Consoles-Fan
26/07/2017

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Final Fantasy XV
10 ans...
...pour ça ?

Final Fantasy Versus XIII aura connu un développement chaotique. Promettant monts et merveille dès 2006 par le biais d’une cinématique pré-calculée, le jeu a ensuite accumulé les retards au point de devoir abandonner la génération Playstation 3 pour se reporter sur l’actuelle. Dix ans plus tard, le jeu nous arrive sous le nom de Final Fantasy XV...pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Final Fantasy XV nous met dans la peau de Noctis, Prince d’Insomnia. Royaume réduit à peau de chagrin suite à une longue guerre contre l’Empire de Niflheim, celui-ci se résout à accepter une paix à compromis...mais cela vous sera raconté dans Kingsglaive. Car Final Fantasy XV commence alors que le prince, accompagné de trois autres personnages membres de la garde royale, s’en va rejoindre sa belle qu’il est censé épouser. Et sa voiture tombe en panne.

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Si ce synopsis vous paraît un peu chaotique, c’est normal : c’est exactement ainsi que commence le jeu, qui suppose que vous connaissez déjà l’univers par les produits dérivés produits autour (FF XV Kingsglaive et Brotherhood). Résultat, le jeu vous lâche rapidement en open world, ou presque : limité à une partie de la carte plutôt désertique, l’aventure commencera dans le désert à l’Ouest d’Insomnia, où il vous faudra réparer votre fidèle voiture avant de partir à l’aventure. Open World oblige, vous aurez bien rapidement de nombreuses quêtes annexes...mais répétitives. L’essentiel de celles-ci seront en effet des chasses aux monstres, fournies par les restaurants locaux. Il faudra alors se rendre à l’endroit indiqué, nettoyer la zone, et revenir toucher votre paiement. Ce fonctionnement très MMO, déjà présent dans FF XII, s’avère toujours aussi peu convaincant en solo. Cependant, ce ne seront pas les seules missions : prises de photo, récupération d’items, amélioration d’armes, tombeaux des anciens rois d’Insomnia...les activités ne manquent pas et permettent d’engranger de l’expérience à droite et à gauche.

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Cependant, c’est là l’une des premières limites de ce Final Fantasy : la marge de progression est très limité. Monter de niveau augmente automatiquement vos caractéristiques (PV, PM, Force, Défense et Résistance), et vous octroie quelques points de compétences. Le problème, c’est que les arbres de compétences sont au final ultra-réduits, et la majorité des compétences "finales" sont tellement hors de prix qu’elles sont inenvisageables sans farmer de manière ridicule (333 PC requis pour une compétence alors que monter de niveau l’équipe entière en donne une vingtaine ?). Certes, certaines compétences permettent de faciliter l’accumulation de ces précieux points, par exemple en conduisant la Régalia. Le problème, c’est que la voiture s’avère totalement inintéressante : la conduite "manuelle" ne sert à rien puisqu’il est impossible de quitter la route. Du coup, on se laisse conduire par son coéquipier en "automatique" et on profite du paysage et des musiques de la radio, issues des précédents Final Fantasy. Nostalgie, quand tu nous tiens...

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Du côté des combats, on sent très fortement la patte de Tetsuya Nomura et ses équipes : déjà la direction des Kingdom Hearts, on retrouve ici une prise en main temps réel dynamique et plutôt sympathique. On ne dirige de fait que Noctis, mais l’on peut également, par le biais d’une jauge de commande, demander à ses trois alliés d’effectuer certaines attaques spéciales à laquelle le Prince pourra venir apporter sa touche. Les attaques dans le dos ou les contres sont plutôt bien pensés, même si le système d’esquive s’avère TRES fainéant (maintenir un bouton enfoncé pour éviter automatiquement la majorité des attaques est déroutant), et un système de magie aussi spectaculaire visuellement que calamiteux dans son fonctionnement qui fait que l’on s’en passera pendant 99% de l’aventure (prenez le système de magie de Final Fantasy VIII, rendez-le mauvais et ultra-limité, et vous aurez une idée de ce qui vous attend). On se prend malgré tout au jeu, et l’on commence à apprécier ces combats grandiloquents dans les plaines contre certaines créatures emblématiques de la série comme le Béhémoth...jusqu’à ce que l’on quitte l’open world.

