Consoles-Fan
25/05/2018

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Deathrow
Du sport comme on l’aime...
la d

Bon faut voir les choses en face : les jeux de sports d’

Attention, mauviettes s’abstenir.

Deathrow koikèce ? Hé bien c’est très simple, prenez un bon speedball des familles, passez le en 3D, saupoudrez le d’un soupçon de Tron (mais si, vous savez, le film de Disney ? non pas celui avec l’éléphant qui vole, un autre ? bon laissez tomber) et parfumez d’une touche de Robocop pour l’ambiance. Agitez et servez chaud, c’est prêt.

Bon l’histoire, y en a pas. Enfin si ils en ont bien mis une mais c’est un peu celle que l’on ressert régulièrement pour ce genre de jeux : dans un futur pas trop lointain, les gens s’ennuient devant leur cyber-télé, le divertissement à la mode c’est des matches violents et quasi-illégaux auxquels participent des individus sans foi ni loi et blablabla. Pas de quoi se relever la nuit, quoi, mais après tout ça nous fait gagner du temps, parlons un peu du jeu.

Plagiat ou hommage ? Peu importe, quand c’est bien fait ?

Comme vous avez pu le lire plus haut, Deathrow est un jeu de sport futuriste s’inspirant énormément de Speedball : vous faites partie d’une équipe de 4 joueurs et devez disputer à une autre équipe une sorte de disque lumineux (au lieu d’une sphère métallique dans Speedball) et le faire passer dans un but qui a la forme d’un disque vertical suspendu à un panneau.
Pour cela vous disposez d’une panoplie de mouvements assez riche : saut, esquives, roulades, passes, tirs, tirs en extension, passes enchaînées, coup de poing, coup de pied, plaquage, tacle, projection ? ha oui parce que ce que je ne vous ai pas dit, c’est que quasiment tous les coups sont permis sur le terrain.


Vous voulez piquer le disque à votre adversaire ? Un bon high kick à la mâchoire et on n’en parle plus ? Mais ce côté violent de l’action favorise paradoxalement le jeu stratégique. En effet dans la mesure où le simple fait de vous emparer du disque transforme votre joueur en cible à abattre, il est rapidement indispensable de savoir esquiver convenablement et surtout de jouer collectif pour pouvoir passer à un joueur démarqué qui aura le temps de faire un tir chargé, et donc plus puissant.

Les matches sont donc frénétiques et sans temps mort, et si au début on a surtout l’impression de participer à une gigantesque baston, on prend de plus en plus de plaisir à enchaîner les coups spéciaux, tels que le one timer (passe et tir enchaîné pour prendre le gardien de vitesse), le one-timer aérien (passe et tir enchaîné au cours d’un saut ? l’équivalent d’un alley-oop quoi), et l’incontournable deathrow (disque chargé au maximum envoyé en plein dans la face d’un adversaire, histoire de lui apprendre à vouloir défendre son but).

Un jeu fait par des joueurs pour des joueurs

Cette impression se renforce au fur et à mesure que l’on découvre toutes les possibilités de Deathrow : les concepteurs semblent avoir pensé à tout ce qu’auraient pu espérer les fans de jeux d’action, et si on se promène sur leur site ( www.southend-interactive.com ) on se rend compte qu’ils aiment leur jeu, qu’ils y jouent beaucoup eux-même pour leur propre plaisir. On se retrouve donc avec un jeu peaufiné sur tous les points, même s’il n’est pas en soi spécialement original.

Ainsi l’interface de jeu est particulièrement ergonomique : lorsque l’on n’est pas porteur du disque, des indicateurs à l’écran nous montrent sa position, ainsi que la couleur de l’équipe qui le détient. Et lorsque vous êtes en possession de ce précieux disque, vos différents choix de tir ou de passe s’affichent à l’écran sous la forme de jolies courbes lumineuses (hé oui l’avantage de jouer avec un frisbee plutôt qu’une boule de pétanque, c’est qu’on peut faire des tirs incurvés !). Ces courbes sont parfois plus ou moins hésitantes suivant le talent de votre joueur et le temps qu’il prendra à viser sa cible. De plus la simple pression d’un bouton oriente votre joueur dans la bonne direction : celle du disque si votre équipe ne le détient pas, celle du but adverse dans le cas contraire. C’est simple, efficace, et très utile pour ne pas se perdre dans la cohue générale.

