlefield 1 montre la guerre et son absurdité dans toute son horreur, jusqu’au moment où il ne reste plus personne...ou que les combattants ne peuvent juste plus continuer de se battre sans raison pour une cause qu’ils ne comprennent plus. Vous l’aurez compris, Battlefield 1 prend le contre-pied de Call of Duty en cessant de glorifier le conflit, mais plutôt en le critiquant. Point de vue peu usité dans les jeux, celui-ci permet de donner vie à la campagne solo : ce ne sont pas des héros qui ont mené cette guerre, mais des humains perclus de doutes et de peurs, qui hésitent parfois à déserter, mentent, et parfois tuent seulement pour se protéger.

La campagne solo s’avère de fait vraiment étonnante : en faisant le pari de suivre cinq histoires aux quatre coins du conflit, on découvre le quotidien de chacun. Pilote d’avion ou de char, bédouin dans le désert, soldat dans les tranchées...tous ont eu leur lots de problèmes et de peines. On s’attache à ces héros ordinaires, même si leurs histoires s’avèrent courtes : prévoyez environ deux heures pour chacun. Ceci dit, les campagnes sont du coup intenses au possibles : infiltrés dans un village français occupé, chargeant à travers les lignes ennemis à char ou à cheval, ou naviguant dans les cieux...chaque aventure permet de vivre des moments intenses et nerveux, liés par une histoire scénarisée via cutscenes et cinématiques.

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Si le solo offre donc une aventure déjà spectaculaire, le multijoueur, quant à lui, constitue évidemment le gros du spectacle. Si le mode Conquest est de retour encore une fois avec son système de respawn limités par tickets qui descendent inexorablement quand l’adversaire possède plus de points de contrôles que votre armée, on notera surtout l’apparition de nouveaux modes de jeux plus surprenants. A commencer par le mode Opérations qui mettra un des deux camps dans la position d’assaillants, contre une armée qui essaiera de tenir ses positions coûte que coûte. Véritable mini-campagne en ligne, celles-ci se dérouleront en plusieurs manches, qui déplaceront peu à peu le conflit en fonction de l’avancée des troupes dans leur assaut. C’est aussi l’occasion de découvrir les Béhémoths, ces véhicules titanesques qui vont retourner la situation sur le champ de bataille. Trains blindés, destroyers, ou zeppelins y seront de la partie pour aider les défenseurs en difficulté, déchaînant un déluge de feu et d’acier sur les ennemis. A noter que ces véhicules se pilotent à plusieurs et s’avèrent ultra-résistants.

Ce ne sera pas le cas des véhicules classiques, qui resteront néanmoins plus que vitaux à la progression : désormais, les joueurs pourront choisir la classe de pilote. Moins équipée, celle-ci devra prendre soin de son véhicule et non plus s’en servir comme de simple moyen de transport (vous vous rappelez des quads ou hélicos de transports que l’on jetait sitôt arrivés au front ? C’est fini.). Ils apporteront une puissance de feu importante, compte tenu de l’équipement de la piétaille, souvent peu adaptées à lutter contre des véhicultes blindés. Néanmoins, ne vous attendez pas à une résistance parfaite de la part d’un avion de combat de 14-18 : les bons tireurs pourront même abattre d’une balle le pilote !

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Côté environnements, il faut reconnaître que DICE a cherché la variété en nous envoyant sur la plupart des fronts : France, Allemagne, canal de Suez, Italie...les lieux sont variés, et chaque map dispose de son identité proche, avec des approches bien différentes. Cela force parfois à l’improvisation tant les armes de l’époque sont peu précises. Bien souvent, un conflit se finira au corps à corps, au couteau ou à la baïonette. Il faudra aussi faire attention aux classes "Elite", qui ont tendance à elles aussi provoquer des ravages sur le champ de bataille : leur paquetage peut être ramassé par le premier soldat venu une fois celui-ci apparu sur la map. Lance-flamme, fusil anti-tank ou gatling attendent l’heureux élu qui pourra s’en donner à coeur joie pour laminer l’armée adverse.

