Consoles-Fan
18/07/2018

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Rygar : The Legendary Adventure
T’as de beaux yeux tu sais
Pizza boy

Rygar vient de faire un solide voyage dans le temps. Il est pass

Ca commence mal mais ça finit bien !

Rygar est un jeu magnifique, aux couleurs chaudes et apaaisantes, aux lumières enchanteresses. Certains décors donnent la chair de poule ! Rhaaa le début du monde 3 avec les cascades d’eau sur les escaliers et l’arc-en-ciel ça tue quand même ! D’ailleurs l’intégralité de ce monde est féérique ! Imaginez un territoire perdu composé uniquement de vieilles pierres. De l’eau ruissellerait partout, elle s’infiltrerait et créerait une ribambelle de cascades colorées avec des couleurs châtoyantes partout. Imaginez un monde qui semble habité par des petits êtres bienveillants tout en paillettes multicolores, un monde envahi par une rosée doucereuse et dont le monde minéral et le monde végétal auraient revêtu leurs habits de soirée aux couleurs acidulées juste pour nous enjôler.

C’est toi Britney ?

Le 6ème monde, grandiose, imposant et tout aussi féérique semble inspiré directement d’Eternal Arcadia (ce monde s’appelle d’ailleurs étrangement Arcadia), avec ses pierres en suspension et ses bouts de terrains survolant un orage. Le ciel a revêtu ses voiles de lumière, des mélanges exquis de turquoise, de saumon et de parme semblent apaiser la violence du tonnerre et des bourrasques de vent. Les ruines abandonnées, désertiques, sont à la fois inquiétantes et reposantes, la mise en scène innonde le stage d’une douce violence, de magie et de mysticisme.

Il est clair qu’une véritable ambiance forte se dégage de ce titre, et pourtant, qu’est-ce qu’on s’embête… Du moins au début ! Les ennemis sont trop simples à battre. Il faut dire qu’avec un bouclier relié à une chaîne (c’est l’arme que vous lancez sur vos ennemis) ayant une telle portée, on ne risque pas de se faire taquiner par les ennemis qui auront bien dégusté notre bouclier avant d’avoir pu sourcilier. Les ennemis sont peu diversifiés et viennent toujours par vagues, on les mélange rarement. Quel ennui…

Alors Rygar, Rygar un peu

La mise en scène est maladroite à cause de certains angles de caméra. Du coup on se voit souvent de face, et on avance vers l’écran de la télé sans voir grand chose : c’est perturbant. Parfois, on ne voit même plus son personnage. A d’autres moments, les changements d’angle de caméras ne laissent pas toujours le temps au joueur de s’adapter au niveau du gameplay… On finit quand même par s’y habituer. Un tas d’endroits semblent accessibles mais en fait cela ne l’est pas car un mur invisible vous empêche d’y aller, on se retrouve donc à vérifier un peu partout s’il est possible de passer ou si le chemin n’était qu’un trompe-l’œil. Personnellement, c’est le genre de truc qui m’exaspère dans un jeu quand les limites géographiques ne sont pas clairement établies ! Rygar est, semble-t-il, un jeu dans un univers 3D où le déplacement est libre, en fait il n’en est rien : le jeu est plutôt labyrinthique, rempli de mauvaises incitations graphiques. Heureusement qu’il y a un plan… Encore que ce problème soit plus ou moins prononcé d’un stage à l’autre. Il n’empêche qu’une fois habitué au jeu, on se rend compte que le jeu est plus linéaire qu’on ne le pense car tout a été préparé pour que vous découvriez le jeu dans une suite d’événements précis. De ce point de vue-là, je salue le travail architectural tortueux (et torturé ?) des programmeurs.

Comme si ça ne suffisait pas, le personnage est très lent ! Ensuite, il évolue bizarrement. Je veux bien que certaines aptitudes comme des magies ne s’acquièrent qu’au fil du jeu mais certains mouvements élémentaires comme des glissades doivent aussi être débloquées. On se retrouve donc face à un trou qu’on ne peut franchir tout simplement parce qu’on ne sait pas s’abaisser. C’est assez cocasse. Plus tard, vous récupèrerez d’autres boucliers aux paramètres forts différents. Chacun des boucliers pouvant eux aussi évoluer individuellement en augmentant leur level à l’aide de points gagnés au cours des combats. Leur customisation est d’ailleurs très variable car ceux-ci peuvent être équipés avec des pierres mystiques aux propriétés diverses. J’ai assez apprécié le bouclier rapide à faible portée mais que l’on manie tel un munchaku. On se prend alors pour Maxi dans Soulcalibur. Par après votre bouclier vous servira même de grappin.

Mais sinon, le reste du temps, c’est chou vert et vert chou. On arrive devant une porte bloquée. Il faut trouver le mécanisme qui va la débloquer. On peut noter ici un clin d’oeil à la version originale puisque le joueur averti aura reconnu l’espèce de grosse statue que l’on retournait pour passer à l’écran suivant et qui sert ici à débloquer des accès. Ces statues sont parfois elles aussi inacessibles. Il faut par exemple se débarrasser de tous les ennemis de la pièce et le tour est joué ! Plus répétitif que ça tu meurs ! Et comme les décors sont tout aussi répétitifs, la lassitude s’installe très rapidement.

