Consoles-Fan
29/03/2017

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Werewolves Within
T’étais où ouh ouh ouh ouh
T’étais où le grand méchant loup

Les Loups-garous de Thiercelieux est un jeu de société absolument génial mais qui a comme gros inconvénient qu’il faut être vraiment nombreux pour être intéressant.

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Voir arriver une version du jeu signée Ubisoft était donc une bonne nouvelle pour trouver de nombreux joueurs, sauf que dans l’absolu, parler dans une chatroom à 50 n’est pas très facile. On y joue donc entre 6 et 8, ce qui n’a quasiment aucun sens dans le jeu classique mais ici, le jeu n’a qu’un seul tour avec un seul débat donc et un vote final et définitif. Et pour se faire, il a bien donc aussi fallu partir avec ce nouvelles règles et donc de nouveaux personnages. Si vous n’avez jamais joué au jeu, vous serez aussi perdu qu’un joueur expérimenté tant le titre fait table rase.

Le temps de connaître tous les personnages et puis seulement de pouvoir en exploiter les failles et autres finesses, il vous faudra quelques parties. Le jeu se base sur du bluff mais dans l’absolu, les règles sont simples, loups-garous et villageois doivent s’entretuer. Il existe aussi des villageois avec différentes aptitudes qui permettront de faire progresser l’enquête.

Certains joueurs n’auront d’ailleurs d’autre but que se faire éliminer. D’autres pourront obtenir des informations sur l’identité des autres, d’autres connaîtront certains rôles, il est possible de discuter en apparté avec son voisin mais cette option est aussi un moyen de découvrir le pouvoir des autres joueurs dans certains cas. Les informations obtenues ne sont pas toujours sûres et en plus de cela, tout le monde peut très bien raconter des carabistouilles. En revanche, on connaît le nombre de rôles possibles qui sont présents dans une partie, il faut donc quand même faire attention à ne pas dire n’importe quoi. Il y a des frontières dans lequel le mensonge peut s’installer, mais il ne faut surtout pas les franchir sous peine d’être grillé.

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Deux parties ne seront jamais les mêmes de par la présence des différents rôles que l’on peut jouer, cependant, on peut espérer qu’Ubisoft décide de rajouter des rôles par la suite pour encore relancer l’intérêt. Ce qui est aujourd’hui certain, c’est qu’il faut parfois attendre longtemps pour pouvoir jouer et qu’Ubisoft n’a rien prévu pour faire patienter les joueurs : il faut en effet 6 joueurs au minimum pour lancer une partie. Celles-ci se jouent à 8 maximum. En attendant, on peut papoter et faire connaissance et éventuellement expliquer les règles et les ficelles aux nouveaux venus.

Il est dommage qu’Ubisoft ne laisse pas à chacun la possibilité de choisir via un éditeur poussé le look qu’il souhaite avoir. Il y a très peu de personnages et ceux-ci sont sélectionnés au hasard. On peut à la limite choisir son sexe. Mais comme à chaque déconnexion on ressemblera à quelqu’un de différent, il est seulement possible de reconnaître les personnes avec leur nickname et leur voix.

D’un point de vue sonore, il faudra préférer le casque audio car si vous laissez votre télévision allumé, vous créerez un écho dans le groupe qui s’en plaindra assez rapidement. Rassurez-vous, la gestion spatiale du son du casque est excellente. Vous identifiez toujours facilement qui parle (si tout le monde ne parle pas en même temps) et en plus de cela la bouche de l’avatar va se mettre à bouger mais ce dernier va aussi bouger ses mains. Bref, tout est toujours clair comme de l’eau de roche. C’est tellement bien fait que lorsqu’on rit, par exemple, on a vraiment l’impression que l’avatar est rieur. Sans doute parce que le joueur bouge la tête en ce sens. J’ignore s’il y a une légère reconnaissance vocale ou si le jeu analyse les mouvements de votre tête mais le résultat est vraiment bluffant quoi qu’il en soit.

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Le jeu semble avoir été bien équilibré bien que certains pouvoirs soient plus intéressants à jouer que d’autres. Les menteurs peuvent être démasqués si d’autres joueurs notent des irrégularités mais ces derniers pourraient bien évidemment mentir également. Si plusieurs joueurs confirment les dires de chacun, le groupe pourrait se laisser plus facilement influencer, à raison, à moins qu’il ne s’agisse d’une collusion de la part des loups-garous et pourquoi pas du traitre. Certaines parties se terminent simplement si une des parties se fait griller mais en général, il faut faire confiance ou non pour démarrer sa démarche déductive, avec les risques aléatoires que cela comporte. On peut regretter une présence un peu trop importante du hasard, laissant une grande place à la persuation et au bluff. En effet, dans le jeu original, le fait qu’il y a plusieurs tours de table permet à chaque joueur d’identifier le comportement de chacun et de voir pour qui il vote. Ici, ce n’est pas possible. Et pourtant, cela marche bien, avec des distributions de carte parfois très déséquilibrées qui favorisent les loup-garous ou les villageois. Cependant, le jeu est très bien pensé puisque s’il y a peu de loup-garous, il va se retrouve un peu seul face à une équipe de villageois soudée mais comme il n’y a qu’un loup-garou, la chance de se tromper est plus importante que s’il y en a trois (l’élimination d’un seul loup-garou suffit pour obtenir la victoire) mais à trois, il est plus facile de retourner le cerveau du groupe, surtout si un traitre dont le rôle est de faire gagner les loup-garous quitte à attirer les votes sur lui, est aussi présent dans la partie.

