Consoles-Fan
19/11/2019

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Borderlands 3
Aux frontières de l’ennui
Toutes les sirènes ne sont pas bonnes à suivre !

Six ans que l’on attendait en trépignant les nouvelles aventures sur Pandore. Tout ces mois à patienter pour retrouver cette licence à mi-chemin entre le FPS et le Diablo-like aura fait monter un degré d’exigence très haut chez les fans. A une époque où de nombreux éditeurs n’hésitent pas à sortir des épisodes de leurs jeux phares chaque année ou presque, prendre autant de temps est, dans l’esprit collectif, un gage de qualité. Mais est-ce le cas pour Borderlands 3 ?

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Alors que nous pensions en avoir terminé avec Pandore avec les événements de Borderlands 2, nous voici de retour, non sans une pointe d’excitation, sur cette planète défraîchie où la vermine règne en maître. Le premier contact se fait tout en douceur afin de nous ré-apprendre à appréhender les arcanes du gameplay. D’ailleurs on sent déjà que quelque chose cloche sans pouvoir réellement mettre le doigt dessus. Le scénario débute, les missions s’enchaînent, le jeu dévoile un potentiel esthétique et épique intéressant. Un petit bourdonnement bizarre naît dans le cerveau mais nous n’y prêtons toujours pas attention. Et puis assez rapidement, l’histoire nous emmène dans un vaisseau, le « Sanctuary ». Celui-ci va nous permettre d’aller sur différentes planètes. Intéressants ! On baisse alors la garde.

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D’autant plus que Prométhée et son environnement futuriste tranche avec Pandore, puis Athenas et son architecture inspirée du Japon médiéval nous conforte dans ce voyage. Eden 6 et sa jungle remplie de dinosaures nous intrigue. Enfin Nekrotafeyo fait un petit peu retombé le soufflé tant son style sans réelle saveur n’est pas digne d’être le point final (ou presque) de la quête. Mais il faut bien noter que globalement on retrouve une vraie patte graphique, un style qui a fait le succès de la série la démarquant des autres jeux du même genre. Il faut rappeler tout de même que ce cel-shading efficace même si il commence a être daté est le fruit de l’incapacité de Gearbox d’être satisfait du graphisme réaliste lors du développement du premier opus. En interne les avis sont clairs : « c’est moche ». Alors tout en gardant le travail accompli ils décident de passer un filtre « dessin et gros traits noirs » (on schématise mais vous comprenez l’idée). En peu de temps l’équipe retrouve des couleurs et un style est né.

Un style qui embellit les paysages mais surtout apporte un énorme plus aux personnages, tous plus caricaturaux et charismatiques les uns que les autres. Borderlands 3 ne déroge pas à la règle ou alors pour deux d’entre-eux et non des moindres. En effet, les antagonistes jumeaux peinent à convaincre et pour l’instant nous ne parlons que physiquement, car « scénaristiquement » c’est pire. Véritables têtes à claques sans réelle envergure, ils nous inspirent plutôt de la pitié que de la crainte. Si bien que lorsque vient le moment de les affronté on ne prend que peu de plaisir à leur mettre une raclée. Ceci n’est pas seulement du à leur graphisme mais aussi et surtout à leur histoire et à l’ensemble du scénario. Nous abordons là le gros point noir de Borderlands 3 : un scénario insipide, inintéressant et même pénible. On le subit comme une séance d’arrachage de dent, dans la douleur mais la satisfaction que ce soit terminé en moins. Car lorsque qu’on arrive au bout après de longues, très longues, très très longues pérégrinations, non seulement le combat final est une formalité mais surtout il n’y a pas de fin, ou alors une séquence de 30 secondes que l’on voit arrivé gros comme un camion depuis de nombreuses heures déjà. Bref tout ça pour ça.

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Et tout ça c’est quoi ? C’est ce sentiment dont nous vous faisions part depuis le début, cette petite alerte, cette sensation bizarre qu’il y avait quelque chose d’anormal. Finalement on met assez rapidement un nom dessus : « ennui ». Passée l’excitation de retrouver Pandore et les 4 classes de personnages aussi différentes qu’intéressantes on se retrouve confronté à la dure réalité : on s’embête. Des missions redondantes consistent à aller à un point, défourailler, récupérer un objet ou une info puis aller à un autre point, défourailler etc, etc, etc. Surtout qu’il faut souvent utiliser un véhicule dont le système de conduite est le plus stupide jamais imaginé pour ce genre de jeu. Stick gauche pour accélérer et freiner, stick droit pour bouger la caméra donc tourner. Autant dire qu’on ne peut pas faire juste un petit écart pour éviter un obstacle mais pire, impossible de tirer sur un véhicule à sa gauche ou sa droite tout en continuant à avancer vue qu’on ne peut défourailler que là où la caméra regarde.
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Il n’y a donc aucune originalité que ce soit dans la quête principale ou les missions annexes. Ah si ! A la fin il y a un truc différent. Mais ça tombe tellement comme un cheveu sur la soupe et c’est tellement lourdingue qu’on aurait préféré qu’ils s’abstiennent. Et si au milieu de tout ça, le système de loot est séduisant, il ne relève pas l’intérêt. Les énormes possibilités en matière d’armes permettront à chacun de jouir d’un arsenal efficace offrant de véritables sensations d’impact et de puissance, certainement l’atout principal du jeu. Cependant, le manque de lisibilité de l’interface et de compréhension rapide des atouts des différents flingues, fusils et autres lance-roquettes assombrit le tableau. Si on ajoute à clea un end-game totalement insignifiant, on obtient une fresque globale que l’on pourrait résumée en un seul mot : Dommage !

Graphismes : 80%
Pas mal mais ça commence à être daté.

Animation : 85%
Plutôt efficace avec quelques boss épiques.

Jouabilité : 70%
Chacun y trouvera son compte dans les gunfights mais la conduite est une tannée et de très nombreux bugs de collisions gâchent parfois l’intensité de l’action.

Bande Son : 70%
Efficace mais rien de mémorable et un certain manque de panache.

Intérêt : 50%
Parfois long et redondant et parfois redondant et long !

Note Globale : 60%
Au final Borderlands 3 est une grosse déception, un jeu dispensable qu’on aura plus de facilité à lâcher qu’à terminer.


NOTE : 06/10