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Le résultat au final est spectaculaire, même si l’on aura quelques regrets. On passera sur le fait que certaines nations (France & Russie) ne seront représentées que via DLCs (je laisse le chauvinisme aux autres) pour plutôt regretter le fait que les affrontements restent encore un peu chaotiques à cause de l’absence du Commandant, rôle présent à l’époque de Battlefield 2 et 2142. Certes, les escouades permettent de s’organiser un peu, mais l’on a parfois l’impression que les 32 joueurs d’un même camp manque de coordination. On pourra aussi reprocher au jeu ses quelques bugs graphiques, mais ce serait faire la fine bouche quand on voit le résultat global à l’écran.

Graphismes : 18/20

Ce serait faire le difficile de ne pas dire qu’on est bluffés par le Frostbite Engine 3. La première guerre mondiale est sale, et le moteur graphique et sa propension à tout faire sauter est parfaitement adapté à un conflit aussi sanglant et destructeur. Il faut voir un zeppelin s’effondrer en flammes dans le ciel d’un conflit dans la beau, sur fond de soleil levant pour comprendre que DICE a mis la barre très, TRES haute en terme de spectaculaire. Battlefield 1 enterre toute la concurrence des FPS réunie sans le moindre mal, et vu le gigantisme des cartes, on lui pardonnera sans problème les quelques bugs d’affichages qui traînent ici et là.

Gameplay : 18/20

Rééquilibré du côté des classes avec notamment l’apparition d’une classe dédiée pour les pilotes, le jeu multijoueur n’a jamais été aussi prenant. 64 joueurs même sur consoles, sur des maps titanesques, avec un nombre monstrueux d’armes à feu pour personnaliser son soldat. Dites adieu aux armes de précision, qui sont, époque oblige, nettement plus rares. Même les snipers subissent un ’nerf’ bien vu avec l’apparition du reflet du soleil dans la lunette quand le tireur épaule son arme !

Bande-son : 20/20

Les impacts de balles, leurs sifflements, les moteurs des avions qui rugissent quand ils se frôlent de trop près. Mettez un casque en jouant à Battlefield 1 risque fort de vous faire quelques arrêts cardiaques. Ajoutez à cela des musiques dans les menus pour le moins plaisantes (la reprise du thème historique de la série par un orchestre ? Oh oui !), les soldats qui crient et parlent dans toutes les langues (notamment dans la campagne) et vous obtenez un titre irréprochable sur ce point.

Scénario : 18/20

La série Battlefield 1 pêche habituellement par son solo. Oubliez ça et plongez-vous dans cinq mini-campagnes qui vous feront arpenter tous les fronts. Dans les airs, sur les mers, dans la boue, à bord d’un tank, ou même dans le désert aux côtés de Lawrence d’Arabie ( !), le jeu nous emmène dans la vie de héros ordinaires. Certains sont même plus proches de l’anti-héros. Et tout ça, sans jamais faire du conflit une propagande pro-guerre, bien au contraire.

Durée de vie : 16/20

Comptez une bonne dizaine d’heures pour la campagne solo, qui a le mérite de préparer à tous les véhicules et donne un bon tour d’horizon des armes disponibles. Mais évidemment, le véritable plat de résistance est le multijoueur. Avec ses 9 maps (bientôt 10), mais surtout son contenu phénoménal en termes d’armes à débloquer, le jeu peut se vanter d’offrir un multijoueur déjà bien fourni qui sera sans doute complété à l’avenir. Les cartes ont surtout pour elles d’être immenses et d’offrir des cadres vraiment différents les unes des autres.

Conclusion : 18/20

Dur, froid, sale, impitoyable...et terriblement prenant. Avec son pari osé de revenir dans le passé, DICE fait un carton plein avec Battlefield 1. Sans sombrer dans la propagande, le soft donne une vision de la guerre comme rarement un jeu avant l’a fait. On se retrouve aux prises avec le premier conflit mondial, certes remanié et pas forcément réaliste sur tous les aspects, mais cela se fait au bénéfice d’un dynamisme et d’un spectaculaire clairement assumé. Ajoutez à cela un solo enfin à la hauteur d’un multijoueur exemplaire depuis déjà plus de dix ans, et vous obtenez sans aucun doute le meilleur FPS de l’année.


NOTE : 09/10