Placer le joueur au c ?ur du match

Afin de prendre en compte les préférences des joueurs, le jeu peut se jouer sous deux angles de vue, l’un dit sport view et l’autre action view. Le premier essaie d’avoir une vue extérieure du jeu, avec un angle de vue large et une caméra à la troisième personne. Mais cet angle est très loin de valoir le mode action view qui est vraiment celui pour lequel a été pensé le jeu. En effet dans ce mode la caméra est placée dans le dos de votre joueur courant et nous place donc au c ?ur de l’action.

Dans ces conditions le jeu est d’autant plus immersif qu’il ne vous fait pas contrôler tous les joueurs à la fois. Est-ce que vous ne trouvez pas pénible que dans la plupart des jeux de sport, on vous fasse contrôler systématiquement le joueur qui est le plus proche de la balle ? Moi si : souvent on contrôle un joueur, on croit courir vers la balle et soudain le jeu nous fait contrôler un autre joueur et du coup pendant un instant on le fait aller dans la mauvaise direction parce qu’on en était encore resté au joueur précédent ? Enfin bref ce défaut a été soigneusement évité dans Deathrow : certes vous pouvez changer de joueur en appuyant sur le bouton approprié, mais à aucun moment le jeu ne décidera à votre place. Il en résulte qu’il arrive parfois que vous vous retrouviez loin de l’action, et que vous voyiez au fond de l’arène vos coéquipiers disputer le disque à vos adversaires. C’est bien plus immersif, et ça permet de vous laisser prendre des décisions stratégiques : faut-il courir les rejoindre et foncer dans la mêlée ? se démarquer pour que vos partenaires vous fassent une passe décisive ? en profiter pour bastonner le gardien adverse ? ou bien juste rester en défense ?


Vous pouvez également continuer de personnaliser le jeu en modifiant les quelques règles appliquées en cours de match. Par exemple vous pouvez choisir de laisser le disque en jeu après chaque but et donc de permettre de marquer les points en série si vous êtes de bons rebounders, vous pouvez autoriser l’apparition sur le terrain de power-ups pour soigner vos joueurs ou leur donner des bonus de vitesse ou de puissance, et il est également possible de pénaliser les joueurs un peu trop agressifs qui iraient piétiner les joueurs à terre comme les gros lâches qu’ils sont. Personnellement je préfère privilégier les règles encourageant le côté sportif sur la baston (disque remis en jeu au centre de l’arène, pas de power-ups ni de piétinage de joueurs au sol), mais après tout cela dépend des goûts, certains préfèrent gagner par KO avant la fin du temps règlementaire.

Des modes de jeu simples mais efficaces

Sans grande surprise, le jeu se joue soit en mode single match pour une petite partie improvisée, soit en mode conquest qui est en fait un mode « carrière » dans lequel on fait évoluer une équipe composée initialement de traîne-savates vers la super-team de la mort qui doit au final gagner la coupe. Pour cela il faut bien entendu remporter des matches et accumuler de l’argent, entraîner les bons à rien de son équipe et les soigner après les matches (ça coûte des sous) et recruter de nouveaux joueurs (ça coûte encore plus de sous). De temps en temps des évènements spéciaux peuvent surgir, comme des défis par des équipes spéciales, des propositions de sponsors ou de dopage plus qu’illégal, ou des évènements divers qui peuvent vous rapporter de l’argent (ou vous en coûter). La plupart de ces évènements sont teintés d’un humour noir et cynique à la Robocop, tout comme les faux bandeaux de pub qui introduisent chacun de vos matches.

Une excellente idée de la part des concepteurs du jeu a été de permettre de jouer en multijoueur au mode conquest, ce qui donne un peu de piquant aux parties en coopératif. D’ailleurs les niveaux de difficulté les plus élevés sont d’après les créateurs du jeu conçus pour être joués à plusieurs joueurs humains, et vu comme ils m’ont donné du fil à retordre je veux bien les croire.
Les matches remportés en conquest ou en single match rapportent au joueur des points spéciaux grâce auxquels il pourra débloquer différents bonus. Et sur ce point les fans de trucs à débloquer seront ravis : une trentaine d’arènes à débloquer, une quinzaine d’équipes plus 150 joueurs à débloquer individuellement, ainsi qu’un mode de difficulté extrême, une galerie et un mode de jeu avec trois disques au lieu d’un... Il faut vraiment s’accrocher avant d’en faire le tour.

