Consoles-Fan
24/10/2017

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Her Majesty’s Spiffing
God Save the Brexit !
Et mes zygomatiques !

2017. Sa Majesté la Reine d’Angleterre a décidé de dissoudre le Parlement britannique pour incompétence suite au Brexit. Rétablissant une monarchie absolue, elle décide de restaurez la grandeur de l’empire britannique. Ne pouvant plus coloniser sur Terre, elle crée un programme spatial et se sert de Big Ben comme rampe de lancement à son premier vaisseau colonisateur.

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Si vous aussi ce pitch de départ vous laisse pour le moins perplexe, ne fuyez pas : Her Majesty’s Spiffing est une invitation à la parodie et la folie pure. Vous mettant dans les bottes du Captain English (oui, c’est son nom de famille), votre mission ordonnée par la Reine elle-même est d’explorer l’univers à la recherche de planètes à annexer. Mais évidemment, pour cela, il vous faudra déjà aller vous faire du thé à la cuisine.

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Her Majesty’s Spiffing se présente comme un point’n’click qui n’aurait pas à rougir de la comparaison avec les jeux de l’âge d’or de Lucas Arts. Chaque salle, chaque situation devra être observée, afin de collecter des objets loufoques vous permettant au final de vous sortir du pétrin dans lequel votre héros British ne tardera pas à se mettre. A vous donc les joies de l’observation à bord du vaisseau. Et force est d’avouer que les développeurs de Billy Goat ont réussi à concocter un véritable déluge de clins d’oeil. Monkey Island, The Rings, Half-Life, Mass Effect, Resident Evil...et quand ce ne sont pas des hommages, les dialogues en eux-mêmes sont bourrés d’humour absurde, de sarcasme, et de clichés sur nos chers voisins anglais. Mention spéciale au "Bouton d’auto-destruction du vaisseau, à ne jamais appuyer", nommé..."Emergency Brexit".

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Evidemment, ce joyeux bordel va vite aboutir à des situations improbables. Se servir d’une manette de Xbox pour piloter le vaisseau ? Pas de problème, mais il faudra pour cela installer les drivers sur le vaisseau, voyons ! Les situations s’enchaînent sans jamais faiblir, jusqu’à l’affrontement final face à vos concurrents français pour revendiquer un bout de caillou perdu dans l’espace. Le schéma classique des jeux du genre se répète bien évidemment plusieurs fois (chercher, ramasser, combiner, et utiliser), sans jamais s’avérer trop répétitif ou incompréhensible au niveau des énigmes. L’alchimie parfaite des jeux de l’époque ? Oui !

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Mais si le rythme et la direction artistico-humouristique sont bien à la hauteur, c’est malheureusement du côté de la durée de vie que le jeu pêche : il suffit de sauvegarder pour vite se rendre compte que le pourcentage de complétion augmente à un rythme alarmant. Et pour cause : le jeu n’excède pas de beaucoup l’heure de jeu. Ce que l’on pourrait pardonner facilement à un petit studio indépendant qui lance là son premier titre...si celui-ci n’était pas vendu à pratiquement 20 euros !

Graphismes : 17/20

La patte graphique n’a pas grand-chose à envier à du TellTale des premières heures : avec ses personnages en 3D au look cartoon, on s’attache vite à cet univers plutôt parodique. Les animations des personnages sont bien fichues, et leurs expressions sont également réussies.

Gameplay : 17/20

Reprenant la base du point’n’click, Her Spiffing’s Majesty s’avère très agréable dans sa prise en main, même à la manette. Le système est simple, efficace, et permet de ne pas perdre trop de temps en manipulations inutiles.

Bande-Son : 17/20

Les doublages sont sans aucun doute pour bonne partie responsable de l’efficacité du jeu : rien que le fait de proposer deux doublages (Anglais et...Américain ?) est en soi une blague tant la seule différence est l’accent So British qui disparait des dialogues. La bonhommie de notre cher Capitaine English et le flegme très gallois de son second y sont pour beaucoup dans les rires.

Scénario : 19/20

Her Majesty’s Spiffing flirte avec la perfection scénaristique. Distillant un humour qui oscille entre le Monty Python et les meilleures répliques de la grande époque Lucas Arts, le jeu se permet en plus un nombre incroyable de clins d’oeils et de jeux de mots en hommage à bien des jeux mythiques, et même des dessins animés et des films. D’un bout à l’autre, les dialogues débordent d’humour, la mise en scène est géniale, et les retournements de situations sont tous plus absurdes les uns que les autres. Ajoutez à cela des succès totalement improbables qui poussent le joueur à faire parfois n’importe quoi, et vous obtenez un jeu qui surclasse même les récentes productions TellTale.

Durée de vie : 04/20

L’horrible point noir du jeu : l’aventure est aussi géniale que courte. Comptez à peine plus d’une heure pour venir à bout du jeu, et même si certaines interactions cachées peuvent pousser à essayer tout et n’importe quoi, on se retrouve tout de même avec un jeu à 20€ de l’heure. Et ça, c’est VRAIMENT difficile à digérer.

Conclusion : 14/20

On sort de Her Majesty’s Spiffing avec une terrible frustration : le jeu se permet un tel niveau de délire, un tel génie, que l’on ne peut qu’accueuillir avec rage une fin au bout d’à peine plus d’une heure de jeu. Certes, les succès poussent à réessayer des choses plutôt tordues, mais pour son prix actuel, la note est salée. Et pourtant, Billy Goat Entertainment parvient avec ce premier jeu à prouver de manière magistrale que l’humour anglais et les point’n’click ont encore tellement à offrir aux joueurs que tout ce que l’on demande, c’est d’en avoir davantage ! A ce tarif, on ne pourra que recommander d’attendre des soldes...dommage, vu le joyau qu’il représente.


NOTE : 07/10