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Car c’est là la particularité de la construction de l’aventure : si les 8 premiers chapitres se déroulent sur ce continent qui s’ouvre de plus en plus à l’exploration (mention spéciale aux chocobos, terriblement funs et mignons à chevaucher et qui peuvent même aider en combat !), vient un moment où le jeu devient plus fermé...et s’écroule comme un château de cartes. L’arrivée à Altissia, une ville bâtie sur l’eau tout bonnement magnifique, promet monts et merveilles...et s’avère au final le début du chemin de croix de ce Final Fantasy XV. Avec une map mal fichue et ses canaux qui forcent à utiliser les gondoles installées à quelques endroits, la ville s’avère pénible à arpenter. Tout ça pour aboutir sur un combat de boss que les développeurs ont voulu titanesque, et qui n’est au final que mauvais, illisible et trop facile.

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Comme mentionné plus haut, l’open world disposait de quelques donjons, qui amenait déjà leurs problèmes de caméras : le jeu étant prévu pour un monde vaste, celle-ci a tendance dans les endroits étroits à s’affoler et faire un peu n’importe quoi. Dès lors, pourquoi les développeurs ont-ils fait des cinq derniers chapitres des couloirs labyrinthiques ?! Le résultat est un désastre total : on passe son temps à lutter contre une caméra qui n’en fait qu’à sa tête, et pire contre le jeu lui-même : si les protagonistes de notre team ne sont que peu abordés, c’est encore pire pour les personnages secondaires, qui sont purement et simplement bâclés dans leur présentation comme dans leur développement. Paradoxalement, le seul personnage à sauver du naufrage est Aranea Highwind, une mercenaire ultra-charismatique qui nous fait presque regretter que le jeu ait été trop fainéant pour nous proposer de l’intégrer à notre équipe définitivement. Coup de grâce : une fois l’open world quitté, on se retrouve dans un train, et il suffit d’ouvrir la map pour savoir ce qui nous attend : une ligne droite avec quelques arrêts scénaristiques. Un arrêt, un chapitre, faisant des chapitres 9, 10, 11 et 12 des passages de vingt minutes maximum, alors que l’on peut passer une dizaine d’heures avant de voir le bout d’un chapitre de l’open world. Le chapitre 12 est le clou du spectacle, avec un arrêt de train qui ne sert qu’à discuter avec trois NPC avant de repartir. Fin.

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Et alors que l’on pourrait se dire que l’on touche le fond, arrive le pire de tous : le chapitre 13. Le nombre est bien choisi : celui-ci est un échec complet. Alors que le joueur a pris l’habitude de la maniabilité, du systèmes d’éclipse (téléportation en combat en lançant son arme, une vraie bonne idée du jeu), des combats en équipe...le jeu vous sépare subitement de vos compagnons ET de l’intégralité de vos armes. Commence alors une exploration de "labyrinthe" en ligne droite imbuvable, où il est vivement recommandé de juste suivre l’objectif sur votre carte puisque certains chemins annexes ne seront que des culs de sac tant que vous ne serez pas allés à ce point spécifique de la map. Pire, n’ayant plus d’armes, le jeu vous offre trois magies censées être surpuissantes. Un sort de Mort ciblé dont la durée d’invocation dépend de la cible et qui peut aller de cinq secondes...à pratiquement une bonne minute, durant laquelle les ennemis se feront un plaisir de se servir de vous comme punching ball. Le second est un sort de mort de zone, mais celui-ci ne marche pas sur tous les monstres ET consomme l’intégralité de vos PM, alors que TOUTES vos attaques à ce moment-là en consomment, ce qui vous poussera soit à tourner en rond en attendant le regain de PM, soit à consommer un éther pour pouvoir enchaîner. "Heureusement", le troisième sort est lui utile, puisqu’il permet d’esquiver 99% des attaques en ripostant par une rafale de glace. Les dégâts sont tellement énormes que l’on abandonne bien vite les deux autres sorts pour se contenter donc d’utiliser ce sort d’esquive. Le problème, c’est que cette phase de gameplay dure trois bonnes heures. Trois heures de couloirs à esquiver des attaques, ça en devient juste ridicule.