Une réalisation à la hauteur

La réalisation technique du jeu a également fait l’objet de grandes attentions . Bon en même temps on se trouve dans un contexte assez favorable, les arènes étant de taille réduites et les personnages peu nombreux puisqu’il n’y a que huit joueurs sur le terrain. Mais du coup les programmeurs ont pu se lâcher et exploiter la puissance brute de la Xbox. Les personnages sont finement modélisés, les textures riches, les effets lumineux nombreux et l’animation sans défaut. A vrai dire c’est bien plus beau qu’il ne serait nécessaire, puisque les parties sont tellement mouvementées qu’on n’a pas le temps d’admirer le paysage ou les petits détails de l’équipement des joueurs. Et pourtant ceux-ci sont parfois assez subtils comme vous pourrez l’observer sur les quelques screenshots de ce test.

Un soin a été apporté aux différents modes graphiques et sonores, le jeu étant compatible 16/9è et son 5.1, ce qui ne gâche rien.

Le jeu parfait ?

Après toutes ces éloges on pourait se le demander en effet. Malheureusement ce n’est pas tout à fait le cas, il reste bien quelques défauts ici ou là.
Le premier de ces défauts est le côté un peu terne des personnages, ce qui les rend souvent difficiles à distinguer les uns des autres. Parfois en arrivant sur un joueur attendant la remise en jeu du disque, on se demande « il est dans mon équipe ou pas, lui ? » (dans le doute vaut mieux le tacler quand même, mais c’est un peu dommage d’abîmer ses propres coéquipiers). Le design est pourtant parfois très original (mention spéciale pour les équipes constituées de démons, de ninjas, d’androïdes, de Marines US ?) mais les designers auraient peut-être dû se lâcher et modéliser des personnages plus extravagants et pétants de couleurs, comme le font souvent les japonais.

On se rend également vite compte qu’il est très difficile de protéger soi-même ses buts : intercepter un tir cadré demande un très bon timing et il est rare qu’un joueur humain soit aussi efficace qu’un gardien géré par l’IA du jeu. Dans la plupart des cas il vaut donc mieux confier la défense à l’IA, ce qui limite alors les parties à 3 joueurs humains par équipe.
Enfin on pourra pinailler sur quelques points d’importance variable : les musiques du jeu sont très banales, mais ce n’est pas essentiel pour ce genre de jeu et elles sont de toute façon personnalisables. Le jeu n’est malheureusement jouable en ligne que par des bidouilles de type Xboxconnect (et sa popularité étant relativement faible, il est très difficile de trouver des partenaires en ligne), alors qu’il aurait été idéal pour le Xboxlive. On pourrait attendre quelques améliorations ici ou là, comme la possibilité de consulter les stats des joueurs en cours de match pour faire des remplacements judicieux, et à ce propos il serait bienvenu de varier un peu les aptitudes des joueurs d’une même équipe, histoire de faire apparaître des joueurs plus spécialisés plutôt qu’un classement allant de « meilleur joueur » à « moins bon joueur ».

Au final ?

Au final Deathrow est un excellent jeu d’action, très prenant en monojoueur et délirant à plusieurs. Il serait criminel pour un fan de Speedball de passer à côté d’un tel jeu, qui même s’il n’innove pas tellement sur le concept réussit parfaitement son passage à la 3D avec tous les nouveaux éléments de gameplay et les sensations qui vont avec. Il est évident que les programmeurs du jeu ont voulu se faire plaisir, et par là même ont fait plaisir à tous les joueurs qui aiment les jeux où l’action ne s’arrête jamais, où les cris de joie succèdent aux insultes, bref les jeux où on peut s’éclater ? dans tous les sens du terme.

Les + :

- c’est super fun !

- de l’action sans temps mort

- un gameplay aux petits oignons qui ne se contente pas de bourrinage simple

- énormément de choses à débloquer

- du multijoueur dans tous les sens

- un mode monojoueur complet

- difficulté parfaitement dosée

- techniquement irréprochable

Les - :

- la violence parfois frustrante pour ceux qui veulent finasser

- des persos souvent difficiles à reconnaître

- design des personnages dans l’ensemble banal

- la vue « sport » est un peu ratée

- pas de jeu en ligne, un crime pour ce qui aurait pu être LA killer-app du Xboxlive.

- La gestion difficile du gardien

Note finale : 9/10

Alx


NOTE : 09/10