Voilà un constat qui au premier abord n’est guère engageant. Pourtant Rygar possède aussi ses qualités. Tout d’abord les musiques classiques emmêlées qui sont superbes, majestueuses, épiques. La plupart des décors peuvent être détruits. Vous récupérez alors différents items. Mais j’ai trouvé cette destruction de décors fastidieuse à la longue car certains doivent être détruits afin de continuer. On frappe donc sur des décors qui ne rendent forcément pas les coups. C’est pas très passionnant quand ça dure tout le jeu et qu’il faut bien progresser ! Remarquez… Ca ou des ennemis amorphes…

Alors oui au niveau des effets spéciaux c’est le carnaval : effets de lumière et pyrotechniques à tout va, déformations, reflets… on en a vraiment pour son argent : c’est une véritable démo technique, surtout pendant les combats magnifiques avec les boss ! Sauf peut-être le premier boss du 5ème monde : on se trouve dans un monde de lave, il fait très chaud et pour représenter la chaleur, les programmeurs ont décidé de brouiller un peu l’écran, une bonne idée sauf quand on a l’impression de jouer en méga-basse résolution accompagnée d’un aliasing de la mort qui tue. C’est ce qu’on appelle un effet raté. Mais bon, d’un point de vue esthétique, c’est la seule faute sur tout le jeu, c’est déjà pas mal ! D’ailleurs à certains moments, la féérie est si forte qu’on se regrette presque les vibrations de la manette qui nous rappellent qu’on ne rêve pas ! Mais vidéoludiquement parlant…

Pour battre les premiers boss, il suffit juste de bourriner, ensuite, les combats évoluent mais trop légèrement que pour en être étonné. Votre personnage évolue aussi, il apprend de nouveaux coups, il acquiert de nouvelles magies, mais rien n’y fait, Rygar se vautre dans sa plattitude.

Le déclic

Et pourtant, la mayonnaise finit par prendre au bout de quelques stages. On rentre lentement dans le jeu, mais on y ressort plus ! Il faut dire que le gameplay évolue et finit par s’enrichir tellement que l’on finit par se demander si on est toujours en train de jouer au jeu complètement tarte du début !

Rygar finit même par surprendre tant la mise en scène finit par être tellement travaillée. A croire qu’une équipe s’est occupée du début du jeu et qu’une autre équipe largement plus talentueuse s’est chargée de la fin ! Diantre, quel déchirement, quelle évolution, quel bonheur que Rygar se finisse si bien. Je pense en tous cas n’avoir jamais vécu sur aucun autre jeu un tel revirement de situation. Rygar contient des moments d’anthologie qui marqueront le joueur à vie. Tecmo a décidément plus d’un tour dans son sac !

Alors même s’il est difficile de pardonner à Tecmo ses petites erreurs au niveau du gameplay et son démarrage difficile, il serait dommage de passer à côté d’un tel jeu. N’oubliez pas qu’il risque de vous rebuter si vous essayer le premier stage dans un magasin tant on est profondément déçu au début. Et cette déception n’aura pas le temps de se dissiper en quelques minutes d’essais. Alors pour ne pas rester sur un mauvais souvenir, achetez Rygar et finissez-le, cela ne vous prendra que 4-5 heures !

- Galerie

Graphismes : 99%
De nombreux effets de particules, de lumière, de chaleur, de brumes, de transparence, de reflets, d’eau tous plus somptueux les uns que les autres et qui viennent servir ici des décors de toute beauté mais légèrement répétitifs. Les environnements donnent une impression de gigantisme écrasant. Du rarement vu sur console ! Les décors éloignés vous donneront quand même un peu mal aux yeux : merci l’affichage de la PS2. Cependant, il faut bien avouer que c’est le jeu qui m’a le plus fait rêver sur PS2.

Animation : 95%
Parfaitement fluide, on peut chipoter sur le déplacement un peu lourd du personnage et sur sa lenteur. De nombreux éléments du décor sont animés !

Jouabilité : 78%
La jouabilité assez pauvre du début s’étoffe légèrement par après, lorsque le jeu est bien entamé.

Bande Son : 95%
Oula mais c’est magnifique ça dites moi : du symphonico-romantique avec une belle surprise en plein jeu :o

Intérêt : 87%
Rygar démarre platement et se réveille légèrement au cours du jeu, lorsque la diversité des coups augmente les possibilités du gameplay. Rygar est un voyage fantasmagorique. Mais il y a tellement de temps morts dans ce jeu… C’est du gâchis que de ne pas avoir, dès le début, rendu plus intéressant ce jeu techniquement quasi-irréprochable. C’est en fin de parcours que Rygar déverse toute sa grandeur. Et pour tout ça, on peut bien pardonner à Rygar son faux départ. Par contre, Rygar est un jeu court

Note Globale : 90%
Dommage qu’au début du jeu, les seuls satisfaits dans l’histoire, ce soient nos mirettes. Par après, le challenge devient plus intéressant car le gameplay s’enrichit et les boss deviennent moins bourrins. On se retrouve enfin avec un jeu qui anime les rêves.


NOTE : 09/10