Consoles-Fan
19/08/2018

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Conflict Desert Storm
Fire in the Hole !
Une partie de Golfe ?

Conflict Desert Storm reprend un concept qui ne s’est jamais vraiment bien adapt

Cours d’histoire

La trame du scénario se déroule en pleine guerre du Golfe, lors de l’opération « tempête du désert », un thème qui a été sujet à de nombreuses critiques. Rappelons l’histoire de la « Desert Storm ».
En 1991, à Bagdad, de très nombreux manifestants déambulent dans les rues pour exprimer leur admiration envers Saddam Hussein, un personnage coupable d’avoir annexé l’émirat du Koweït. Une coalition internationale composée de 28 pays réunit environ 600000 hommes entraînés et armés en Irak. Les Irakiens, à peine plus nombreux que leurs ennemis et surtout très mal équipés, subissent une douloureuse défaite (au moins 200000 morts Irakiens pour quelques dizaines de morts de la coalition). Enormément de civils sont tués.
Sadam Hussein est un véritable dictateur et il fallait arrêter ses actes sanguinolents (il aimait bien assassiner ses rivaux ou massacrer des populations), mais on sait aussi que les Occidentaux voulaient entrer en guerre pour que le marché du pétrole ne soit plus déséquilibré, l’or noir attire bien des convoitises. C’est hélas un très vaste sujet (certaines personnes insinuent même que cette guerre n’a jamais existé), on se demande juste pourquoi les développeurs ont choisi un tel thème, qui irritera sûrement beaucoup de personnes. En connaissant l’histoire de cette guerre, on voit alors le jeu d’une autre manière. En fait ce qui m’a donné envie de taper ce petit « cours d’histoire » c’est lorsque j’ai vu écrit sur la jaquette « La guerre du Golfe comme si vous y étiez. »...

On a tout d’abord le choix entre deux types de commandos, les SAS Anglais ou les Delta Force Américains. Chacun des quatre membres de ces équipes possède ses propres spécialités. Bradley excelle dans le maniement des armes automatiques, Foley à l’œil d’un aigle et il utilise le fusil à lunette, Jones est un technicien disposant de charges de C4 et Connors manie le bazooka comme personne. Néanmoins ils pourront utiliser tous les types d’armes, mais ils seront plus ou moins habiles à les utiliser. Leurs diverses compétences pourront augmenter à chaque fin de niveaux selon la qualité de leurs prestations. Quand ceux-ci deviennent plus expérimentés ils sont alors moins susceptibles d’être blessés, ils réagissent plus vite aux tirs ennemis et ils manient avec plus de facilité les armes. Si l’un de vos hommes venait à décéder au combat il serait alors remplacé par un « bleu ».

En mode solitaire on peut à tout moment switcher entre les quatre protagonistes, vos compagnons obéiront à vos ordres avec une redoutable efficacité, contrairement à Hidden & Dangerous où ceux-ci avaient une tendance étrangement suicidaire. Ici ils nous couvrent, dénichent les adversaires embusqués ou se soignent, on est constamment surpris de leur vélocité et de leur hargne aux combats. Vous pouvez leur ordonner d’exécuter diverses actions comme « tirez à volonté », « cessez le feu », « rejoignez moi », « suivez moi » ou « restez en position ». Si l’un d’entre eux venait à être grièvement blessé, vous aurez toujours la possibilité de le « ressusciter » grâce aux trousses de soin, s’il perd tout son sang avant d’être soigné il décède définitivement.
Il est aussi surprenant de voir que nos soldats ne se retrouvent pas bêtement coincés contre un mur ou un obstacle, ils les contournent intelligemment en prenant le chemin le plus court. On pourra juste regretter que ceux-ci ont une tendance très (trop) offensive, on est loin de l’aspect infiltration d’un Splinter Cell. A la moindre cible en vue ils ouvriront le feu, alors ne cherchez pas à vous faufiler discrètement d’un point à un autre, ce serait en vain (on se demande d’ailleurs pourquoi on a la possibilité de se glisser dans le dos d’un ennemi pour l’égorger).

