Consoles-Fan
11/07/2020

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Death Stranding
C’est un jeu dans lequel la population est confinée
ou quand la fiction a une drôle de saveur....

S’il y a bien un jeu qui a divisé fin 2019, c’est bien lui.

Présenté pour la première fois en 2016 lors de l’E3, le titre a rapidement suscité un certain intérêt.

C’est le premier titre qu’Hideo Kojima réalise avec son propre studio nommé très humblement Kojima Productions. Le projet a démarré fin 2015 dans ces studios, soit au moment de la séparation avec Konami.

C’est d’ailleurs à ce jour le seul titre sorti par Kojima Productions. Mais il se murmure de plus en plus que le fameux projet P.T (Silent Hill) pourrait être relancé. Souvenez-vous, cette fameuse démo « boucle » au design ultra photo-réaliste avec pour protagoniste Norman Reedus. A surveiller donc mais ça ne me semble pas si farfelu avec la future de sortie de la PS5…

Revenons à nos morts.

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Death Stranding comme je vous le disais n’a pas fait l’unanimité chez les joueurs et la presse spécialisée. Soit il s’en sort avec les honneurs ou au contraire, il est classé comme étant le pire jeu PS4. Pas de demi-mesure.

Pour ma part, j’ai pris mon temps. Beaucoup de temps. Tester et découvrir un jeu comme celui-ci demande de l’investissement et de l’attention. Nous ne sommes pas devant un Doom (dont le test du nouveau opus arrive bientôt) ou encore un Tomb Raider. C’est beaucoup plus complexe que ça. Alors, autant être franc tout de suite, si vous cherchez un jeu de tir, un jeu d’aventure avec de l’action omniprésente, effectivement, passez votre chemin. Ce n’est pas ce que revendique Death Stranding.

Plaçons le décor :

« Dans un futur proche, le monde a été détruit par le Death Stranding, un événement surnaturel qui a brisé la barrière entre le monde des vivants et celui des morts. Depuis, les Échoués, les âmes de–s morts, rôdent dans le monde, sous une pluie battante qui fait vieillir toute vie, et tout humain vivant étant attrapé par eux meurt, provoquant une Néantisation, une onde de choc qui détruit tout alentour.

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Les survivants se sont réfugiés dans des bunkers souterrains dans des grandes Villes-relais, mais d’autres, les preppers, préfèrent vivre dans des refuges à l’écart et seuls. Seuls quelques humains, les Rapatriés, peuvent survivre à une Néantisation, ressentant l’événement comme une expérience de mort imminente.

D’autres ont développé le DOOMS, une condition qui leur permet d’entrer en contact avec les Échoués mais aussi de développer des pouvoirs comme la téléportation qu’il tire de la Grève, un lieu entre la vie et la mort modelé selon la personne qui le parcourt.

Sur le territoire des anciens États-Unis d’Amérique, la société Bridges tente de construire les UCA (United Cities of America), un réseau entre les villes-relais par la livraison de matériel, de fournitures et de souvenirs du monde passé. Pour voir les Échoués et parcourir les longues distances à l’extérieur, une technologie basée sur un lien avec les BBs, des fœtus prématurés donc entre la vie et la non-vie, a été développée  » Wikipedia

Oui, c’est une chouette ambiance le futur vu par Kojima. Notez qu’au moment où je vous écris ce test, ce n’est pas triste non plus…

Et l’histoire ?

Vous voilà dans la peau de Sam Porter Bridges. En résumé, vous transportez des vivres, du matériel à des gens confinés chez eux (oui, le paradoxe est terrifiant je m’en rends compte en l’écrivant). Votre tâche n’est pas des plus facile car le terrain est rocailleux et votre combinaison n’aide en rien. Heureusement, celle-ci comporte un exosquelette permettant de porter des charges importantes mais aussi d’atteindre des endroits impossibles.

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Mais Sam n’est pas un gars ordinaire. Il est lui aussi doté de certaines perceptions qui vont lui être bien utiles… Notre histoire commence lorsque la mère adoptive de Sam, la Présidente Bridget Strand, demande à le voir une dernière fois… Dans un dernier soupir, elle lui demande de reconstruire l’Amérique, de créer les liens entre les villes. Le directeur de Bridges, Die-Hardman, vous charge d’amener le corps à un incinérateur. Sur le chemin, des Echoués vous rendront la tâche difficile. Heureusement, un lien fort est entrain de se créer avec votre BB-28. Alors, les Echoués sont les âmes des morts. Elles apparaissent le plus souvent sous la pluie et font vieillir tout vie qu’elles touchent. BB-28 ce n’est pas un droïde de Star Wars.