Le rôle de déviant est très intéressant à jouer car pour gagner, il faut se faire éliminer. En gros, le déviant se fiche de la victoire d’un groupe ou l’autre, il veut juste perdre, ce qui peut évidemment semer aussi le doute puisqu’il va par exemple tenter de se faire passer par un loup-garou. L’élu est un rôle aussi intéressant à jouer car son pouvoir est de connaître l’identité d’un des loup-garous du groupe. En revanche, si tous les loup-garous votent pour lui, même s’ils sont minoritaires et qu’un loup a été tué par les villageois, les loup-garous vont remporter la partie. Afin de découvrir l’identité des loup-garous, il faut regarder le sol un certain temps. Cela se voit, et c’est souvent comme cela qu’on se fait prendre. Soyez malin. Et si vous êtes un villageois, n’hésitez pas à imiter l’élu pour semer le doute. Vous l’aurez compris : l’élu dispose d’un pouvoir énorme mais c’est aussi le talon d’achile de l’équipe. Imaginez aussi comme il va falloir jouer finement pour diriger le groupe à voter pour le loup-garou que vous avez identifié. Vous ne pouvez pas déclamer le fait que vous êtes l’élu, il faut rester juste influent, mais pas trop, de peur de vous faire griller. Vous pourriez aussi chuchoter avec votre voisin mais c’est un comportement suspect. Espérons que les loup-garous aient la tête ailleurs. Vous pourriez par exemple vous faire passer pour un limier qui a l’aptitude de renifler ses voisins afin d’identifier leur rôle mais il faut qu’il y en aie un dans la partie et que personne d’autre ne se soit déclaré limier sous peine de lever une contradiction. Il ne peut y avoir qu’un rôle par partie côté villageois. Et puis, si votre voisin était un loup-garou, il vous reniflerait et vous identifierait comme l’élu, ce qui signerait la fin de l’a partie. Il y a clairement danger.

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Un astrologue pourrait aussi révéler qu’il y a bien tel pouvoir dans une partie ou un illuminé pourrait écarter des pouvoirs, ce qui permet de repérer les menteurs, à moins que lui-même n’en soit un. La commère permet de découvrir un premier indice puis un second le long de la partie. Un des indices est d’office juste mais l’autre est peut-être faux. L’observateur peut viser un joueur et découvrir deux rôles possibles pour un joueur. L’un est d’office juste et donc l’autres est d’office faux. Cependant, si le joueur s’est annoncé autrement en début de partie, on peut en conclure que c’est un menteur. Mais est-ce un loup-garou ou un déviant qui cherche juste à se faire éliminer ?

Enfin, le simple villageois existe aussi mais il a quand même un petit rôle, celui de voter pour déterminer un meneur qui aura au moment du vote final deux voix. Il faut être sûr de son coup afin de ne pas désigner un loup-garou par erreur ! Cependant, s’il y a des suspicions sur un villageois, celui-ci peut se disculper en proposant de désigner un meneur. Il faut alors que les autres villageois, ne votent pas. Ils n’ont d’ailleurs, en tant que villageois, aucun intérêt à perturber le vote, ainsi, si le meneur est bien celui désigné par le villageois, on peut être ainsi sûr que le joueur peut être lavé de tout soupçon.

Vous l’aurez compris, Ubisoft a bien travaillé son titre riche en situations très diversifiées. En revanche, le jeu ne propose qu’un seul environnement. Les réunions se déroulent dans le village de Gallowston mais propose quand même 3 points de vue différents : la place du village, une feu de camp avec des roulottes et le pied d’un chateau avec un grand trou au milieu qui rappelle la Porte de la Lune de Game Of Trones. Depuis chaque quartier, vous pouvez observer au loin les autres différents quartiers du village et en fonction de l’endroit où vous serez assis (sur un tabouret dont les pieds sont maintenus par des pièces de bois arrangées en logo d’Abstergo, bel Easter Egg), vous verrez des décors un peu différents comme une potence, un cimetière, un château et ses vitraux, des montagnes, des roulottes ou encore le village en contre-bas. Cela reste peu même si ce n’est pas non plus prépondérant.

Wherewolves Within est en tous cas un investissement de choix même s’il est uniquement multijoueurs et qu’un abonnement au Playsation + est donc nécessaire. En effet, ce sont des heures et des heures de plaisir qui vous attendent dans ce titre intemporel, il est clair qu’on est loin des durées de vie des autres jeux Playstation VR, du moins pour l’instant. En terme de contenu, il ne propose guère plus, voire peut-être moins, mais le concept est tellement fort qu’il est la locomotive du jeu.

05

Graphismes :84%
Des décors charmants et colorés pour un design destructuré, fantasmé et un design character caricatural.

Animation : 84%
Les décors sont plutôt tranquilles bien qu’il y a pas mal de petits détails pas trop envahissants. Le lag crée parfois un framerate limité du côté des personnages que l’on incarne.

Jouabilité : 90%
Après un apprentissage obligé, on apprivoise finalement rapidement les menus. Pour le reste, votre bluff fera l’affaire.

Bande Son : 78%
En arrière-plan, on les remarque à peine. Il en est de même pour les bruitages. Ils forment une ambiance réussie mais ne gênent pas les discussions.

Intérêt : 97%
Le jeu va dépendre de la qualité et de l’expérience des joueurs que vous croiserez mais la communauté est très accueillante et prête à aider et à conseiller les petits nouveaux. Complètement intemporel, Werewolves Within dispose d’une durée de vie sans doute illimitée.

Note Globale : 92%
De profondes modifications ont été apportées au jeu original pour rendre possible et viable ce portage. Ce n’était pas gagné d’avance mais la réussite est totale.


NOTE : 09/10