Rares sont les jeux qui m’avaient immergé dans une ambiance si envoûtante, on est réellement angoissé quand on croise un tank ou quand on se retrouve seul contre une milice ennemie. On se prend vraiment pour des commandos, on place un soldat pour couvrir les arrières, on lance une grenade fumigène pour se déplacer tel une ombre.
Il est possible de réaliser des stratégies très intéressantes ; toutefois on peut jouer comme des grosses brutes, sans aucune finesse, cela reste souvent efficace, mais l’intérêt s’en verra alors réduit à néant, un peu comme pour Hitman 2. Les fans de Rainbow six devront tout de même savoir que même si le principe de Conflict Desert Storm est fondé sur la même base, l’action du soft de Pivotal Games est beaucoup plus soutenue au détriment de la tactique pure et dure.
Avant chacune des quinze missions, un briefing vous informera de vos objectifs. Souvent variés et jamais lassants, il faudra par exemple sauver l’un de vos coéquipiers, exploser un pont ou bien garder une zone sous sécurité. La difficulté est bien dosée, même s’il est difficile d’avoir un game over vu que l’on peut sauver ses coéquipiers mourants. On ne se croit pas invincible pour autant, loin de là, surtout que les sauvegardes ne s’effectuent qu’en fin de mission.

Alors que la maniabilité d’un Hidden and Dangerous sur console était loin d’être évidente, Conflict Desert Storm offre un contrôle d’une grande efficacité (passé un court temps d’adaptation). Cela n’a pas du être aisé pour les développeurs de placer autant d’actions sur une simple manette, surtout qu’il fallait absolument que ces fonctions deviennent rapidement instinctives pour le joueur. Et pourtant on dirige nos protagonistes avec une facilité déconcertante, on peut tirer, s’accroupir, s’agenouiller, donner des ordres, changer de cible, zoomer, passer en vue subjective, recharger, soigner, s’échanger des objets et j’en passe. Il sera parfois possible de contrôler des véhicules comme des camions, les sensations que procurent ceux-ci sont loin d’être du même niveau que celles qui émanent d’Halo. Gros regret, on ne peut pas personnaliser la configuration des manettes, il faut en choisir une parmis les six déjà préenregistrées, assez incommodant.

Les armes sont assez nombreuses, on dispose de couteaux, de divers gros calibres automatiques, de lance roquettes, de pistolets silencieux, de fusils à lunette, mines, C4... Tout l’arsenal du parfait boy scout. Comme dans Counter Strike certaines armes ne seront efficaces que si l’on tire de courtes rafales, les cadences de tirs élevées ayant pour effet d’agrandir la zone de visée.
La visée est néanmoins trop automatisée, il suffit de se diriger dans la direction d’un adversaire pour qu’il soit locké automatiquement, il ne reste alors plus qu’à tirer. Les débutants seront ravis de cette initiative, les autres tireront en utilisant la vue subjective, tout simplement parce que c’est plus amusant.


L’ampleur du titre de Pivotal Games prend toute son envergure en mode multi joueur, un mode coopératif à quatre !! Le principe reste le même qu’en solitaire, les missions ne changent pas d’un poil, mais le plaisir de jeu n’en devient que plus intense. Un joueur aura le contrôle du sniper, l’autre du technicien, une immersion incroyable, on établit des stratégies, on se couvre, on se prête des armes ou on se sauve mutuellement. Du fun à l’état pur, à ce jour le meilleur jeu multijoueur de la Xbox avec Halo. A deux on est un peu moins enthousiaste mais cela reste amusant. La réalisation à plusieurs ne subit pas de pertes énormes, il faudra juste un grand écran pour jouer agréablement.


Graphiquement la version Xbox est une des plus abouties de ce jeu multi plateformes, ce n’est toutefois pas l’extase, c’est simplement plaisant à regarder. Il n’y a pas d’aliasing ou de problèmes de synchronisation verticale, pas de scintillements, les textures sont correctes, l’ensemble est assez homogène. L’animation n’est malheureusement pas un modèle du genre, les saccades sont fréquentes même si elles ne nous gênent pas dans le feu de l’action. On bénira le disque dur de la Xbox qui nous permet d’écouter nos propres chansons en cours de jeu, ça nous évitera de subir la piètre soupe musicale de Conflict Desert Storm. Les bruitages eux sont d’un très bon niveau, assez réalistes.

Nous nous trouvons donc devant un jeu très sympathique en solo mais qui procure un fun immense à quatre joueurs simultanément. Il faut toutefois l’aborder en privilégiant la technique plutôt que le bourrinage sous peine de voir l’intérêt s’évaporer subitement.

Vertigo




NOTE : 07/10