Consoles-Fan
18/09/2020

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Maneater
Mais qu’il est mignon ce bébé requin
Il a les dents de la mer !

De nos jours, il devient de plus en plus rare de pouvoir dire : "oh, je n’ai jamais joué à un tel jeu avant". Certes, Ecco The Dolphin sur Dreamcast est un lointain cousin, le jeu était en tous cas non-violent et véhiculait un message plutôt écolo mais voilà, Maneater a choisi un aspect un peu plus malsain. Reste à voir si le gameplay est une réussite car on sait bien que les développeurs ont parfois du mal avec les déplacements aquatiques, et là, comme ce n’est que cela, il ne faudra pas se vautrer.

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Si de par son thème, Maneater peut sembler être une petite production, j’ai pour ma part été charmé par ses graphismes détaillés et généreux. Cela fourmille en animation : même l’écran-titre donne le "thon" (ha, ha...)

Puisque vous êtes un requin, vous l’aurez compris, votre pire prédateur, c’est l’homme. Ces derniers ont une modélisation assez basique. On notera aussi des effets d’éclairage assez grossiers en terme de résolution. Le Ray-tracing de la prochaine génération règlera tout cela alors réjouissez-vous, c’est sans doute la dernière fois qu’on en verra d’aussi calamiteux. Réjouissez-vous également, c’est à peu près tout pour les défauts de ce titre qui propose une belle immersion et des décors aussi originaux que détaillés. Il y a un côté très Arcade que j’apprécie et au niveau musical, l’ambiance est très réussie mais on notera l’’absence de thèmes musicaux, sans doute pour une immersion plus réaliste. L’exploration se fait dès lors tout en douceur, ce qui donne un sentiment de sécurité complètement à l’opposé de l’image que véhicule le jeu, mais c’est pour mieux rebondir avec les phases d’affrontement et de danger car au final, si le requin inspire une peur naturelle, c’est vous qui êtes en danger de mort.

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Je ne veux pas vous spoiler le début de l’histoire mais quand même vous prévenir que le contenu de Maneater est vraiment gore voire choquant. Attention au spoil : passez au paragraphe suivant si vous ne voulez pas être spoilé : vous démarrez l’aventure et vous êtes capturé rapidement par Scally Pete, un célèbre chasseur de requin. En vous éventrant au couteau, Scally Pete découvre que le requin (vous) qu’il vient de capturer est une future maman requin. Il extrait son petit qui arrive à s’échapper en arrachant l’avant-bras du pêcheur ! Comme la maman requin ne survivra pas, vous incarnez désormais la progéniture : il va falloir commencer à zéro, devenir progressivement un requin adolescent puis adulte. En tous cas, vous ruminez votre vengeance.

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Maneater vous propose un monde ouvert des plus classiques avec des missions à accomplir à diverses zones de la carte. L’exploration est agréable et on comprend très rapidement où le jeu nous emmène. On ne peut en tous cas pas se plaindre du maniement du requin mais sans doute bien plus de la répétitivité des missions qui semblent vraiment en manque d’inspiration. Ca ne vole jamais bien haut ni n’est jamais bien passionnant. Pourtant, l’originalité de la thématique m’a encouragé à progresser dans ce titre tout en gardant au coin de la tête un espoir de voir pointer des missions un peu plus travaillées. Il y a bien des zones à explorer qui sont intéressantes mais le système de level-up récompensé par vos meurtres aquatiques finissent par tourner en rond. Le jeu m’a rappelé Seventh Cross Evolution sur Dreamcast pour son aspect "manger ou être mangé". Point d’être unicellulaire qui tente ici de subsisiter. C’est la chaîne alimentaire des océans qui fait la loi et pour sûr, en début de partie, les alligators ne vous laisseront pas tranquille. Mais lorsque vous posséderez un level suffisant après avoir croquer de plus petits poissons, vous pourrez tenter de vous y frotter.

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Plus vous évoluez, plus vous débloquerez aussi de nouvelles parties de la carte. Le plaisir tient un peu il est vrai dans cette découverte : il faut bien reconnaître que c’est une mécanique de gameplay qui date. Votre requin, lui, acquerra aussi de nouvelles habilités. Vous pourrez booster son sonar ou effectuer de nouvelles attaques. Disons qu’il manque à Maneater un peu plus d’ambition et c’est dommage car la thématique dépaysante vaut clairement le détour. Il ne faudrait donc pas trop vite le mettre de côté : saluons plutôt la démarche originale.

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Graphismes : 88%
Soigné même si le titre n’a pas eu autant de moyens qu’un triple A

Animation : 92%
Une bonne fluidité (testé sur Xbox One X).

Jouabilité : 90%
La nage n’est pas toujours bien maîtrisée par les développeurs mais ici, les sensation sont efficaces et orientées Arcade.

Bande de Son : 79%
Une belle ambiance mais on notera l’absence de musiques pendant le jeu.

Intérêt : 72%
Des mécaniques de jeu plutôt anciennes avec des missions pas toujours inspirées mais une chouette exploration : on a grand plaisir de débloquer les nouvelles zones de jeu.

Note Globale : 80%
Une expérience de jeu originale dans son ambiance et qui ne rechigne pas sur la provocation et du contenu bien gore tout en gardant une touche cartoon humoristique. Sharknado n’est jamais loin mais un contenu plus riche et plus recherché aurait été le bienvenu.


NOTE : 08/10