Consoles-Fan
18/01/2018

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Shinobi
Pardon monsieur le vendeur mais je vous avais demand
Ah bon ? C’est Shinobi

Depuis la Segasaturn, nous n’avions plus entendu parl

Shinobi nous revient sur PS2 en petite forme…

Techniquement, Shinobi est loin d’être un jeu impressionnant puisque les premières choses qui sautent aux yeux sont ses défauts… Tout d’abord, le jeu est dans l’ensemble assez grossièrement modélisé. Ensuite, les textures ne sont ni intéressantes, ni fines et elles ne s’affichent même pas lorsqu’elles sont un peu trop loin. Il n’y a pas de clipping mais on se retrouve donc avec pas mal de décor monochromatique qui attend que vous vous approchiez un peu plus pour vous dévoiler rien de bien impressionnant. Certaines parties du décor ont été réutilisées intégralement plusieurs fois, quelle flemme ! Du côté des couleurs, Shinobi semble ne pas avoir pris de décision : des couleurs à la fois glauques, bien grises et fades croisent des mauves et autres turquoises échappés tout droit d’un Twin Bee. Etrange. Les explosions ne sont guère fines… On a droit à quelques effets de transparence et puis basta… Allez autant vous le dire honnêtement, j’ai cru un moment me retrouver face à un beau jeu Psone que la PS2 aurait lissé… J’exagère à peine… D’ailleurs on retrouve à certains endroits du jeu l’effet flan de la psone, on est presque en droit de se demander pour quelle console était prévu ce jeu initialement…

Les cinématiques entre les niveaux sont sympathiques mais sans plus, ce n’est pas du tout grand Sega. Les mouvements de ces personnages sont d’ailleurs assez peu convaincants et lorsqu’on a droit à quelques scènes de bataille, on ne croit pas vraiment à la force des coups portés, un peu comme dans ces bagarres dans les saloons des vieux westerns…

Côté jouabilité me direz-vous, là faut tout de même pas pousser, Sega a du faire de l’excellent boulot… Eh bien je n’en suis pas plus convaincu. Certes on peut se réjouir que Hotsuma peut courir sur les murs à la verticale comme dans « Crouching Tiger, Hidden Dragon » ou encore effectuer des double sauts ou encore se déplacer à la vitesse de la lumière, ce qui est très utile pour vous retrouver rapidement dans le dos d’un ennemi et donc contourner son bouclier ! Mais les combos de coup peuvent se révéler très lourd car si vous manquez votre coup, vous vous retrouvez malgré tout en train de donner une sorte de coup de katana final posé… mais dans le vent ! Le rythme est cassé et vous ne pouvez plus donner le coup suivant avant une période latente courte mais présente, et ce sans raison vraiment apparente. On pourrait croire que cette période de latence vous mettent en position vulnérable mais il n’en est rien puisque les ennemis semblent la plupart du temps ahuris. De ce point de vue, Devil May Cray offrait une action un peu plus frénétique. Aussi je vous conseille de jouer la plupart du temps en vous déplaçant à la vitesse de la lumière, de donner un ou deux coups opportuns et lorsque les ennemis deviennent trop collants, repartir aussi rapidement que vous n’êtes venus, redonner un ou deux coups et continuer jusqu’à ce qu’il n’y aie plus d’ennemis. Les ennemis n’auront ainsi quasiment jamais le temps de vous toucher. Pourtant le gameplay évolue, par exemple, lorsque vous rencontrerez des araignées, les toiles que vous aurez tissées ralentiront vos déplacements. Un système de lock a été élaboré afin de bien resituer la caméra par rapport à un ennemi. Cette option se révèle très utile contre certains boss car la caméra ne se place pas toujours idéalement ! Alors oui, Sega a eu quelques bonnes idées et a cherché à pousser le joueur à s’adapter constamment aux nouveaux environnements, mais malheureusement, non, le gameplay n’est pas parfait. Il est quand même très bon, j’aurais juste voulu qu’il soit excellent !

Comment tu t’la pètes !