C’est votre fœtus prématuré qui se trouve connecté à vous via votre combinaison. C’est votre protection ultime dans ce monde. Bien que le vôtre ait été jugé comme défaillant et aurait dû se retrouver dans l’incinérateur, il n’en sera rien. Sam décidera de la garder renforçant encore plus la connexion entre eux.

Vous le voyez, l’histoire est très complexe et je ne vous en dirai pas plus par crainte d’en dire de trop. La promo autour du jeu était d’ailleurs bien rodée car les différentes vidéos qui ont été distillées embrouillaient encore plus notre esprit ne permettant quasiment pas de faire de liens entre elles et encore moins de comprendre l’histoire.

L’accueil du titre n’a pas été facile ni très tendre. Là où certains parlent de chef d’œuvre, d’autres y voient une imposture voir le pire jeu de la PS4. Je ne vais pas m’étendre sur l’avis des autres ni tenter de les comprendre.

Mon expérience avec le jeu a été, et ce dès le départ, un vrai coup de foudre. Les premières minutes m’ont visuellement et musicalement emporté. Cette richesse dans les décors, dans la conception des personnages, les musiques qui s’enclenchent à des moments bien précis, exactement comme dans un film.

Cette sensation de film dans lequel vous êtes est, pour ma part, omni présente. D’abord, car le jeu est articulé autour de personnages interprétés par des acteurs connus (Norman Reedus, Mads Mikkelsen, Léa Seydoux, Margaret Qualley, Guillermo del Toro, etc…) ensuite, la bande son est vraiment soignée et d’excellente qualité.

Tantôt classique et assez sombre elle se veut aussi électro et dynamique. Les moments que j’ai vécus dans le jeu, je pourrais les raconter comme si je les avais vus dans un film ou une série la veille au soir. Avec des rebondissements scénaristiques, des moments intenses, des instants un peu plus légers.

Et puis, et c’était un point important pour Hideo Kojima, on sent que tout ce que l’on accompli a un but, un sens, une connection. J’ai beau me demander quel autre jeu aurait pu me faire ressentir de telles choses et sincèrement, je n’en trouve pas…

Génie ?

Hideo Kojima est une personne brillante et c’est ici que l’on peu pleinement s’en rendre compte. Il a dit sur twitter que lorsqu’il était au lycée, il avait écrit une nouvelle : Nawa (Corde en français).

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Cela raconte que les hommes, à l’aube de l’humanité, ont commencé à concevoir et utiliser deux nouveaux outils : la corde et le bâton. La corde servant à capturer et à attacher les choses importantes, les unes entre elles, le bâton quant à lui aidant à se protéger des menaces. Dans Death Stranding il y a bien sûr des bâtons, des armes comme habituellement dans un jeu. Mais il faudra utiliser la corde pour connecter, lier les gens du monde entier. Il faut trouver le bon équilibre car le jeu cherche à vous faire réfléchir, à voir plus loin.

D’ailleurs, l’univers dans lequel vous évoluerez continue de vivre quand vous n’y serez pas. Rien n’est fait pour vous freiner, au contraire. Par exemple, si pendant une de vos explorations vous constatez un sentier mais dangereux d’accès, rien ne vous empêche de créer, avec des échelles par exemple, un accès plus simple et moins dangereux. Et si celui-ci est apprécié par la communauté, d’autres pourront utiliser l’aide que vous avez apporté.

Jamais je n’avais vu ça dans un jeu vidéo solo. Dans certains RPG vos actes ont des réactions définitives sur certaines quêtes qui peuvent vous être fermées. Mais cela ne se passe de la même façon ici.

La connexion est visible dès le départ. La connexion a été faite avec moi.

Graphismes : 19/20

Impossible de ne pas s’époustoufler devant une telle qualité visuelle

Jouabilité : 17/20

Les commandes et l’animation sont parfaitement ajustées

Bande Son : 18/20

Magnifique ! L’ambiance cinématographique dans un jeu-vidéo

Scénario : 16/20

Extrêmement riche, peut être même trop. Pas toujours évident de s’y retrouver.

Note globale : 18/20

« Un beau cadeau pour cette de génération pour la PS4. Un excellent travail qui prouve tout le génie et la force d’Hideo Koijima.

Excellente nouvelle pour les utilisateurs PC, le titre est prévu pour cette fin d’année ! »


NOTE : 09/10