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Alors oui, tout n’est pas à jeter dans ce Final Fantasy. A commencer par la réalisation qui, même si elle a quelques ratés sur certaines textures, s’avère fantastique. Les invocations de divinités (Ramuh, Shiva, Bahamut...) sont spectaculaires (mais aléatoires ou scriptées). Les paysages sont splendides, et les animations en combat sont jubilatoires. Mais fallait-il pour autant bâcler totalement le scénario ? En l’état, Final Fantasy XV semble mal fini, publié bien trop tôt tant la fin semble complètement inadapté au gameplay. Square Enix a déjà mentionné qu’ils allaient rajouter cutscenes et dialogues au fil des mises à jour. Depuis quand sort-on un jeu sans avoir fini le scénario ?

Graphismes : 17/20

Le point fort de cet épisode. Certes, on note quelques textures étranges et de l’aliasing sur les cheveux qui font furieusement penser à l’air de la Playstation 2, mais le jeu dans son ensemble est superbe. Les effets lumineux, la magie...tout offre au titre un rendu splendide, et les invocations y sont également pour quelque chose. Le jeu reste plutôt fluide malgré ce qui se passe à l’écran.

Gameplay : 7/20

La note reflète l’ensemble du jeu : si la prise en main dans l’Open World fait penser à celle de Kingdom Hearts en survitaminé, le problème réside en vérité dans la seconde partie du titre : une fois l’open world quitté, le jeu est purement et simplement pénible. Mention spéciale de la honte au chapitre 13 qui s’avère tout bonnement répétitif, fade et dénué de tout intérêt...alors qu’il dure trois bonnes heures. Les personnages sont à peine customisables : 4 tenues au choix, des accessoires, et une poignée d’armes famélique. Le système de compétences est purement et simplement mauvais : la plupart des skills s’avèrent peu utiles, et hors de prix, forçant un farming ridiculement long. On hurlera également contre la map dans les donjons, totalement illisible et inutilisable dès lors que celui-ci est sur plusieurs niveaux.

Durée de vie : 14/20

Suivant votre façon de jouer, le jeu vous prendra entre 25 et 50 heures. La raison à cela : les allers/retours incessants entre les villes et les quètes secondaires, qui peuvent être éludés...ce qui fait que vous n’aurez pas droit au bonus de points de compétence liés au voyage, qui s’avère pourtant bien pratique pour la progression. La fin booste néanmoins artificiellement cette durée. Attention : quitté l’open world, le jeu ne dure pas plus de six heures.

Bande-Son : 12/20

Le doublage est exemplaire, en français comme en japonais. En revanche, aucune musique marquante à retenir de cet opus...sauvé paradoxalement par la radio, à laquelle on s’abreuvera de nostalgie grâce aux morceaux issus des 14 précédents opus.

Scénario : 6/20

La naufrage total de cet opus. Bordélique au possible, le scénario s’avère à la limite de l’incompréhensible. Bien souvent incohérent, celui-ci se permet en plus de nous faire tellement d’évènements majeurs hors-champ qu’il en devient risible. On ignore pratiquement tout des personnages de l’équipe, qui sont là, tout simplement. Le jeu résume bien trop de faits majeurs en comptant sur le fait que les joueurs vont également regarder Kingsglaive et Brotherhood. Rien n’est fait dans le bon ordre, et même lorsque certains personnages importants meurent, leur introduction et leur développement ont été tellement bancals que l’on regarde la scène sans la moindre émotion. Un désastre.

Conclusion : 9/20

Médiocre. 10 ans de travail et d’attente, tout ça pour un jeu indigne de la licence. Si le jeu s’avère être un bon Kingdom Hearts dans sa prise en main, il échoue lamentablement à nous impliquer dans son monde pourtant magnifique. Scénario décousu, fin bâclée et à la ramasse en terme de prise en main, on a presque l’impression que Square Enix a tout misé sur la première partie en open world pour attirer les joueurs, et laisser une fin en friche, complètement ratée. Certes, le final à quelques moments grandiloquents, mais le résultat final est tellement fade qu’il laissera une horrible amertume aux amoureux de la licence. Un désastre qu’il sera bien difficile de racheter.


NOTE : 04/10