Un effet amusant à regarder une fois mais que l’on va vous resservir pendant tout le jeu est une espèce de pose du personnage principal qui replace son katana comme un kéké dans son étui. Cette scène ressort à chaque fois que vous tuez 3 ou 4 ennemis en un temps limite, histoire de dire oulala t’as vu tout ce que j’ai tué d’un coup, ouééééé ! On voit tellement souvent cette scène sur le jeu que rien que de vous en parlez dans mon test cela m’agace ! En fait, c’est éreintant dès le premier stage…

A partir du deuxième stage, vous découvrez qu’Akujiki, votre katana, pompe votre Yin jusqu’à la mort. La puissance de votre épée vous consume donc de l’intérieur à petit feu ! Une solution existe cependant pour nourrir Akujiki et vous éviter une mort certaine : tuer et absorber le Yin de vos ennemis ! C’est votre seule raison d’être, de survivre ! Il est clair que cette jauge à gérer rajoute un élément assez stressant au gameplay. Lors d’un combat contre un boss, vous pouvez voir tout à coup votre vie fondre comme neige au soleil. Vous voilà donc en train de vous battre contre le temps, contre la mort ! C’est pour cela que bien souvent ; des ennemis sont aussi présents lorsque vous vous en prenez au boss de fin de niveau. Ils sont là pour vous laisser un peu de yin et parfois aussi un peu de Yang ! Car qui dit Yin, dit Yang, il s’agit des billes blanches que vous récupérez afin d’augmenter votre jauge de vie.

De nombreux items sont cachés dans les niveaux. Vous pouvez également récupérer des shurikens en cassant le peu de décor qu’il y a, mais à quoi bon puisque vous avancerez dans Shinobi sans aucun problème et que vous le bouclerez les premiers stages sans même comprendre ce qu’il vous est arrivé. Parce que voyez-vous m’sieurs dames, vous avez une super arme spéciale qui explose tout ce qui se trouve à votre proximité. Il suffit donc de la déclencher près des boss pour voir leur barre de vie fondre au soleil (ils leur reste moins de 20% de leur barre si vous la placez bien !) Autrement dit, abstenez-vous de l’utiliser si vous voulez un minimum de challenge… Un système tout aussi efficace mais beaucoup plus intéressant niveau jeu est de tuer tous les ennemis afin de charger votre lame aiguisée et d’aller frapper le boss. Il perdra une énorme partie de sa vie, jusqu’aux trois quarts ! Ca demande un peu plus de dextérité que d’appuyer sur une grosse bombe avec un seul bouton. Et si jamais il y a des manchots du paddle dans la salle, lancez donc un shuriken sur vos ennemis, ils seront immobilisés et à votre merci ! Cependant, tout n’est pas si noir dans Shinobi. Si la prise en main reste immédiate mais peu ergonomique, on se rend tout de même compte que Sega a réalisé, à partir du 3eme stage, un jeu intéressant ludiquement parlant, avec des techniques à découvrir afin de se débarrasser des boss ! Shinobi est donc un jeu qui prend de la bouteille lorsqu’on progresse dans le jeu. La difficulté est donc graduelle mais l’intérêt du jeu également !

Du côté des musiques, c’est la déception. Une soupe absolument inaudible qui se veut sans doute inspirée d’ambiances japonaise médiévale, mais comme le jeu se passe dans une atmosphère plus cyber, les faiseurs de bruit (je peux pas dire musiciens ici) nous ont balancé un tapis rythmique à l’arrière digne de Bézu à l’Olympia.

J’ai été très déçu par Shinobi, pas que le jeu soit mauvais, au contraire, mais parce qu’il ne s’agit finalement pas vraiment d’un Shinobi comme on était en droit d’attendre. En effet, ce Shinobi n’en porte vraiment que le nom. L’esprit de la série est totalement absent de ce nouvel opus. A la limite, si le jeu s’était appelé Shadow of the Ninja, personne ne s’en serait offusqué ! Mais sur le fond, il faut avouer que Shinobi est un très bon titre.

Graphismes : 68%
Assez décevants pour Sega et pour une licence aussi prestigieuse que Shinobi !

Animation : 96%
Un excellent travail au niveau de la fluidité puisque Shinobi s’inscrit dans tout ce qu’il y a de mieux à l’heure actuelle. !

Jouabilité : 75%
Une jouabilité simple mais au début assez peu intéressante. Elle prend de la bouteille lorsqu’il faut commencer à gérer le Yin et le Yang.

Bande Son : 55%
Le point faible du jeu.

Intérêt : 82%
A part les boss où il faudra trouver des techniques de plus en plus intéressantes plus on avance dans le jeu, Shinobi est une promenade de santé. Certains passages peuvent paraître ardus mais en vérité, il est souvent possible de foncer comme un malade en évitant tout et en se limitant au strict nécessaire tant les ennemis ne cherchent pas trop à vous barrer la route. Seul le stage 5A peut poser des difficultés par le fait qu’une simple chute est sanctionnée par la mort immédiate ! Shinobi propose tout de même 8 stages scindés en deux grosse parties : pas mal ! A noter également, la présence de pièces en or cachées dans le jeu qui vous permettront de débloquer des goodies !

Note Globale : 77%
Shinobi est un bon jeu mais j’espère que la prochaine mouture sera plus dans l’esprit original du jeu.


NOTE : 07/10