Consoles-Fan
20/08/2018

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Hunter : The Reckoning
Carpenter’s Like
Dipl

Encore un jeu destin

Centre Pénitentiaire D’Ashcroft

La prison d’Ascroft, autrefois paisible, fut rapidement sous le contrôle de vampires. Les gérants de cette bâtisse étant devenus eux-mêmes des suceurs de sang, le pénitencier fut vite un lieu où de nombreux massacres furent perpétrés. Les prisonniers étaient devenus de la simple victuaille, proies de créatures avides de sang. Les âmes de ces condamnés torturés, assoiffées de vengeance revinrent hanter les vivants, mais ils furent vaincus par des êtres d’une puissance extrême.
Un jour où la chaise électrique de la prison attendait l’arrivée d’un très grand tueur en série, les esprits des prisonniers revinrent ravager la prison, quatre personnes furent témoins de la scène et ils réussirent à les condamner dans ce lieu maudit. Malheureusement comme le dit le dicton, jamais deux sans trois, et les âmes se réveillèrent une nouvelle fois, dérangées par une rave party clandestine (Rahhhhh aucun respect ces jeunes). Les quatre individus qui les avaient enfermées un ans auparavant décidèrent d’en finir une fois pour toute.

Exterminez les tous !!!

Hunter The Reckoning est basé sur le scénario du jeu de rôle de White Wolf qui a aussi à son actif Vampire : The Masquerade ou Werewolf The Apocalypse. Les fans inconditionnels des bouquins seront navrés d’apprendre qu’un simple Beat Them All a été issu de toutes ces règles, les autres seront heureux de se retrouver devant un très bon défouloir. Car ici on tranche du zombie à outrance, il n’y a pas de réflexion ou très peu, des déferlantes de monstres arrivent sur vous tels de véritables inconscients prêts à goûter à vos lames.

Quatre protagonistes sont disponibles, Spencer la brute à la Hache, Samantha la policière au katana, Kassandra l’excentrique aux dagues et le père Estaban qui dispose d’une épée de croisé. En plus de leurs armes blanches, nos exterminateurs disposent chacun d’une arme de distance, dans l’ordre un fusil à pompe, un magnum, une paire de pistolets et une arbalète. Ces armes de base disposent toutes de munitions illimitées. Mais les facultés offensives de nos héros ne s’arrêtent pas là, ils disposent chacun de magies appelées ici « inspirations », elles ne sont pas vraiment impressionnantes techniquement mais elles ont le mérite d’être efficaces, bien qu’elles soient peu nombreuses (trois par personnage). Il existe aussi plusieurs armes spéciales que l’on trouve en cours de jeu, celles-ci ont des quantités limitées de munitions, il faut donc s’en servir à bon escient. On trouve en bref un fusil anti-émeute, une mitraillette, un fusil d’assaut, une tronçonneuse, un lance- flammes ou encore un lance-roquettes.

Vos adversaires sont très variés, on rencontre des zombis pas bien conservés, des gargouilles, des araignées humaines...etc, un bestiaire impressionnant, surtout qu’ils arrivent souvent en surnombre, il n’est pas rare d’être cerné par une vingtaine de morts vivants en loques. Le jeu est découpé en plusieurs niveaux ayant chacun un thème (cimetière, prison, égouts....), il faudra se frayer un chemin à travers les hordes de démons tout en accomplissant quelques objectifs comme activer des interrupteurs ou servir de garde du corps à une frêle jeune fille. Rien de bien recherché ou compliqué, on reste dans le classicisme du genre. Les développeurs ont eu l’agréable idée d’ajouter une touche RPG à leur soft, plus vous aurez de victimes à votre actif, plus vos points d’expérience augmenteront et plus vos compétences accroisseront. C’est un détail qui change tout, on se sent tout de suite plus impliqué dans les affrontements, on sent alors que chaque mort aura une conséquence sur le devenir de nos protagonistes. La nature humaine aime les récompenses. Des boss vous accueilleront en fin de niveaux, très coriaces ils mettront vos réflexes à dure épreuve. Certains d’entre eux ont un charisme fou (je trouve le boss nounours vraiment culte).

