Consoles-Fan
22/11/2017

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Cuphead
Casual gamers
S’abstenir !

Suite à un pacte idiot et perdu avec le diable, Cuphead et son accolyte Mugman se retrouvent à devoir collecter des âmes pour le compte du diable.

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Présenté comme un boss rush game, Cuphead a pris du retard pour intégrer des stages intermédiaires, offrant une expérience de jeu plus classique et moins déroutante pour le grand public. Les programmeurs ont bien réalisé qu’ils avaient une pépite technique entre les mains et qu’il ne fallait sans doute pas prendre le moindre risque et uniquement viser le succès critique en empruntant une voie plus convenue, certes, mais surtout plus complète.

Le jeu démarre sur une map qui vous laisser progresser de manière non-linéaire, en respectant tout de même un certain canevas. Les éléments tremblotant à l’écran comme sans cesse redessinés, sont ceux avec lesquels vous pouvez interagir. Ils vous informent de la présence d’un stage, d’un magasin et ainsi de suite.

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L’inspiration de Cuphead est claire : les dessins animés des années 30. D’ailleurs les personnages ont le look de Mickey : la peau noire, le short rouge et les chaussures beiges... Finalement, il n’ont que la tête en forme de tasse qui diffère ou presque. Jouer à un dessin animé : un fantasme longtemps désiré par les joueurs et amateurs de jeux en 2D. Un fantasme parfois exhaussé dans certains passages de jeux. Je pense à Game Tengoku sur Segasaturn. Mais jamais un jeu n’est allé si loin en terme d’animation 2D. La technique est particulièrement intelligente car l’animation des sprites immenses se base au final toujours sur quelques séquences d’animation que l’on rebobinne et que l’on repasse inlassablement. La technique est simple mais encore fallait-il avoir l’idée et le talent de porter tout cela dans un jeu vidéo. Même les titres sont dessinés à la main.

La qualité sonore du titre en dit long sur le travail exécuté sur Cuphead. On a droit à des morceaux grandiloquents de jazz avec une qualité sonore crachotante pour encore plus d’authenticité. L’oeuvre est exceptionnelle.

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Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains : il est réservé à la crème de la crème. Si vous êtes un nerveux de la manette et que vous avez tendance à la lancer dans votre écran, laissez tomber ce jeu, vous allez vous ruiner en écran et en manette. Il faut apprendre les routines et on finit par s’en sortir. En cas de réussite, le jeu vous note sévèrement. ll est déjà difficile de battre un boss mais se prendre une bonne note relève de l’exploit. Il faut en effet par exemple rebondir sur tous les projectiles roses pour obtenir une très bonne note. En cas d’échec, le titre vous indique où vous en êtes arrivé dans votre combat, un peu comme si vous découvriez la jauge de vie du boss que vous affrontez mais après coup. Le fait de savoir que vous y êtes presque à de quoi vous encourager ou, au contraire, si vous êtes loin du compte, il est peut-être temps de repenser votre stratégie.

En terme de gameplay, le jeu est très riche puisqu’on peut changer d’armes, exécuter des spéciales, dasher horizontalement ou encore effectuer des sauts ou des doubles sauts en prenant appuis sur les fameux projectiles roses qui se retrouvent absorbés, faisant monter par la même occasion votre jauge de coup spécial. Vous avez une spéciale qui consomme un point symbolisé par une carte, référence au casino, le thème du jeu, et une spéciale qui consomme le tout : une grosse patate bien violente.

02

Avec sa direction artistique impeccable, son challenge exigeant, son animation impeccable, ses musiques de jazz endiablées, Cuphead est, sans surprise, un des meilleurs titres de l’année. C’est un incontournable, et pour l’intérêt qu’il représente en terme de gameplay, et pour la curiosité qu’il incarne. Les phases de jeu sont vraiment variées et inventives. Il y a de l’action classique, du shoot-them-up, des phases un peu plus orientées sur le saut. C’est malin et le jeu débloque peu à peu ses secrets, pas toujours de manière très généreuse. Une fois terminé, les perfectionnistes pourront vraiment être tentés par le new game plus, il faut en effet terminer une première fois le jeu pour avoir accès à un mode de jeu encore plus difficile qui vous permet enfin d’obtenir les meilleurs notations.

05

Graphismes : 97%
Un dessin animé des années 30 avec des personnages terrifiants, inquiétants, pour faire peur aux enfants.

Animation : 99%
Une élégance parfaite, un vrai dessin animé jouable, une oeuvre d’art.

Jouabilité : 95%
De la technicité, du timing, de la sueur, de la désespérance, de l’espoir, du die and retry.

Bande Son : 99%
Du jazz absolument admirable. Sincèrement, une des meilleures bande-son de jeux vidéo jamais créées.

Intérêt : 93%
Pas si long que ça, mais vraiment difficile. Cependant, outre la satisfaction de battre un boss, les spécialistes pourront aller à la chasse de la meilleure note en effectuant, en plus du challenge normal, des défis supplémentaires.

Note Globale : 97%
Cuphead ne propose rien d’original en soi, on se croirait dans un Gunstar Heroes, ce qui est loin d’être une insulte. En revanche, sur la forme, il excelle. La difficulté est accrocheuse. Cuphead est un enchantement pour les yeux et les oreilles, en un mot, il est sublime.


NOTE : 09/10