Consoles-Fan
17/11/2018

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Agony
Tu mettrais pas
la clim ?

Ce malaise d’entrée de jeu. Il y a un côté horrifique issu de la littérature diabolique, des graphismes qui suintent le sang et la sueur, de la symbolique sexuelle à peine dissimulée mais aussi pas mal de nudité pas dissimulée du tout. Agony pose des bases assez crues et violentes dès le départ et forcément, il intrigue, voire inquiète. Il y a ce côté angoissant et malfaisant de Bloodborn : on ne sait pas trop où on va mettre les pieds.

04

D’un point de vue de la mise-en-scène, on est servi par une cinématique à la première personne hypertourmentée. Ca bouge dans tous les sens, ça défile tel un ride de parc d’attractions, ça claque assez bien même si on y comprends pas grand chose. On se laisse emmener. Plus moyen de revenir en arrière. Maman...

La réalisation est très correcte, avec des textures bien détaillées. Par contre, je ne sais pas à qui on a confié la gestion de cette caméra qui avance et qui recule de manière un peu inutile et accidentée, sans doute pour ajouter un élément de démence. C’est plutôt désagréable et cela enlève en tous cas tout le côté grandiose qu’aurait pu avoir la cinématique. Rajoutez à cela un effet fisheye qui accentue la moindre rotation et du tearing à foison, on ne peut pas dire que ce soit tout à fait propre visuellement parlant.

03

Le framerate manque de stabilité même sur Xbox One X et en terme sonore, si la qualité des enregistrement y est, ceux-ci sont joués de manière répétées qui laissent à penser, même si au grand jamais c’était un choix des développeurs, à un bug. Parfois, les phrases sont même carrément interrompues par nos actions. Ca ne sent pas la maîtrise tout ça.

Les codes de jeu sont assez obscures et Agony en joue assez bien pour venir nous perturber. Plus qu’un jeu horrifique, il faudrait plutôt se pencher sur le côté dément et s’interroger sur la santé mentale des développeurs. On tourne un peu en rond tant le jeu manque de repères. Et vous savez quoi ? C’est sans doute fait exprès. On ne sait même plus à la fin si on est mal à l’aise devant la théma du jeu assez gore mais qui manque au final d’un certain panache en terme de script ou s’il faut au final trembler devant le level design d’une indigence rare.

02

On ne comprend clairement pas tout, ni les tenants, ni les aboutissants. Il y a des effets spéciaux et puis plein d’effets sonores en pagaille qui ne manquent pas de dérouter encore plus notre esprit. Là aussi, je me doute que c’est volontaire. A moins que tout soit géré en random.

Mais imaginez un peu, vous êtes une âme qui ère dans les enfers donc c’est un peu logique de n’avoir plus aucun repère. Le souci, c’est que des gens se sont dits que ce serait sûrement amusant de lâcher le joueur dans cette situation et de le voir confronté à une série de passages qui n’ont ni queue ni tête. Au fond, Agony, c’est un peu comme un partie de Kamoulox, ce sont les autres qui ne comprennent pas et ceux qui ont écrit les règles du jeu peuvent bien rire à nos dépends.

Il reste néanmoins une direction artistique aux allures provocantes mais qui passe finalement bien loin au-dessus de nos têtes tant cela relève presque parfois de l’exagération et de la parodie pas drôle.

01

Graphismes : 70%
Un vrai parti pris et c’est dans l’absolu la seule vraie bonne idée du titre. Dommage que les développeurs n’aient pas eu les moyens de leurs ambitions.

Animation : 68%
Quelques petites baisses de framerate inexplicables mais cela reste correct.

Jouabilité : 55%
On déplace une caméra raide comme un piquet et qui semble rester à l’écart de la réalité des décors : cela n’aide en tous cas aucunement l’immersion. Certains mouvements sont déroutants.

Bande Son : 31%
Un mélange désorganisé qui relève parfois du bug.

Intérêt : 37%
Ils ont osé une thématisation de l’extrême mais le manque de talent de l’équipe de développement transpire dans tous le jeu, à chaque instant, on est vraiment passé à côté de quelque chose d’intéressant.

Note Globale : 42%
Déconcerté, voilà en un mot comment on resort d’Agony. Le jeu a en effet le courage de maximiser l’horreur et l’érotisme un peu cracra de la littérature diabolique, bref, des thèmes pas trop fréquents dans le jeu vidéo. Le souci, c’est que la démarche artistique peut être soulignée, en effet, mais la partie gameplay est tellement rigide qu’on embarque vraiment difficilement dans cette aventure mal ficelée.


NOTE : 04/10