Mais Hunter sous son principe répétitif révèle un réel plaisir de jeu, anéantir du monstre en les voyant se démembrer petit à petit sous les assauts de notre katana est réellement amusant. On assouvi nos instincts les plus vils (dans un jeu vidéo bien entendu). Se retrouver encerclé par d’innombrables êtres boitant et s’extirper du traquenard en se taillant une ouverture à l’arme blanche, procure une agréable sensation qui mêle stress et joie. Ce jeu n’est pas à mettre dans toutes les mains, d’une part parce que le sang coule à flot et surtout parce qu’il est doté d’une difficulté assez élevée, ce qui pourra en rebuter certains. Là où on savoure encore plus Hunter c’est en multijoueur, jouable à 4 simultanément. C’est encore plus fun, mais on est alors soumis à des défauts plutôt gênants. L’écran n’étant pas scindé en plusieurs parties il faut que les 4 joueurs coordonnent leurs mouvements ensemble, si 2 personnes se dirigent vers des directions opposées l’écran restera figé et les deux joueurs subiront alors les attaques ennemies. Mais bon ça n’animera que plus les parties (engueulades ?) entre potes.

La maniabilité est particulièrement bien pensée, un stick permet de diriger le personnage, l’autre permet d’indiquer la direction vers laquelle viser. On peut donc se diriger dans une direction tout en tirant dans une autre. Il est possible d’esquiver les coups ennemis grâce au bouton de saut qui a donc une double fonctionnalité. Une gâchette sert à frapper et les autres touches permettent de changer les armes, une maniabilité simple mais vraiment efficace. On regrettera juste que les combats à l’arme blanche et donc au corps à corps soient parfois plus un suicide qu’autre chose, on se bat alors 80% du temps à distance. La durée de vie est acceptable, elle dépendra de votre habileté mais aussi de votre façon de jouer, c’est-à-dire que si vous essayez de remplir tous les objectifs elle se verra alors augmentée. Mais disons qu’une dizaine d’heures vous suffiront pour venir à bout de ce soft.

Les graphismes sont agréables et détaillés bien qu’un peu sombres, sans être pour autant le must dans la matière. On attirera surtout l’attention sur la fluidité de l’animation qui même avec une vingtaine de personnages à l’écran ne faiblit jamais. Les mouvements des personnages sont bien décomposés. Nos quatre compères ont un style vraiment prononcé et ils sont particulièrement attachants, en particulier le père Estaban. L’ambiance générale me fait vraiment penser à « Vampires » de John Carpenter, une ambiance crépusculaire avec des héros aux personnalités fortes dont les seules convictions sont d’éradiquer du vampire. Ambiance glauque que l’on découvre dès l’interface des premiers menus, très esthétiques.

La bande sonore est vraiment excellente, peu de musiques ou juste lorsque l’action commence à devenir intense, mais des bruitages d’une qualité stupéfiante. Le bruit du fusil à pompe ou le son de la lame qui déchire l’air en sortant de son fourreau sont saisissants de réalisme. La ville d’Ascroft pullule de bruits en tout genre, des cris, des bruits de pas hésitants, vraiment immergeant. Les dialogues ont été entièrement doublés en français avec une interprétation très honorable. Mais ce qui m’a le plus choqué c’est la gestion du Dolby Digital 5.1, les enceintes d’effets sont très sollicitées. En plus des divers murmures qui s’échappent de ces enceintes, on peut entendre en direct les impacts de nos balles. Par exemple vous tirez vers le bas à gauche de l’écran et bien vous entendrez le sifflement des balles sur l’enceinte arrière gauche, ça a beau être quelque chose de commun sur un film ça me choquera toujours dans un jeu vidéo.

Avec une durée de vie acceptable et un fun omniprésent, Hunter vous divertira un petit moment, mais seulement si le concept répétitif du genre, du combat à outrance et une grande linéarité, ne vous déplait pas. On déplorera juste un manque d’innovations et l’absence d’un mode multijoueur en splitté. Sinon il n’a pas de réels défauts si on apprécie ce type de jeu.

Vertigo


NOTE : 06/10