Consoles-Fan
28/03/2017

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Stardew Valley
Moi mon rêve...
...c’est vivre à la campagne avec des poules.

Sorti en 1998 chez nous, Harvest Moon fut le premier d’une longue série proposant une aventure vidéoludique pour le moins inattendu : devenir fermier et gérer sa vie à la campagne entre culture, élevage, et relations sociales avec les habitants du patelin voisin. Sortant presque 20 ans plus tard, Stardew Valley reprend cette formule en piochant allègrement de nouvelles idées bienvenues.

Stardew Valley commence avec la vie en entreprise : travaillant pour une grande enseigne qui fabrique tout et n’importe quoi, vous passez votre journée au bureau, à un bureau, où votre tâche se résume à faire de la saisie informatique abrutissante. Jusqu’au jour où vous vous rappelez que votre Grand-Père vous a confié une lettre, il y a longtemps, en vous disant de ne l’ouvrir que le jour où vous perdriez votre voie. A l’intérieur de celle-ci : un acte de propriété pour sa ferme, à Stardew Valley.

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L’aventure commence donc avec l’arrivée de votre fermier (ou fermière, comme vous préférez). Petit patelin perdu au milieu de nulle part, Stardew Valley semble hors du temps : avec sa petite épicerie, son forgeron, son menuisier et sa bibliothèque, on ne peut pas dire que la ville regorge de vie à première vue. Et pourtant, il y aura de quoi faire : la ferme laissée par papi est une vieille bicoque, le terrain est en friche totale, et il sera donc de votre ressort de transformer ce terrain vague en de vastes champs de cultures.

A l’instar d’Harvest Moon, il faudra donc bêcher, couper du bois, miner les pierres afin d’aplanir votre terrain et le rendre cultivable. Après avoir trouvé ou acheté une poigné de graines, il sera temps de planter puis d’aroser quotidiennement vos plants. N’oubliez pas les épouvantails si vous ne voulez pas voir les corbeaux se servir ! Chaque graine est limitée par sa saison de pousse et son temps à arriver à maturité : inutile de planter des fraises en hiver, et attention à ne pas planter des plantes automnales la veille de l’arrivée de l’hiver. Résultat, on apprend très vite à gérer les aléas (la pluie, notamment), et on se retrouve rapidement à avoir une vitesse de croisière confortable. Même si l’on sera limité par un autre facteur : l’énergie. En effet, chaque action dans Stardew Valley consomme de l’énergie. Il faudra donc faire attention à ne pas s’écrouler d’épuisement à force de vouloir trop en faire et aller se coucher à une heure raisonnable pour optimiser ses routines quotidiennes.

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Evidemment, le jeu dispose d’un petit côté RPG même sur cette partie gestion : les outils de base font leur office, mais lentement et consomment beaucoup d’énergie. Qu’à cela ne tienne, il suffit de les améliorer grâce aux minerais récoltés afin de se retrouver avec du matériel capable de faire le travail en limitant les dépenses d’énergie. Pour le minerai néanmoins, la principale solution sera de s’aventurer dans la vieille mine désaffectée...à cause des monstres ! Il sera alors temps d’utiliser des armes afin de repousser slimes, chauve-souris et insectes peu ragoûtants. Avec ses 100 étages, la mine risque de vous occuper un long moment, d’autant plus que celle-ci devient de plus en plus dangereux à mesure que vous descendez en profondeur. La contre-partie étant évidemment des minerais de plus en plus rares : du cuivre, vous passerez à l’acier, puis l’or, sans oublier des pierres précieuses de plus en plus chères en route, vous permettant de vous enrichir au passage...à moins que vous ne décidiez de fournir la bibliothèque en pierres afin d’y lancer une superbe exposition ?

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En plus de ces activités, la pêche peut également s’avérer chronophage : n’importe quel point d’eau regorge de poissons et autres trésors à récupérer à grands renforts d’hameçon. L’occasion de découvrir un mini-jeu plutôt bien réussi, où il faudra apprendre à bien doser l’effort fourni pour ne pas casser sa ligne et remonter sa proie. En plus de la pêche, l’on aura également à participer à la vie du village : chaque villageois a ses goûts et sera ravi (ou pas) de recevoir des présents de votre part. Ils posteront des missions à remplir, et contenter tout le monde s’avèrera compliqué, mais vous permettra (entre autres) de peut-être trouver l’âme soeur.

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Coup de grâce ? La maison communale, une vieille bâtisse abandonnée. Celle-ci donne déjà un choix pour commencer : votre ancienne compagnie aimerait racheter le terrain pour y installer un entrepot, modernisant de fait votre petite ville...ou vous atteler à redonner au lieu sa vie d’antan ? Pour cela, vous pourrez compter sur l’aide des petits habitants du bâtiment : des petits êtres qui vous demanderont de leur ramener un nombre incalculable d’objets afin de vous récompenser en retour par des items, mais aussi par le déblocage de plusoeurs nouvelles zones, qu’il faudra également explorer si vous comptez tout découvrir.

Graphismes : 16/20

On pourra sans doute me taxer de nostalgique de l’époque SNES...et ce sera probablement avec raison : les sprites que l’on retrouve ici sont jolis. Les animations auraient certes gagné à être mieux travaillées (Secret of Mana, où es-tu ?), mais le jeu n’en est pas moins très joli. De la 2D rétro qui sent bon les 16 bits comme ça, on voudrait en voir plus !

Gameplay : 19/20

La gestion de la ferme, des cultures, des animaux, les quêtes annexes, les objectifs de la maison commune, l’exploration teinté d’Action-RPG...tout pousse le joueur à s’éparpiller dans toutes les directions, avec un gameplay toujours agréable, exigeant sans être rebutant dans tous ses aspects.

Bande-son : 19/20

Les musiques sont résolument old school, mais c’est pleinement assumé. Les compositions sont plus que charmantes, et l’on se retrouve parfois à siffloter certains airs, preuve de leur efficacité de "petite musique catchy".

Scénario : 16/20

Etrangement, le scénario n’est pas vraiment très développé, et l’on se retrouve parfois à chercher à comprendre ce que l’on attend de nous après certaines cutscenes ou évènements. Et pourtant...l’introduction du jeu à elle seule peut suffire à réaliser que le jeu est une invitation au temps. A prendre son temps et se vider la tête. Le scénario est minimaliste, et pourtant, il remet en cause la société de consommation toute entière. Un étrange paradoxe.

Durée de vie : 19/20

TRES long par son contenu, Stardew Valley se permet en plus d’offrir plusieurs points de départ pour la ferme. Préfèrerez-vous l’aventure originale, ou tenterez-vous une ferme en bord de mer ? Ajoutez à cela un contenu démesuré qui se débloque au fil de vos accomplissements dans l’aventure, et vous obtenez un jeu à la durée de vie pratiquement infinie.

Conclusion : 19/20

Très franche réussite que ce Stardew Valley. En reprenant à son compte les mécaniques des Harvest Moon (et de quelques autres jeux) tout en y apportant bien des aspects inédits, ce jeu de gestion agricole/aventure est tout bonnement super. Avec son petit côté pamphlétaire envers la manière de vie citadine du Métro-Boulot-Dodo où l’on n’est qu’un numéro de sécurité sociale parmis d’autres au service d’une entreprise, le jeu se permet des moments contemplatifs plaisants, et l’on apprend vite à maîtriser tous les aspects de la vie de la ferme et de l’aventurier sans jamais se sentir pris par la main. Un jeu indépendant de haute volée !


NOTE : 09/10